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Sheryl CROW - The Globe Sessions (1998)
Par MARCO STIVELL le 22 Juillet 2012          Consultée 1069 fois

Après un second album riche et plus ou moins sous-estimé par le grand public, Sheryl CROW revient en grande pompe avec son nouvel opus : The Globe Sessions. Ce sera une grande année pour la chanteuse, avec trois nominations aux Grammy Awards dont deux réellement obtenus, en particulier celui du meilleur album rock de l'année 1998. La concurrence se voulait aussi rude que le caractère de ses mâles (le néo-punk se met en place et le néo-métal en est à ses premiers balbutiements), et c'est une femme qui devance tout le monde dans ce domaine... 1998 est donc une grande année, et nous allons voir que ce succès n'a pas été volé un seul instant.

The Globe Sessions est en effet le genre d'album qui réunit à merveille le pop-rock bien d'époque, et les accents roots qu'on avait alors un peu tendance à oublier. Mais Sheryl est née près de Memphis, et c'est sans doute cela qui fait la différence. Qui de mieux qu'elle pouvait porter cette musique aussi haut dans le monde des chanteuses ? Notez qu'en excellente musicienne, elle touche à tous les instruments : guitare, claviers, harmonica... Et que l'on ne pourra que regretter qu'elle se soit adjoint les services de collaborateurs en la matière, s'empêchant ainsi de briller tant sur le plan instrumental que vocal, puisqu'on ne sait pas toujours quand elle joue.

Qu'importe, si l'on dit que les disques les plus sombres, ou nés dans un contexte sombre sont souvent les meilleurs, celui-ci ne fait pas exception à la règle. Sheryl a avoué publiquement être alors dans une dépression particulièrement envahissante. Du coup, on retrouve de la noirceur de Sheryl Crow (l'album) en plus personnifié, jusque dans ce "My Favorite Mistake" propice à toutes les dérives venant des autres. La preuve, elle y parle d'un ancien petit ami, et les rumeurs ont voulu que ce soit Eric "God" Clapton, ce qu'elle a farouchement démenti. Textuellement, elle décide donc de s'afficher tout en gardant une part de mystère, un certain nombre de choses qu'elle est la seule à savoir.

Un équilibre que l'on retrouve aussi dans la musique, sous une autre forme. Certes, l'album est rock, noir, parfois sale, et les moindres prétextes aux montées de voix de la belle sonnent comme des cris de révolte. Mais n'oublions pas que les guitares acoustiques y sont aussi importantes que les électriques, et que miss Sheryl pèse encore le pour et le contre par cette volonté de contraste. Ainsi, le début du disque se veut très roots dans la guitare bluesy de "My Favorite Mistake", l'orgue Hammond se fait malicieux, mais il y a ce ton pop qui rend la chanson chaleureuse -et sensuelle, si l'on parle de la voix-, en plus d'en faire un des tubes qui tiendront leurs promesses (et le préféré de Sheryl par la même occasion).

Arrive ensuite le second, "There Goes the Neighbourhood". Voilà un cas rare, y compris pour la belle, de chanson "sale", que, plus que jamais, un certain groupe britannique aux penchants également très roots ne saurait renier. Sheryl n'a jamais caché cette influence, repensons notamment au "Sweet Rosalyn" du précédent disque. Il y avait un saxo sur ce morceau, mais à peine audible, contrairement à ici. Les guitares et les cuivres de la présente chanson sonnent très urbains, lourds, "dirty", et le sax ténor de Bobby Keys fait quelques apparitions torrides, comparables à celles de Sticky Fingers presque trois décennies plus tôt. L'ensemble restant dans un ton toujours proche de la pop (les handclaps électroniques le prouvent. Comment a t-elle fait ? Elle est trop forte, point barre. Cela mérite bien une petite accalmie acoustique, et non la moindre. "Riverwide" révèle même une inspiration celtique dans sa mélodie, mais l'on reste dans les grands espaces américains avec relents de guitare "vibro", envolées de cordes majestueuses... Elégant au possible.

Nous ne ferons pas le détail de toutes les chansons, mais il faut savoir qu'une fois rentré dans le disque, il est pratiquement impossible d'en sortir, de rencontrer un moment plus décevant que le reste. Parmi les moments plus enlevés, "It Don't Hurt" serait l'exemple parfait de country rebelle, ouverte aux guitares 12 cordes, puis prolongé par un chant désabusé, une partie plus dense avec orgue, des soli d'harmonica et de guitare nerveuse... "Anything But Down" est un autre tube à l'ambiance sudiste. Sheryl répète à merveille les mimiques de Bob Dylan (avec quand même un filet de voix plus important) sur sa reprise de "Mississippi" au fameux leitmotiv de violon et à la mandoline féérique. "Subway Ride", la pièce cachée, est quant à elle une petite soeur de "The Na-Na Song" (du premier album de Sheryl) en bon funk râpeux souligné par un piano honky-tonk. La belle y mentionne la destitution du président Bill Clinton.

La pièce de résistance demeure malgré tout "Am I Getting Through", divisé en deux parties distinctes. La première développe une ambiance lourde au son de guitare essoufflé et à la voix saturée. Les cordes orientalisantes insufflent un brin d'étrangeté, tout comme cette fin alarmante. Puis d'un "Oh !" malicieux, la chanteuse lance la deuxième partie sur un country-rock irrésistible, mais hélas trop court pour que l'on puisse le savourer pleinement...

Parmi les chansons calmes, "Maybe That's Something" passe en un rien de temps d'une intro ballade sur petit piano à une nervosité sourde où un sitar tente de se frayer un chemin. De même, "Members Only" peine à contenir sa rythmique (pourtant annoncée de manière élancée par la guitare au début). "Crash and Burn" se veut calme, mais elle est encore représentative du travail remarquable effectué sur les guitares au cours du disque, entre complainte et rage. Et comme d'habitude, lorsque Sheryl élève la voix, notre coeur est touché de plein fouet. Mais ce n'est encore que peu de choses comparé à la véritable merveille cachée du disque, "The Difficult Kind". Ballade folk à la guitare électrique, elle évoque à nouveau les grands espaces, et c'est la chanson, étirée certes mais d'une profondeur égale, qui sert le mieux la voix de Sheryl.

The Globe Sessions est sans aucun doute l'un des albums les plus importants dans le monde des chanteuses de cette fin de XXème siècle. Plus sous-estimé que les albums d'Alanis Morissette (eux-mêmes excellents), il manque de peu d'être un chef-d'oeuvre pour Sheryl (en raison de la fin frustrante de "Am I Getting Through" et d'une ou deux autres choses moins marquantes), d'une qualité à la hauteur de son ambition. Vous avez néanmoins bien sûr là, la quintessence du pop-rock féminin, avec un petit quelque chose en plus.

Note réelle : 4,5

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   MARCO STIVELL

 
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- Sheryl Crow (guitares, pianos, orgues, claviers, basse, harmoni)
- Jeff Trott (guitares, basse, synthétiseur moog)
- Greg Leisz (pedal-steel guitare, banjo)
- Val Mccallum (guitares)
- Dan Mccarroll (batterie)
- Wendy Melvoin (basse, guitares)
- Jim Bogios (batterie)
- Tim Smith (guitares, basse)
- Benmont Tench (piano, orgues, chamberlain)
- Gregg Williams (batterie, percussions)
- Todd Wolfe (guitare électrique)
- Dan Rothchild (basse, contrebasse)
- Bobby Keys (saxophones ténor, baryton et alto)
- Mitchell Froom (clavinette)
- Lisa Germano (violon, autoharpe)
- Kent Smith (trompette)
- Michael Davis (trombone)
- Kathy Crow (choeurs)
- Avril Brown (violon)
- Mark Feldman (violon)
- Maura Giannini (violon)
- Matthew Pierce (violon)
- Lorenza Ponce (violon)
- Mary Rowell (violon)
- Laura Seaton (violon)
- Michelle Kinney (violoncelle)
- Mary Wooten (violoncelle)
- Garo Yellin (violoncelle)
- Jane Scarpantoni (violoncelle)
- Jimmie Haskell (direction d'orchestre)


1. My Favorite Mistake
2. There Goes The Neighborhood
3. Riverwide
4. It Don't Hurt
5. Maybe That's Something
6. Am I Getting Through (part 1 & 2)
7. Anything But Down
8. The Difficult Kind
9. Mississippi
10. Members Only
11. Crash And Burn/subway Ride



             



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