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MATMATAH - Rebelote (2001)
Par BARZ le 3 Juin 2005          Consultée 6212 fois

Forcément, après l'immense succès de "La Ouache" et le grand nombre de concerts donnés par le groupe, les quatre brestois étaient attendus au tournant. Allaient-ils nous pondre une sorte de "La Ouache 2 : le retour", usant à foison des sonorités bretonnes et festives qui avaient fait leur renommée? Ou allaient-ils se terrer dans un rock-folk tout mignon sans grand coup de gueule de peur de reprendre le chemin du tribunal? Loin de toutes ces questions, mais plus proche du groupe, Rebelote en surprendra plus d’un, beaucoup seront déçus, d’autres sceptiques, et certains seront charmés par cet album brut (comme le cidre) et sauvage (comme la côte). Je suis de ceux-là.

La belle paire de fesses ornant le livret de Rebelote n’annonce qu’une partie de la trinité « drug, sex & rock&roll » que l’on pourra suivre en filigrane tout le long de l’album.
Côté « drug », nous sommes servis par "Archimède", une belle chanson de bord de zinc un peu étrange servie par deux premiers couplets surprenant de douceur qui laissent place à une envolée après le second refrain et le « Ouh! » de Stan, tout s'envole, la guitare de Sammy hurle, la basse agresse et la batterie suit le tout.
"Sushi Bar", morceau culte dès la première écoute, les déboires (et encore boire) d'un habitué du Sushi Bar qui peine pour rentrer, c'est débile à souhait, et l'on répète, encore et encore, "je vais y aller encore ce soir"...
"Grave Digger" ; ce sixième morceau calme tout de suite le corps et les esprits. Une guitare acoustique accompagne un chant anglophone doux et amer, sur des paroles pleines d'espoir et de vengeance, l'histoire d'un type qui se fait fossoyeur après avoir perdu sa femme, le tout en descendant des centaines de bières. La ligne de basse complète parfaitement la guitare par sa délicatesse et sa chaleur. Les trois voix s'enlacent à la fin sur une belle envolée. Un morceau très classe.
"Out", morceau final de neuf minutes est quant à lui serti de paroles qui viennent de loin, le sable, le vent, l'eau, tout ceci qui macère... Mais ce final est avant tout un instrumental délicieux, une véritable orgie guitare-basse-batterie comme on en voit rarement en France, merci Matmatah.

La partie « sex » n'est pas mise de côté puisqu'une chanson y est entièrement consacrée (tout comme Sushi Bar était consacré au « drug ») : "Petite Mort". C'est dans ce quatrième titre que Matmatah assume fort, très fort, sa nouvelle identité. Ce texte, reflet d'un conflit entre un homme et son sexe, un règlement de compte peu orthodoxe, un « je t'aime, moi non plus » très angoissant, d'une beauté incroyable, un rock incontestablement brouillon et physique sur la fin, une perte de repères instantanée, une énergie fantastique... Sans oublier le pont fantastique (la voix agonisante, la guitare transpirante) qui donnera de grands moments en concert.
"Crève les yeux" et "Abonné Absent" en rajoutent un peu de leur côté, d'un côté un homme perdu dans la Beat, désorienté, en plein New York, entouré de "filles de peintures qui font l'amour au ciel". De l'autre, la perte de personnalité, un questionnement universel à savoir à partir de quand sommes-nous un couple, c'est délicat, le morceau le plus étrange de l'album, chanté par Eric et accompagné de DJ Pone aux platines...

Enfin, parlons « rock&roll »... Le disque débute sur "Boeing Down" et sa guitare criante, la voix très nasale de Stan, les petits chœurs de Sammy et Eric, des paroles en anglais très courtes et très… étranges. Tout est très rapide et court dans ce morceau, l’ambiance déglingo-rock s’installe aidée par un mini-solo de guitare accompagné par un petit « ahouuu » ridicule mais délicieux, un morceau qui décoiffe à écouter bien fort.
Et tout de suite s’enchaîne "Quelques Sourires", un hymne à la liberté d’expression, un coup de pied au cul de ceux qui ont trouvé obscène "l’apologie" du premier album, le tout dans un style très distant, sans aucune prise de risque, d’une belle délicatesse. Ce texte est accompagné d’une guitare très brève et expéditive, un riff entêtant, et des scratch de DJ Pone pour semer le trouble.
"Y'a de la place !", morceau un peu plus ordinaire, n'est pas incontournable. Hommage aux jeunes talents de la scène rock (les jeunes charrues dans un certain festival), clin d'oeil à Téléphone, mais rien de bien alléchant, ce qui n'est pas le cas de "Tricard Twins", délicieux duel vocal et guitaristique entre Sammy et Stan (qui se nommaient les Tricard Twins avant la formation de Matmatah), un affront d'ego, un combat de frères, fameux.

Matmatah peuvent être fiers d'eux, même si cet album n'a pas eu le succès qu'il aurait dû avoir, masqué par l'ombre imposante de "La Ouache", il comporte toutes les qualités nécessaires à un bon défoulement neuronal et physique. Un état d'esprit que l'on ne retrouve dans nul autre album français contemporain, et rien que pour ce détail, chapeau bas messieurs les Brestois.

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   GEGERS

 
   (2 chroniques)



- Sammy (guitares, chant)
- Stan (guitares, claviers, chant)
- Eric (basse, claviers, chant)
- Fanch (batterie, percussions)


1. Boeing Down
2. Quelques Sourires
3. Archimède
4. Petite Mort
5. Sushi Bar
6. The Grave Digger
7. Y'a De La Place !
8. Tricards Twins
9. Crève Les Yeux
10. Abonné Absent
11. Out



             



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