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- Style : Klaus Schulze , Tangerine Dream, Edgar Froese , Peter Baumann , Günter Schickert
- Membre : Ash Ra Tempel, Richard Wahnfried , The Cosmic Jokers
- Style + Membre : Ashra

Manuel GöTTSCHING - Inventions For Electric Guitar (1975)
Par ARP2600 le 7 Septembre 2013          Consultée 1803 fois

Manuel Göttsching est un de ces musiciens peu connus du grand public mais qui a laissé une marque durable sur les différents styles dans lesquels il a innové. Ses premières passes d'armes, fort impressionnantes, se sont faites avec Klaus Schulze et Hartmut Enke, au sein du groupe Ash Ra Tempel. Les choses sont très claires entre 1971 et 1973 : le groupe a publié quatre albums d'un krautrock très planant et souvent encore très psychédélique. C'est après le retrait d'Enke de la vie musicale que les choses se corsent et que la discographie de Göttsching devient un vrai sac de nœuds, hélas au détriment de sa célébrité.

Officiellement, le dernier album d'Ash Ra Tempel est le hors sujet Starring Rosi, un drôle d'amalgame psyché-pop qui n'annonce en rien le futur de sa carrière. Beaucoup plus intéressant en 73-74 est le groupe Cosmic Jokers, projet foireux du directeur discutable du label Ohr mais qui a livré une des pépites du krautrock avec son album sans titre. La présence de claviers et de la guitare répétitive de Göttsching sur ce disque sont des prémices de la révolution électronique en cours au sein de la musique allemande, et le chaînon manquant entre les périodes psyché et électro chez Göttsching en particulier. Ensuite, il suffit de regarder ce qui se passe chez les collègues, berlinois et autres... La transition Zeit-Atem-Pheadra chez Tangerine Dream, les premiers albums de Klaus Schulze, Neu! 2, Ralf und Florian de Kraftwerk, Musik von Harmonia et Zuckerzeit de Cluster... tous participent de la même évolution vers une musique répétitive, dominée par les sons électroniques (auxquels il faut inclure les effets de guitare, c'est important pour la suite de cette chronique).

Le premier album solo de Manuel Göttsching vient très légèrement après tout cela. Enregistré à l'été 74 et publié en 75, l'hermétique Inventions for Electric Guitar est une performance des plus étonnantes. Il faut écouter ceci sans rien savoir puis s'entendre dire que tout, absolument tout ici, est joué à la guitare. Il n'y a aucun clavier, mais il y a bien sûr une multitude d'effets en tout genre qui donnent cette ambiance qu'on peut qualifier d'électronique. Pour donner une idée, il n'est pas du tout exagéré de rapprocher ce disque de ce que sera la techno, le beat en moins. Plus précisément, si Zuckerzeit est le premier précurseur de la techno, Inventions for Electric Guitar est peut-être bien le premier album de trance de l'histoire, et en particulier ce premier morceau, le meilleur des trois, l'exceptionnel «Echo Waves», où on trouve un tempo typique vers les 120 pulsations par minute et des sons résonnants cristallins. Göttsching allait encore plus s'approcher du son trance sur New Age of Earth, plus basé sur le synthétiseur, mais l'origine est bel et bien ici. A noter tout de même la fin plus rugueuse qui me rappelle un peu certains passages de Mike Oldfield.

Les deux autres morceaux valent clairement le détour également. «Quasarsphere» est une complainte remplie d'effets de délai, qui n'est pas sans rappeler la musique de Tangerine Dream de cette époque. Sa courte durée en fait plutôt un intermède avant l'autre grosse pièce, le monotone «Pluralis». La recette est semblable à celle d'«Echo Waves» mais plus lente et martelée. Les arpèges sont manifestement de la guitare, mais la lente mélodie aiguë qu'on entend planer au-dessus de la partie rythmique est particulièrement étonnante... comment diable a-t-il pu faire ça avec ses cordes, mystère. Le répétitisme de ce morceau, long de 21 minutes, est à la fois fascinant et excessif, et il faut bien avouer qu'il est un peu lassant sur la durée.

Tout en annonçant de façon particulièrement visionnaire le futur de la musique électronique, Inventions for Electric Guitar est un très bel exemple de l'école de Berlin. Il se compare directement avec un Ricochet ou un Timewind et contribue à faire de 1975 une grande année de ce courant. Le revers de la médaille de cette expérimentation est son ambiance un peu artificielle, tout juste compensée par la musicalité de Göttsching. Cela peut rendre la chose un peu difficile à apprécier, même pour un habitué à Tangerine Dream. Ce côté expérimental ultra-répétitif se retrouvera dans le phénoménal E2-E4, également publié sous son propre nom quelques années plus tard. Entretemps, Göttsching a publié des œuvres plus mélodiques et accessibles, également très importantes pour le développement de la dance, seul ou en groupe mais toujours sous le nom Ashra.

Note : Les premiers albums d'Ashra, New Age of Earth et Blackouts, ont été réalisés par Göttsching en solo et sont maintenant réédités sous son nom plutôt que sous Ashra. C'est pourquoi j'ai décidé de publier ces deux disques sous le nom Manuel Göttsching sur FP, ainsi bien sûr que E2-E4 et Dream and Desire. Les albums réalisés en groupe, avec Harald Grosskopf et Lutz Ulbrich, seront eux publiés sous le nom Ashra.

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- Manuel Göttsching (guitare électrique et effets)


1. Echo Waves
2. Quasarsphere
3. Pluralis



             



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