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MUSIQUE CONTEMPORAINE  |  REMIX

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- Style : Nobuo Uematsu , Joe Hisaishi , Yuzo Koshiro
- Membre : Divers Compositeurs Jeux Video

Koichi SUGIYAMA - Dragon Quest String Quartet (2005)
Par CHIPSTOUILLE le 14 Novembre 2013          Consultée 1044 fois

Le jour où il m’a été donné d’entendre pour la première fois les sept dernière paroles du christ de Joseph HAYDN en version quatuor, je n’ai été ni surpris ni déçu. Le seul sentiment qui me reste de cette expérience est l’indifférence. Il faut comprendre que la version Oratorio est un trésor, une merveille de subtilité vocale, des caresses d’anges, soutenues, éphémères. La douceur même.
On se le cache, on n’en parle peu, mais il existe un classement en musique. Pour commencer il y a l’instrumentiste seul, qui joue d’une mélodie. Sa solitude peut exercer une fascination, un intérêt. Sitôt qu’il s’accompagne de comparse(s), cela peut être au choix brouillon ou magique. Un duo est un dialogue, au trio on passe à la confrontation, le quatuor est une conversation. Sitôt passé la frontière de 5, si l’on met les percussions de côté, l’oreille peine à distinguer les différents éléments. Il faut alors de la structure à l'ensemble pour s’y retrouver. On passe alors à l’orchestre de chambre, à la petite formation. Puis on peut doubler, tripler, multiplier les instruments, les stratifier, les classer, cela donne des orchestres, symphoniques, philharmoniques… Densifions et surclassons. Le couronnement, pour le compositeur doué, est l’ajout de voix, d’un chœur. Qu’y a-t’il de plus impressionnant que l’arrivée des voix dans l’Hymne à la joie ?

Tout le monde ne parvient pas à maîtriser l’art de manier les chœurs. L’oratorio ou l’opéra sont des exercices pour compositeurs talentueux. Koichi SUGIYAMA, humble, ne l’a jamais tenté. Rompu à l’exercice symphonique, il s’y est exercé avec brio dans sa carrière tardive. Mais de chœur il n’a jamais été question. Plus surprenant, après 7 jeux Dragon Quest, la transition qu’il choisit de tenter est celle du quatuor à cordes. SUGIYAMA n’a pas été avare de réorchestrations, toute sa série phare y est passée, alors à quoi bon réitérer avec moins d’instruments ? Penser que l’exercice avec 4 instruments est plus simple est une vaste étourderie. Si vous avez suivi, le quatuor est une conversation. L’exercice n’est pas le même qu’avec 3 ou 5 instruments, jouer avec 4 voix demande un état d’esprit particulier. Joseph HAYDN, esthète en la matière le savait, il n’a d’ailleurs jamais su composer un quintette. MOZART le disait lui-même, la composition de ses quatuors lui à causé de grandes difficultés, et pour un résultat que l’on pourra même bouder. Pour manier l’art de la conversation à 4, il faut placer l’ego de côté, apprécier l’équilibre, être dans la médiation.

C’est donc pour cela que des mélodies, toutes aussi belles qu’elles puissent être, premièrement composées sur clavier, transposées sur processeur sonore, jouées au piano et enfin transcrites pour orchestre, ne feront jamais de bons quatuors. Dans un tel procédé, les quatre instruments à cordes jouent maladroitement à l’unisson, sur une ou 2 voix, le reste étant relégué à l’accompagnement. Ce n’est pas une conversation mais un comité réduit, un égocentrique et trois sous-fifres. La formation qui n’est pas encore un ensemble fait son possible pour masquer ses faiblesses, rien n’y fait. Pour faire un beau quatuor, il faut le penser en quatuor.

Sans surprise, vous pouvez donc comprendre que le Best Of plutôt intelligent des suites de Dragon Quest ne peut que décevoir. En conservant la transcription pour orchestre, malgré le double CD un peu fourni, il aurait jouit d’un intérêt certain. Ce n’est pas un problème de composition qui relègue cet album au rang des choses inintéressantes, c’est bien l’exercice de passage au quatuor en lui-même. Ce n’est pas un ratage complet, les mouvements tirés des 4e et 7e suites parviennent à sortir la tête des épaules. Malheureusement, 2 heures d’un même ensemble appauvrit ne font jaillir aucune étincelle. A noter qu’Il existe un exercice équivalent pour quintette de jazz sorti l’année suivante en 2006. Peut-être celui-ci est-il plus convaincant. Ce n’est, vous l’aurez compris, pas le cas du quatuor à cordes.

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   CHIPSTOUILLE

 
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- Nobuko Obayashi (violon)
- Machia Saito (violon)
- Gentaro Sakaguchi (alto)
- Ryoichi Fujimori (violoncelle)


1. Overture March (i)
2. Only Lonely Boy (ii)
3. Chateau (ii)
4. Endless World (ii)
5. Rondo (iii)
6. Around The World (iii)
7. Requiem ~ Small Shrine (iii)
8. Fighting Spirit (iii)
9. Into The Legend (iii)

1. Menuet (iv)
2. Comrades (iv)
3. Arms Trader (iv)
4. Gypsy (iv)
5. Balloon's Flight (iv)
6. Make Me Feel Sad (v)
7. In The Town ~ Happy Humming ~ Inviting [...] (vi)
8. Heavenly Village (vii)
9. Memories Of A Lost World ~ Moving [...] (vii)
10. Fighting Spirit (vii)



             



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