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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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1994 Orchid
1996 Morningrise
1997 My Arms Your Hearse
1999 Still Life
2001 Blackwater Park
2002 Deliverance
2003 Damnation
  Lamentations
2005 Ghost Reveries
2007 The Roundhouse Tapes
2008 Watershed
  The Roundhouse Tapes
2011 Heritage
2014 Pale Communion
2016 Sorceress
 

- Style : Anathema
- Membre : Storm Corrosion
- Style + Membre : Ayreon

OPETH - Pale Communion (2014)
Par CHIPSTOUILLE le 31 Décembre 2014          Consultée 2364 fois

Depuis son film Ainsi va la vie, Forest Whitaker (Le dernier roi d’Ecosse, Ghost Dog : Way of the samurai, Zulu…) est resté célèbre pour une citation : « L’enfance est ce que nous passons notre existence à essayer de retrouver ». On a beau avoir trente piges passées et s’évertuer à découvrir le monde sous toutes ses coutures, cette vérité assommante sonne comme une révélation. La personne dont vous lisez le texte a en effet le cerveau qui disjoncte à chaque évocation de Lego, de Star Wars, des Chevaliers Du Zodiaque, de Final Fantasy ou de METALLICA. Je ne vous raconte même pas l’effet que produit chez moi l’écoute de "Nicolas et Marjolaine". On tempérera le propos en précisant que la vie d’adulte réserve tout de même ses expériences à elles, que l’on souhaitera tout autant revivre. Visiter la basilique Saint Pierre et mourir…

Mikael Akerfeldt souhaiterait-il également revivre les expériences de son enfance? Pale Communion n’a plus tout à fait cette ambiance typée seventies, mais il poursuit dans la voie nostalgique que l'on ressent chez OPETH depuis Ghost Reveries. Il le fait cependant avec beaucoup plus de naturel, comme si l’on entrait dans la tête d’un grand frère ayant traversé les années 80 avec nous. C’est un album fait pour être imprimé sur vinyle auquel nous avons à faire, avec 2 faces qui se complètent. La première est bourrée de tubes, la seconde ose des expériences plus diverses. Un équilibre fragile, en deux temps, qui a mystérieusement disparu au début des années 90, et que l’on retrouve ici comme par magie. Pour ceux qui ont la nostalgie des albums d'avant l'ère du CD, c'est un petit bonheur.

Côté casting, Per Wiberg s’en est allé, et avec lui peut-être ce côté bicéphale qu’OPETH nous avait asséné sur ses trois dernières productions. Pale Communion renoue avec l’homogénéité des premières aventures, sans renier le chemin parcouru depuis. Si Mikael Akerfeldt a définitivement abandonné le côté Death, Pale Communion contrairement à Heritage ou Damnation, sait parfois montrer des muscles saillants. Tant et si bien que l’on hésite à le classer Rock ou Metal progressif. OPETH s’avère en effet ici relativement proche d’un AYREON dans sa façon de digérer 40 ans de musique, sans toutefois perdre sa personalité. Cela lui réussit.

Le titre "Goblin" semble pourtant ignorer cette vision d'ensemble, en s’inspirant pour la troisième fois consécutive d’un autre groupe à la personnalité marquée. C’est à coup de claviers un peu froids, dans un titre instrumental allant un peu à rebrousse poil, que l’on reconnaîtra la patte des italiens éponymes de GOBLIN. Si l’exercice n’est pas condamnable en soit, on déplore que la cohésion de l’oeuvre en souffre. D’autant que, contrairement à Watershed et Heritage où les titres "Burden" et "Slither" (1) dénotaient avantageusement, "Goblin" est le vilain petit canard de cet album. Les fans de Dario Argento (2) apprécieront peut-être plus cette giclée de ketchup légèrement surfaite.

Pour le reste, à l’exception du début difficile de "Voice of Treason", nous avons à faire à du OPETH de grande tenue. Martin Axenrot, comme son prédécesseur Martin Lopez, assouplit enfin son jeu. Joakim Svalberg, nouveau venu, poursuit l’utilisation d’orgue mellotron mais sait beaucoup mieux le marier avec la musique de la formation. Fredrik Akesson, toujours très technique, suit une voie plus souple à la manière d’un John Petrucci (DREAM THEATER), délaissant du même coup le style plus brutal qu'il avait acquis auprès des frères Amott (ARCH ENEMY, son ancienne formation), ce qui s’accorde mieux à l’ensemble pour le moment. Ajoutez à cela quelques nouveautés comme des morceaux réellement construits, un chant qui se décompose souvent sur plusieurs voix (3), de rares touches moyen-orientales qui s’y dissimulent (héritées d’ORPHANED LAND ?) et Pale Communion se dote ainsi de sa propre personnalité.

En outre, si ce onzième album reste une œuvre non linéaire, il faut lui reconnaitre une qualité que les précédents ont rarement côtoyée (à l’exception de Blackwater Park), l’accessibilité. Voici un disque de rock progressif au sens large qui, en dépit de rares écueils, vous tend les bras.
Malgré toutes ses qualités nouvelles, c’est avant tout le retour au Mikael Akerfeldt des grands jours que l’on applaudit des deux mains. On retrouve ces arpèges si particulières, ces solos empreints de blues, ces longues notes aigues, ce sens du phrasé musical un peu plus complexe qu’à l’accoutumée. OPETH renoue ainsi avec ses qualités premières, une sorte de retour en arrière que les fans d'antant sauront apprécier. Surtout ceux qui, ayant découvert le groupe il y a des lustres, à l'écoute de "The Night And The Silent Water" ou "The Lepers Affinity", ont comme moi le cerveau qui disjoncte.

(1) Respectivement inspirés de SCORPIONS et RAINBOW
(2) Réalisateur italien notamment connu pour de nombreux films d’horreur, notamment de par sa participation avec George Romero sur Dawn Of The Dead, sorti sous le nom de Zombie en Europe. Argento a plusieurs fois collaboré avec GOBLIN pour les bandes sonores de ses films.
(3) Outre Fredrik Akesson et Joakim Svalberg, Steven Wilson (PORCUPINE TREE) vient de nouveau prêter main forte au mixage et joue discrètement de sa voix.

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   CHIPSTOUILLE

 
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- Mikael Akerfeldt (chant, guitares)
- Martin Axenrot (batterie percussion)
- Martin Mendez (guitares basses)
- Fredrik Akesson (guitares, choeurs)
- Joakim Svalberg (claviers, choeurs)
- Steven Wilson (choeurs)


1. Eternal Rains Will Come
2. Cusp Of Eternity
3. Moon Above, Sun Below
4. Elysian Woes
5. Goblin
6. River
7. Voice Of Treason
8. Faith In Others



             



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