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IRON MAIDEN - The Number Of The Beast (1982)
Par CHIPSTOUILLE le 25 Octobre 2014          Consultée 3084 fois

Woe to you… blablabla, trop facile de commencer cette chronique par le mythique speech d’introduction du titre éponyme de The Number Of The Beast. Trop facile car, bien qu’il s’avère une introduction marquante à bien plus d’un titre, il ne s’agit pas de l’introduction de l’album. La galette, elle, qui introduit Bruce Dickinson (à ne pas confondre avec le producteur de BLUE OYSTER CULT (1))* au chant, choisit de nous accueillir avec "Invaders". Un titre presque parfait avec un riff en béton armé et une énergie punk héritée des deux albums précédents, mais faute au niveau du refrain. Rien qu’à l’évocation du titre, le regrettable écart de tonalité effectué par le nouveau chanteur à l’intonation d’Invaaadeeeers vous resurgit aux oreilles. Mais pourquoi avoir évincé Di Anno ?

Invaders est symptomatique de cet album culte. On résumera The Number Of The Beast comme étant un grand album avec des couacs. Grand Album, oui, car il suffit de prendre Hallowed Be Thy Name pour convaincre tout le monde. C’est LE tube de IRON MAIDEN, la chanson qui vous donne des frissons dans le dos, avec une montée en puissance qui prend son temps et des passes d’armes dantesques au niveau des solos et plus de bons riffs en un seul titre que n’en contient l’intégralité d’A Matter Of Life And Death. Pas besoin d’avoir son TOIC pour comprendre la fatalité qui couvre cette superbe œuvre d’art. IRON MAIDEN à son top, un titre qui n’aura que rarement quitté la setlist du groupe en concert. Le truc qui convaincra le dernier des réfractaires au remplacement de Paul Di Anno par Bruce Dickinson, le lyrisme a du bon, le lyrisme c’est bien, IRON MAIDEN est un groupe qui tue, et Hallowed be thy name son arme du crime.

A côté de ce titre d’anthologie qui constitue peut-être la plus grande conclusion d’album de l’histoire du métal (moi je dis : bataille avec Dyers Eve de METALLICA), siège "Gangland", véritable faute de goût ? Un peu brouillon, malgré son pont sympathique, ce titre un peu répétitif nous amène de nouveau par moments un Bruce au bord de ses capacités vocales. Un titre bien rythmé qui ferait bonne figure dans les dernières productions arthritiques du combo, mais qui dépareille cruellement face aux hymnes qualitatifs constituant l’essentiel de cet album majeur.

On citera également l’inégal mais sympathique "22 Acacia Avenue" (la suite de "Charlot the harlott") au rang des choses pas tout à fait honnêtes. Et à la manière de quelques titres de JUDAS PRIEST sur Screaming For Vengeance ou Point of Entry, "Run to the hills", qui lui est un vrai tube, tend légèrement à se répéter.

Voilà, c’est tout, j’ai craché mon venin. The Number of the beast a des défauts, ils sont éphémères, on peut les ignorer facilement, ils sont presque invisibles, mais ils sont pourtant bels et bien là, aussi vulgaire qu’une tache de sauce tomate sur votre chemise. Le reste, c’est la crème de la crème, le paradis du riff, l’orgasme continu, l’extase perpétuelle, le sommet du heavy metal. The Number Of The Beast, le titre, est un monument du rock, un triplé double guitare et basse avec des lignes vocales hargneuses, qui retient son énergie juste ce qu’il faut tout du long avant de nous décocher l’un des meilleurs solos de Heavy Metal de tous les temps, ça coule, c’est doux, c’est bon...

Et que dire des deux pépites qui ne figurent pourtant pas si facilement sur les live et autres compilations. "Children of the damned", un mid tempo brillant aux sombres arpèges laisse Bruce Dickinson déployer tout son talent de vocaliste, avec une fin d’anthologie qui explose tout. Un titre auquel les One, Fade To Black et autres Mary Jane de la future concurrence californienne doivent beaucoup niveau construction et ambiance. Enfin, "The Prisoner", plus sabbathien dans son ouverture, enfonce le clou question boost rythmique et lignes vocales mélodiques, avec sa thématique qui annonce "Hallowed", construisant l’album de part et d’autre, dantesque.

La conclusion vous fera remarquer que tous les titres de cet album ont été cités (2). Tous oui, sans avoir besoin de jeter un coup d’œil à la jaquette. Car The Number Of the Beast est de ces albums dont on retient la tracklist par cœur, sans effort. Car malgré ses petites erreurs de parcours, il se pare de 8 titres mémorables, doté chacun de leur propre personnalité, forte, inoubliable. Côté production Martin Birch remet le couvert pour notre plus grand plaisir, c’est puissant et clair, on y entend tous les instruments avec délectation, de grandes qualités que l’on ne sait apprécier qu’avec le temps. Néophyte, toi qui ne connais pas le heavy metal, commence par The Number Of The Beast. Néophyte oui, car si vous ne connaissez pas cet album, c’est que vous n’avez jamais vraiment essayé de vous y mettre, n’est ce pas ? C’est peut-être l’occasion. Pour tous les autres qui ont déjà affûté leur argumentaire, je rappelle que la section commentaire n’est faite que pour recueillir votre propre avis…

(1) Sketch culte pour les anglophones avertis : http://vimeo.com/91715361
(2) Je ne compte pas la verrue Total Eclipse qui est venue alourdir le mauvais côté de la balance dans les dernières éditions de l’album. Pas si mal, mais on retiendra qu’elle avait été écartée au profit de Gangland. Enchaîner les deux sur album tient de la faute impardonnable.

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   (2 chroniques)



- Bruce Dickinson (chant)
- Steeve Harris (guitare basse)
- Dave Murray (guitare électrique)
- Adrian Smith (guitare électrique)
- Clive Burr (batterie)


1. Invaders
2. Children Of The Damned
3. The Prisoner
4. 22 Acacia Avenue
5. The Number Of The Beast
6. Run To The Hills
7. Gangland
8. Hallowed Be Thy Name



             



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