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- Style + Membre : Xtc/dukes Of The Stratosphear

XTC - The Big Express (1984)
Par ARP2600 le 12 Mai 2015          Consultée 996 fois

Le temps a petit à petit fait son œuvre et c'est déjà un XTC quelque peu regonflé qui est revenu en 1984 avec The Big Express. Andy Partridge semble avoir surmonté sa crise, même s'il n'osera plus jamais remonter sur scène. Un point de non retour a de toute façon été franchi, leur isolement les a conduits loin des styles à la mode, vers un pop rock d'influence sixties, toujours plus produit, une tendance qui allait culminer d'une part avec leur projet parallèle The Dukes of Stratosphear, de l'autre avec l'album suivant, Skylarking.

Une nouveauté de ces années 83/84 est le développement du marché du disque compact. Pour un groupe isolé du monde, ils se sont au moins tenus au courant de la technologique. The Big Express est en effet un exemple précoce d'album sorti simultanément en vinyle et en CD. Le reste de leur discographie a quant à lui été publié en CD dès 1987, et ceci soulève quelques questions supplémentaires. Quand on dit que Partridge est productif, ce n'est pas qu'une façon de parler... il a vraiment composé beaucoup de chansons, que le groupe a le plus souvent enregistrées, la sélection ne venant qu'après. Cela fait beaucoup de bonus potentiels, une pratique a donc été adoptée pour les versions CD des albums, consistant à insérer des chansons inédites entre les deux faces du vinyle (sauf en ce qui concerne le double English Settlement bien entendu). Inutile de dire que cela rompt la construction des albums, et les éditions CD actuelles placent heureusement ces bonus en fin de disque.

Pour The Big Express, les deux versions étant contemporaines, on peut se demander laquelle choisir. On pourrait pencher pour le CD originel, plaçant "Red Brick Dream", "Washaway" et "Blue Overall" au centre du disque. Cependant, le fait qu'ils soient maintenant relégués à la fin montre que le groupe avait manifestement conçu l'album dans sa version vinyle, de très loin la plus vendue à une époque où les lecteurs de CD étaient très rares. Comme ces trois titres sont quand même de styles un peu hors de propos, le plus réaliste est sans doute d'opter pour la disposition actuelle.

Ensuite, si on dit "hors de propos", c'est déjà supposer que ce disque est plus cohérent que le précédent. Mummer jouait assez bien sur les ambiances douces et pastorales, pour un résultat assez fade et bancal. The Big Express opte au contraire pour un style mécanique. Il ne s'agit pas d'un album concept, les paroles allant de la simple chanson sentimentale à des charges assassines contre les militaires et la religion. Néanmoins, on sent une direction, finalement assez proche de celle d'English Settlement, un genre de critique du monde moderne industrialisé et déshumanisé, dont le train est un emblème. D'où ce "Big Express" et sa pochette sur le thème de la locomotive à vapeur (celle du vinyle originel étant d'ailleurs en forme de roue, donc circulaire et pas carrée).

De plus, la plupart des chansons présentent des rythmes marqués et répétitifs, évoquant de près ou de loin le son d'un train (mais moins présents dans les bonus). Un effet assez réussi pour donner de la structure à l'album, même sur des titres lents comme "This world over". Ensuite, ce côté régulier contribue à rendre lassants certains titres moins inspirés, comme "Seagulls screaming Kiss her kiss her", "The Everyday story in SmallTown" ou "You're the wish you are I had". Par contre, la machine roule magnifiquement sur les plus réussis comme "Wake up", "All you pretty girls", "Reign of blows" et le final "Train running low on soul coal". Dans l'ensemble, on a donc une belle impression de dynamisme. Notons que l'absence de batteur fixe ne semble pas avoir posé de problème, leur collaborateur Peter Phipps et la boîte à rythme à échantillons Linn LM1 ont bien rempli la fonction sur cet album.

La musique commence aussi à être sérieusement teintée de psychédélisme, certaines chansons lorgnant manifestement sur les BEATLES, par exemple sur "I remember the sun". On voit vers quoi le groupe se dirigeait... à peine quelques mois plus tard, ils ont sorti leur poisson d'avril 25 O'clock, un magnifique petit pastiche du rock psychédélique, sous le nom de The Dukes of Stratosphear et avec des pseudonymes loufoques, un mini-album étonnamment dynamique quand on connaît Skylarking, censé surfer sur la vague des Dukes, mais plutôt axé sur des chansons sages.

Quoi qu'il en soit, The Big Express est un beau redressement même s'il faut rester réaliste. Les chansons présentes ici sont loin d'être aussi brillantes et insolentes d'imagination que celle de Black Sea ou English Settlement. Il y a du remplissage un peu gênant, mais assez bien réparti entre les numéros plus convaincants. Faute de chef-d’œuvre, nous tenons donc ici un album très honnête qui n'a rien à envier à son successeur.

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- Andy Partridge (chant, guitare, boîte à rythmes)
- Colin Moulding (chant sur 1,10,13, basse)
- Dave Gregory (guitare, claviers)
- Peter Phipps (batterie)
- Stuart Gordon (violons)
- Annie Huchrak (choeurs sur 1)
- Steve Saunders (euphonium sur 4)


1. Wake Up
2. All You Pretty Girls
3. Shake You Donkey Up
4. Seagulls Screaming Kiss Her Kiss Her
5. This World Over
6. The Everyday Story Of Smalltown
7. I Bought Myself A Liarbird
8. Reign Of Blows
9. You're The Wish You Are I Had
10. I Remember The Sun
11. Train Running Low On Soul Coal
12. Red Brick Dream (bonus)
13. Wash Away (bonus)
14. Blue Overall (bonus)



             



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