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- Style + Membre : Xtc/dukes Of The Stratosphear

XTC - Black Sea (1980)
Par ARP2600 le 11 Mars 2015          Consultée 1010 fois

La chose a déjà été dite, XTC est un groupe culte. Leur succès est toujours resté limité à un parterre de fans, ils n'ont jamais vraiment franchi la barrière du grand public. Et donc, la plupart des gens, soit ne les connaissent pas (grande majorité), soit vénèrent la moindre de leurs chansons. En tant qu'amateur du courant new wave au sens large, je suis une des rares personnes à les considérer moyennement... mon avis, dans tout cela, est curieusement conforme à leurs résultats commerciaux : Black Sea et English Settlement sont manifestement leurs meilleurs albums autant que leurs plus grands succès, les précédents étant trop bruts, les suivants trop mous, d'une mièvrerie pop au sujet de laquelle il n'est pas raisonnable de s'extasier.

Pop, Black Sea l'est déjà, et Drums and wires avant lui. Bien entendu, il y a pop et pop. Forcément, quand on parle de la new wave, des années 80, on pense à la synthpop mais ce n'est pas du tout de cela qu'il est question ici. On parle bien de pop-rock héritier de l'époque psychédélique, en particulier des Beatles. XTC est un des grands groupes de pop anglaise, à placer chronologiquement entre les Beatles et Oasis, par exemple. On trouve chez ces groupes la même approche mélodique derrière une musique plus ou moins chargée en guitares. Chez XTC, on peut dire qu'il y a eu de moins en moins d'agression instrumentale, la musique est devenue progressivement facile à écouter, et de plus en plus kitsch, ce qui est autant dû au départ du batteur en 83 qu'à l'isolement forcé du névrotique Andy Partridge.

Black Sea est au milieu de tout, en bon quatrième album paru en 1980 qu'il est. Il y a encore beaucoup de punch comme sur les précédents, mais déjà des mélodies travaillées et des chansons conventionnelles comme sur les suivants. La progression par rapport à Drums and wires est évidente (ou devrait l'être...). Tout y est plus inventif, plus captivant, plus agréable. La seule réminiscence du problème de Drums and Wires, où les chansons faisaient un peu trop vivoter une idée unique pendant quatre ou cinq minutes, se trouve sur "Rocket from a bottle", qui sonne bien mais se tire en longueur, un peu comme "Making plans for Nigel".

Aucune réserve n'est à faire au sujet des dix autres titres, qui se classent en bloc parmi les meilleures chansons du groupe. Colin Moulding est réduit à la portion congrue, avec les seules "Generals and majors" et "Love at first sight" mais elles sont bien meilleures que ses contributions sur Drums and wires. "Generals and majors", qui s'attaque autant à l'armée qu'aux maisons de disques, a d'ailleurs été le single principal de l'album. Le reste de l'album est bien sûr l’œuvre du prolifique Andy Partridge, dont le style est fort diversifié. On va du mid-tempo pop-rock très classique sur "Towers of London" à des choses fort exotiques sur "Living through another Cuba" (à rapprocher de Talking Heads) et "Travels in Nihilon", final cauchemardesque où le groupe refait le même coup qu'avec "Complicated game" sur Drums and wires. Entre les deux, la solide ouverture "Respectable street", au rythme bien tranchant, l'étrangement lente "No language in our lungs", un retour de leur vieux punk mécanique sur "Paper and irons" ou encore la groovy "Sgt Rock".

On le voit, une belle variété, bien mise en valeur par le producteur Steve Lillywhite, qui confirme son bon travail de Drums and wires. Autre progrès par rapport à ce dernier, les paroles, beaucoup moins anodines. Les titres le montrent aisément, on parle d'argent, de l'armée, de Cuba, de problèmes de sociétés, il est vrai avec une certaine naïveté, mais c'est tout de même intéressant. Ces thèmes reviendront, de façon peut-être encore plus incisive, sur English Settlement. Enfin, cette pochette, sans doute leur meilleure, et la seule à part celle du premier album où le groupe a osé se montrer, avec une délicieuse dérision.

Il n'est jamais facile de parler d'un grand album, il y a souvent trop à dire. Cette superbe "Mer Noire" en est certainement un... même si je ne suis pas vraiment amateur de XTC, son charisme m'a frappé de plein fouet dès la première écoute. Comment ne pas ressentir qu'on a là affaire à un bon groupe en pleine plénitude de ses moyens, aussi bien au niveau de la composition que du jeu des musiciens ? Cet état de grâce s'est heureusement prolongé sur le magnifique English Settlement, dont le seul défaut est d'être un double album. Les deux sont des indispensables du pop-rock anglais.

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- Andy Partridge (chant, guitare, synthétiseur)
- Colin Moulding (chant, basse)
- Dave Gregory (guitares, synthétiseur, piano, chœurs)
- Terry Chambers (batterie, percussions électroniques, choeurs)


1. Respectable Street
2. General And Majors
3. Living Through Another Cuba
4. Love At First Sight
5. Rocket From A Bottle
6. No Language In Our Lungs
7. Towers Of London
8. Paper And Iron (notes And Coins)
9. Burning With Optimism’s Flames
10. Sergeant Rock (is Going To Help Me)
11. Travels In Nihilon



             



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