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- Style + Membre : Xtc/dukes Of The Stratosphear

XTC - English Settlement (1982)
Par ARP2600 le 25 Mars 2015          Consultée 1805 fois

Tout ce qui est monté doit redescendre, c'est la règle. La question est de savoir combien de temps dure le vol. Pour ce qui est de XTC, il y a l'avant et l'après mars 1982, quand Andy Partridge a subi un genre de burn-out et a commencé à souffrir d'un trac incontrôlable, scellant la fin des concerts du groupe. La tournée où cela s'est produit suivait directement la parution de leur cinquième album, English Settlement, dont on peut arguer qu'il est la fin brillante de leur âge d'or.

Après l'impeccable Black Sea, cet album magnifique entre pop anglaise et rock, nerveux, inventif et engagé, le moment était venu pour XTC de se réinventer, de trouver une nouvelle direction artistique. Le titre et la pochette sont déjà une indication. Ce dessin sur fond vert est une œuvre préhistorique de grande taille, le cheval blanc d'Uffington, situé dans la campagne anglaise, dans la région d'Oxford, «settlement» signifiant quelque chose comme village, colonie, zone de peuplement, ce qui a une connotation ancienne et champêtre. On s'en doute donc, ce cinquième album a une saveur toujours très anglaise, mais nettement plus folk que les précédents, avec notamment beaucoup de guitare acoustique, voire électrique jouée très délicatement. Beaucoup de plages ne sont pas très rock, et à tout le moins fort éloignées de l'idée futuriste de la new wave.

Pour le reste, le style est à la fois facile d'accès et plutôt original. Cela ne ressemble pas à de la musique purement folk, ni a du rock progressif... Partridge et Moulding ont une façon bien à eux de traiter ces ambiances rurales, notamment au moyen de teintes psychédéliques qui ne feront que se multiplier dans la suite de leur discographie. Par rapport à Drums and Wires et Black Sea, le jeu se fait beaucoup moins énergique, même si quelque plages restent agréablement rythmées. Quoi qu'il en soit, il importe de dire que cette évolution est pour l'instant une franche réussite, le mélange sonore étant assez merveilleux tout au long de ce double album.

Car il s'agit d'un double album, et c'est un peu dommage. On sait qu'Andy Partridge est quelqu'un de productif, il est d'ailleurs loin d'avoir intégré toutes ses chansons aux disques du groupe. Il y a eu un peu plus d'un an entre les parutions de Black Sea et d'English Settlement, et ils ont pris le parti de faire un double album court (72 minutes) au lieu d'un long simple. Ce n'était pas tout-à-fait raisonnable, ces quinze chansons n'étant pas toutes du même niveau... Notons qu'ils ont bien proposé une version simple, notamment aux États-Unis, mais celle-ci n'élimine pas forcément les moins bons titres. C'est la seule raison d'une certaine retenue au niveau de la note : les deux faces «intérieures» sont un peu faibles par rapport à la première et la dernière, on s'ennuie un peu pendant ce ventre mou. Plus précisément, «Leisure» est un titre au rythme décontracté mais assez irritant, tandis que «Yacht Dance», «All of a sudden» et «Knuckle down» sont un peu trop sages et basiques, aussi bien au niveau de la musique que des paroles.

Justement, au sujet des paroles... Les textes s'attaquent de manière évidente à la dégradation des liens familiaux dans la société moderne, à la rigidité anglaise, aux inégalités dans le monde, aux riches, à la guerre, et prennent la défense de la nature ainsi que du patrimoine architectural, mais sans se prendre la tête une seule minute, le tout est relaxant et très poétique. Un propos un peu naïf et passéiste peut-être, mais quand même fort intéressant à mon avis.

Les points les plus forts de l'album sont certainement l'ouverture «Runaways» et la bondissante «Fly on the wall» côté Moulding, l'épique «Jason and the Argonauts» et la redoutable «No thugs in our house» côté Partridge. Cette dernière est peut-être bien leur meilleure chanson, vraiment un numéro étonnant, dans un registre quand même assez rock. Et puis il y a «Ball and Chain», «Senses Working Overtime», «Down in the cockpit», «English Roundabout» et «Snowman», toutes des chansons brillantes typiques de XTC et donnant à l'album sa substance. Quant à la ronde anti-armes «Melt the guns», elle est peut-être un peu longue mais quand même assez jouissive, tandis que la plus exotique «It's nearly Africa» renforce la diversité, un peu dans la lignée d'un «Living through another Cuba».

Malgré quelques longueurs, English Settlement est peut-être l'album le plus important de XTC, le plus représentatif de leur musique et de leur propos, présentant un bon équilibre entre l'énergie parfois envahissante de leurs débuts et la trop grande sagesse des disques suivants. On peut raisonnablement affirmer que Mummer et The Big Express sont des œuvres plus modestes, sans doute à cause de la crise de Partridge mais aussi à cause du départ du batteur Terry Chambers. Le cas de Skylarking est un peu à part, on aime ou pas cet album il est vrai fort cohérent. À mon avis, il faudra cependant attendre Oranges and lemons pour qu'ils tentent de nouveau quelque chose d'à peu près aussi ambitieux qu'English Settlement, sans toutefois retrouver les même sommets de créativité et d'interprétation.

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- Terry Chambers (batterie, chœurs)
- Andy Partridge (chant, guitare, claviers)
- Colin Moulding (chant, basse, claviers)
- Dave Gregory (guitare, claviers, percussions, chœurs)


1. Runaways
2. Ball And Chain
3. Senses Working Overtime
4. Jason And The Argonauts
5. No Thugs In Our House
6. Yacht Dance
7. All Of A Sudden (it's Too Late)
8. Melt The Guns
9. Leisure
10. It's Nearly Africa
11. Knuckle Down
12. Fly On The Wall
13. Down In The Cockpit
14. English Roundabout
15. Snowman



             



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