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- Style + Membre : Xtc/dukes Of The Stratosphear

XTC - Nonsuch (1992)
Par ARP2600 le 6 Novembre 2017          Consultée 613 fois

Nonsuch, autrement dit « sans pareil ». Ce titre nous ramène à l'époque du roi d'Angleterre Henri VIII qui avait fait bâtir un château somptueux portant ce nom, au prix de lourdes dépenses et de la destruction d'un village. Comme l'histoire est ironique, le bâtiment a été démantelé un siècle plus tard par une comtesse endettée et il ne reste aujourd'hui qu'une poignée de peintures et dessins le représentant. Le choix d'un tel titre pour un album de XTC est très logique : ils ont montré leur attachement au patrimoine architectural, tout autant qu'ils ont dénoncé les abus de pouvoir, et Andy Partridge a trouvé que ce mot et ce qu'il représente feraient un bon ciment pour l'ensemble de chansons assez éclectiques, tour à tour romantiques et politiques que lui et Colin Moulding avaient conçues.

32 chansons d'après leurs dires, composées dès 1990, directement dans la foulée d'Oranges and Lemons. Les deux musiciens étaient manifestement motivés à cette époque, mais on sait comment va la vie, les ennuis n'allaient pas tarder à surgir. XTC était publié par Virgin depuis leurs débuts, mais une succession de crises a mis fin au contrat, ce qui a causé le délitement de leur belle carrière. Tout d'abord, le directeur musical a refusé leurs 32 titres, trop peu tubesques à son avis, alors que le groupe tenait absolument à concevoir l'album à partir de ce matériau. Résultat, un an de perdu, jusqu'à ce que Virgin change son directeur. Second problème, ce retard et l'urgence qui en a découlé les ont conduits à employer les services de Gus Dudgeon, un producteur excentrique qui ne leur convenait guère, et qui a d'ailleurs été viré avant la fin du mixage.

Le projet final de Nonsuch compte 17 chansons pour 63 minutes, un double album en vinyle mais simple en CD. C'est plus que sur n'importe quel autre de leurs albums, et la sélection a dû être difficile. Déjà qu'un double album est presque toujours inégal, mais devoir choisir parmi plus de trente titres est encore plus risqué. Le résultat est un disque assez peu lisible, qui paraît bien plus surchargé qu'English Settlement et Oranges and Lemons. De plus, et c'est là qu'on ne peut pas donner tort au directeur de chez Virgin, ces chansons sont effectivement moins accrocheuses que d'habitude, ce qui nous amène au troisième problème, celui qui est fatal. Après « The Disappointed » et « The Ballad of Peter Pumpkinhead », qui ont pourtant bien marché, le label a refusé à la dernière minute de sortir un troisième single (qui devait être « Wrapped in Grey »). C'est là qu'ils ont claqué la porte, la goutte d'eau qui fait déborder le vase.

Quant à juger de la qualité exacte de l'album, ce n'est pas facile. Ma première écoute avait été fort décevante, l'ensemble me semblant poussif et peu contrasté, et le manque d'accroche m'ayant toujours paru évident. Cependant, on peut dire que c'est le genre de disque qui révèle quelques qualités sur la durée. Pour faire simple, il est très semblable à Oranges and Lemons, en plus sombre et moins inspiré. L'album est éclectique, globalement inscrit dans le style pop rock aux influences 60's, mais avec des rythmes et ambiances très diversifiés. Rien de très nouveau ni de très surprenant, cependant, c'est déjà ce qu'ils faisaient sur Black Sea voire encore avant. Quant au caractère politique sous-jacent, là encore, rien de très spécial pour du XTC, que ce soit « The Smartest Monkeys » (les Talking Heads ont fait mieux sur Naked), « War Dance » qui parle de la guerre du golfe ou le plaidoyer contre la censure qu'est le final « Books are Burning ».

Peu de chansons sont vraiment faibles, citons « Humble Daisy » ou « Bungalow », et quelques-unes sont très plaisantes. Les singles cités plus haut sont très corrects, et on retiendra une bonne série au milieu de l'album, avec la romantique « Rook », la ronde à la gloire des femmes « Omnibus » ou l'inquiétante « That Wave ». Comme certains critiques l'ont dit, ce disque est un bon complément à la discothèque des amateurs du groupe ou de pop rock en général. Un album de répertoire ni raté ni transcendant.

Note : 2,5/5

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- Andy Partridge (chant, guitare, harmonica, percussions, synthés)
- Colin Moulding (chant sur 2,5,13,16, basse, guitares)
- Dave Gregory (guitares, claviers, chœurs)
- Dave Mattacks (batterie, percussions)


1. The Ballad Of Peter Pumpkinhead
2. My Bird Performs
3. Dear Madam Barnum
4. Humble Daisy
5. The Smartest Monkeys
6. The Disappointed
7. Holly Up On Poppy
8. Crocodile
9. Rook
10. Omnibus
11. That Wave
12. Then She Appeared
13. War Dance
14. Wrapped In Grey
15. The Ugly Underneath
16. Bungalow
17. Books Are Burning



             



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