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- Membre : Captain Sensible

The DAMNED - Black Album (1980)
Par NOSFERATU le 28 Juin 2015          Consultée 1074 fois

On aurait tort d’étiqueter un peu trop hâtivement les DAMNED comme un groupe punk britannique incapable de se renouveler. Depuis les débuts de leur discographie plutôt longue, le quatuor avec ses différents changements, a toujours su réaliser des disques conséquents loin de l’intégrisme punk. Déjà, Music for Pleasure avait été produit par Nick Mason de... PINK FLOYD, de quoi scandaliser leur pote Johnny Rotten (SEX PISTOLS), arborant alors le fameux tee shirt « I hate Pink Floyd » !

The Black Album, qui est le quatrième LP des damnés illustre bien cette régularité. D'ailleurs, le disque ressortira plusieurs fois, y compris en édition deluxe, où des titres « live » montrant la fureur des DAMNED sur scène seront rajoutés. C’est un jalon dans l'histoire de la punkitude, voire celle du rock tout court... L’album noir sort sur le label Chiswick en 1980 et c’est un double album. Les CLASH s’essaieront aussi à ce périlleux exercice avec l'inégal Sandinista sorti la même année. Déjà une horreur pour les « pounks » bas du front, les doubles albums étant synonymes de rock progressif ou pire symphoniques : c’est l’époque des « joyeusetés » à la SUPERTRAMP. La longueur effraie alors les épinglés à nourrice surtout durant cette période marquée par la vague british « punk not dead » (GBH, EXPLOITED, VICE SQUAD…) qui rejette en bloc toute fioriture musicale.

Cette attitude sectaire déplaît aux DAMNED qui suivent en en revanche avec attention la scène post punk émergente, le « nouveau romantisme » et assument un certain héritage du rock psychédélique et progressif des années 70 tout en participant (c’est le coté paradoxal de la chose) aux fameux festivals de ladite scène, dont beaucoup de gangs revendiquent l’influence directe du premier album de la bande à Vanian. Le troisième opus (Machine Gun Etiquette) annonçait déjà un léger éloignement des débuts « destroy ».

C’est justement Dave Vanian qui donne le la sur le disque, en accentuant une ambiance pré-gothique, surtout sur la première face. Il est vrai que cet ancien fossoyeur amateur des comptines enfantines d’ALICE COOPER faisait tout pour ressembler à un vampire sur scène, avec du fond de teint blanc et le déguisement approprié. Captain Sensible, le fameux poussin géant de la pochette de Machine Gun Etiquette est plus en retrait dans les compositions. Paul Gray prend la basse, remplaçant Algy Ward qui jouait sur l’album précédent. Ward a en effet d’autres préoccupations esthétiques : il veut revenir au hard rock seventies et il est fasciné par le trio infernal de son pote Lemmy, MOTÖRHEAD.

La référence à l’album blanc des BEATLES est claire, bien que Dave Vanian ait démenti cette affirmation. Beaucoup y ont vu une parodie de l’œuvre des scarabées. Pourtant, malgré le nihilisme des premiers temps, on soupçonne sérieusement les DAMNED d’avoir écouté la bande à Lennon en cachette, du moins la période psychédélique de ces derniers. Les DAMNED offrent là leur facette glaciale et dérangée ; le côté « déconne » caractérisant leurs premières œuvres est laissé de coté.

La touche punk rock originelle est encore présente. C’est le cas sur les machines à pogoter (avec toutefois une tonalité pop accentuée) que sont «Wait for the Blackout », « Sick of This and That », « Drinking about My Baby », qui flirte avec la « high energy » du MC5 seconde période, doublée d’un refrain ramonesque, ainsi que « Hit or Miss » ou « Therapy ». « Twisted Nerve » avec son étrange trompette, « Dr. Jekyll and Mr. Hyde », qui sonne comme du ALICE COOPER post punk, ou encore « 13th Floor Vendetta », qui lorgne vers le BOWIE d’Aladin Sane, montrent l’importance des sonorités glitter/cold wave/gothique.

Les DAMNED n’oublient pas non plus l’héritage du « british boom pop sixties » symphonique (« History of the World »), ainsi que celui des BEACH BOYS (« Silly Kids Game ») de Pet Sounds. La facette psyché l’emporte sur « Lively Arts ». Mais le morceau qui va énerver les puristes du fondamentalisme punk est certainement le long « Curtain Call », longue pièce psychédélico-cosmique qui renvoie aux travaux seventies de PINK FLOYD, de l'ALICE COOPER dérangé sur Black Juju, voire du prodigieux krautrock d’un CAN.

Certains critiques rock verront dans le Black Album » le chef-d’œuvre absolu de The DAMNED, en tout cas, l’album le plus abouti du quatuor. L’énergie « borderline » des premiers temps est toujours présente, mais l’utilisation de silences, de grattes acoustiques, de claviers et de cuivres les démarque nettement, ce qui confère à ce disque une atmosphère à la fois bizarroïde et baroque.

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- Dave Vanian (vocaux)
- Captain Sensible (guitares,synthés)
- Paul Gray (basse)
- Rat Scabies (batterie)


1. Wait For The Blackout
2. Lively Arts
3. Drinking About My Baby
4. Twisted Nerve
5. Hit Or Miss
6. Dr Jekyll And Mr Hyde
7. Sick Of This And That
8. History Of The World Part 1
9. 13th Floor Vendetta
10. Therapy
11. Curtain Call



             



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