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DEVO - New Traditionalists (1981)
Par ARP2600 le 15 Janvier 2016          Consultée 1188 fois

Bon, là, il faut avouer qu'ils ont un peu cherché à se faire taxer de fascistes. Ils ne le sont pas, bien sûr, mais c'est un peu comme pour Joy Division/New Order, l'ironie est souvent mal comprise. Présentement, les « nouveaux traditionalistes » étaient un parti d'extrême-droite japonais, et les plaisantins de DEVO ont détourné leur nom pour ce quatrième album. Là où les partis d'extrême-droite exaltent en général les traditions et racines religieuses dans le but de rassembler sous leur bannière nationaliste les nostalgiques de tout poil, l'idée de DEVO, très new wave, est de créer de nouvelles traditions pour remplacer les anciennes. Et même là, cela reste bien sûr de la dérision, comme pour la dé-évolution.

En 1981, ils n'avaient pas abandonné leur nature satirique. Le succès de Freedom of Choice et de « Whip it » en particulier les a même un peu énervés, d'où leur envie de proposer un disque un peu plus sombre et « sérieux » (tout est relatif). Les paroles des chansons sont fort ironiques, caustiques même, cruelles envers leur nouveau parterre de fans dont ils faisaient mine de ne pas vouloir. Tout ceci offre déjà une ambiance un peu différente des précédents, c'est une bonne chose, il faut pouvoir se renouveler et évoluer, tout en restant soi-même.

La nouveauté au niveau du visuel est une fausse coiffure en plastique, imitant celle de présidents américains comme Kennedy et Reagan, et qui a remplacé pour un temps le dôme d'énergie. Le logo de la « nouvelle tradition » est une étrange tête de cosmonaute, imprimée sur les nouveaux T-shirts bleus du groupe, qu'on voit sur la pochette américaine originale de l'album. Celle-ci est d'ailleurs excellente, à la fois simple et travaillée, très ambiguë.

Le son a continué d'évoluer également. New Traditionalists est leur premier album où les synthétiseurs prennent une place dominante, les guitares devenant secondaires. Pour autant, il ne s'agit pas de synthpop joyeuse et commerciale, on pensera plutôt aux premiers albums de The HUMAN LEAGUE. En fait, le mélange sonore qu'ils ont développé sur cet album est peut-être leur meilleur, les synthés étant utilisés judicieusement, plus doux que chez The HUMAN LEAGUE, un peu enveloppants, mais pas rassurants ni vraiment kitsch. Une bonne performance, vraiment, ce qui est étonnant vu les problèmes d'enregistrement. Ils ont cette fois réalisé la production eux-mêmes, utilisant une nouvelle technologie foireuse. Le son aurait pu paraître bricolé, mais ce n'est pas le cas.

Il peut être un peu plus difficile de rentrer dans le style des chansons, moins délirant qu'à leur habitude. Une première écoute peut paraître assez terne. En particulier, l'ouverture « Through being cool » se moque de leur propre succès en proposant une musique dansante et groovy, mais morne exprès. Après un temps d'adaptation, la suite se révèle fort bien construite et plus inventive qu'il n'y paraissait à première vue. C'est bien à une musique de danse robotique et futuriste qu'on a affaire, et cela dégage une certaine forme de beauté, par exemple sur la presque romantique « Soft things », où ils parlent d'une « danse technotique et hypnotique ».

Aucune plage n'est à disqualifier. Le manque de mélodie de « Going Under » est compensé par des sonorités travaillées. Certaines comme « The Super Thing » sont d'un caractère terne un peu perturbant, mais ce n'est rien par rapport à du HUMAN LEAGUE. « Beautiful World » n'est peut-être pas la meilleure idée qui soit... une chanson faussement positive sur notre monde et notre temps, mais visant en fait à mettre en évidence ses malheurs et ses dangers. Exemple typique d'ironie, un jeu dangereux... Certains passages comme le final élaboré « Enough Said » rappellent aussi OMD, autres collègues de la synthpop naissante.

Même s'ils n'ont jamais été de grands compositeurs, ils ont au moins le mérite d'avoir eu une carrière cohérente, de qualité honnête et constante, et d'un style original. New Traditionalists n'est pas leur meilleur ni leur moins bon, et certainement pas le meilleur disque de new wave de 1981, mais il s'agit d'un travail bien solide qui mérite d'être écouté comme les précédents et le suivant. Oh, no! It's DEVO verra un retour du délire, dans une synthpop au troisième degré assez étonnante.

Note : 3,5/5

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- Mark Mothersbaugh (chant, guitare, claviers)
- Bob Mothersbaugh (guitare, claviers, choeurs)
- Gerald Casale (claviers, basse, chant)
- Bob Casale (guitare, claviers, choeurs)
- Alan Myers (batterie)


1. Through Being Cool
2. Jerkin' Back 'n' Forth
3. Pity You
4. Soft Things
5. Going Under
6. Race Of Doom
7. Love Without Anger
8. The Super Thing
9. Beautiful World
10. Enough Said



             



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