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- Style : Funkadelic, Parliament, Earth Wind And Fire, James Brown
- Style + Membre : Sly Stone , Prince

SLY & THE FAMILY STONE - Stand! (1969)
Par TOMTOM le 8 Juin 2016          Consultée 3111 fois

1969, sonnez hautbois résonnez musettes, le cool vient de se trouver un nouvel ambassadeur. « BOOM LA-KA-LA-KA-LA-KA BOOM », purée, ça c’était de la punchline. Un « RAMA LAMA FA FA FA » version détente, en quelque sorte. Vous vous souvenez de la pochette du premier album ? Cravate, cheveux Babyliss et pantalon orange ? Fini tout ça. Le Sly STONE nouveau a trouvé de quoi se fringuer, toute une garde-robe importée direct de Love City : collier qui brille, lunettes roses, chemise à franges, afro, rouflaquettes, etc. On est quelque part entre un mac et un pharaon. Le 29 décembre 68, Sly essaye de faire chanter « Higher » aux gus en costard du Ed Sullivan Show. La phase.

Nous y sommes enfin. Avec Stand!, Sly STONE va s’offrir un succès total et inconditionnel. Harlem-Woodstock, les blancs-les noirs, les nanas-les mecs, Stand! est l’album qui met tout le monde d’accord, une bombe à neutron balancée à la tronche des années 60. Depuis 1967, Sly & The Family Stone est un groupe qui s’est sans cesse amélioré, proposant un mélange pop/soul/acid rock totalement nouveau et carrément déchaîné. Mais Stand! est le disque de la street cred’, le disque où Sly et ses potes perdent leurs mauvaises habitudes d’orchestre de jazz pour devenir le premier gang funk de la planète.

Six mois avant la sortie du disque, le simple « Everyday People » annonçait déjà la couleur. Ici, plus question de jouer les virtuoses. A la basse, Larry GRAHAM roule une seule et même note pendant deux minutes et vingt-deux secondes. Un peu de piano, une ligne de chant parfaite et une maxime devenue mythique (« Different strokes for different folks », chantée par Sister Rose) et on y est : « Everyday People » est le tube pop qu’attendait le groupe pour partir à l’assaut des charts.

A l’image de son single plus-fédérateur-tu-meurs, Stand! est un album évident, beaucoup plus que ses prédécesseurs. Sur le fond, on ne va pas beaucoup plus loin que : « On doit vivre tous ensemble », « M’appelle pas négro, blanche-neige », « Tu peux le faire si tu essayes », etc. Des évidences flower power, certes, mais alignées avec une telle maestria que ça en devient over à la coule. Ainsi, le disque s’ouvre par un gospel qui vire parade-funk au bout de deux minutes. « Staaaand! Pouët pouët. Na na na na na na naaaa naaaa. » Bonne nouvelle : à la production, Sly maîtrise enfin l’art délicat de la stéréo. Plus besoin de s’enfiler le mixage mono pour saisir l’excellence de la rythmique ERRICO/GRAHAM.

Inutile de vous faire poireauter plus longtemps, « I Want To Take You Higher » est la meilleure chanson du disque, un massacre en règle, un groove plus viral que « Love City » et « M’ Lady » réunis. Sly et sa bande de cinglés transcendent enfin la formule posée par « Dance To The Music » deux ans plus tôt. La basse fuzz de Larry GRAHAM (attaquée AU POUCE) fait un boucan terrible, une vibration méchamment obscène. Inutile de le préciser, l’introduction basse/guitare/harmonica est entrée dans les annales. Et puis il y a ce scat déglingué. Allez, encore une fois : « BOOM LA-KA-LA-KA-LA-KA BOOM ».

Années 60 oblige, Stand! contient ses deux jams syndicaux, « Don’t Call Me Nigger, Whitey » et « Sex Machine » (rien à voir avec James Brown). Honnêtement, on se serait contenté d’un seul. Mais honnêtement bis, « Sex Machine » est assez fou pour ne pas plomber le disque. Sly y vocifère comme un désaxé à travers sa talk-box, maintient l’intensité jusqu’au bout. Son frère Freddie s’offre un solo qui, s’il ne risque pas de défriser HENDRIX, peut contenter n’importe quel amateur de pédale wah-wah. Si « I Want To Take You Higher » annonce « Ball Of Confusion » (le chef d’oeuvre des TEMPTATIONS), l’exercice ici anticipe les premiers méfaits de FUNKADELIC (Sly, goguenard, clôture la pièce par un prophétique « We blew your mind out »).

En vérité, je vous le dis, vous pouvez vous passer n’importe quelle chanson de Stand! et tomber sur ce que Sly et sa Family Stone ont fait de mieux. « You Can Make It If You Try » et « Somebody’s Watching You » ne pourront jamais faire de l’ombre à « Everyday People », mais restent d’excellentes chansons soul-pop, toujours rythmées et inattendues (le final de « You Can… »). Et dans le genre acid-funk, « Sing A Simple Song » (ce riff! ce solo!) est un monument.

Aucun titre de Stand! ne se ressemble. Pourtant, l’album est d’une cohérence à toute épreuve. Le mélange des genres fonctionne à merveille. 1969, la créativité de Sly STONE est à son apogée, ses musiciens hyperdoués ont décidé de se lâcher pour proposer le trip ultime : le groove, la fête, un mélange exquis d’insouciance et d’arrogance. Ne manque plus à Sylvester qu’une performance digne de sa démesure pour devenir le roi du monde. Et pour pêter les plombs complet.

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   TOMTOM

 
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- Sly Stone (chant, orgue, harmonica)
- Freddie Stone (chant, guitare)
- Larry Graham (chante, basse)
- Rose Stone (chant, clavier)
- Cynthia Robinson (chant, trompette)
- Jerry Martini (saxophone)
- Greg Errico (batterie)


1. Stand!
2. Don't Call Me Nigger, Whitey
3. I Want To Take You Higher
4. Somebody's Watching You
5. Sing A Simple Song
6. Everyday People
7. Sex Machine
8. You Can Make It If You Try



             



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