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Kate BUSH - Aerial (2005)
Par MARCO STIVELL le 30 Octobre 2010          Consultée 2385 fois

Kate BUSH, ou le génie au féminin. Une poignée d'albums seulement en un peu plus de quinze ans de carrière, mais chacun ou presque empreint d'une certaine magie. Presque, car il est indéniable que malgré ses qualités, The Red Shoes laissait un sentiment plutôt mitigé, pour ne pas dire qu'il représentait le premier bémol dans la carrière de l'artiste. Et cet album datait de 1993, ce qui, si l'on excepte la réédition CD du live à l'Hammersmith Odeon (seul live de la carrière de Kate), formait un trou béant dans la carrière de la chanteuse d'une douzaine d'années sans production originale. Autant dire que ce Aerial était pour le moins très attendu.

Quelle surprise lorsque l'on a appris que ce serait un double album... Deux disques en douze ans, ça peut sembler peu, mais c'est toujours plus appétissant et nourrissant qu'un seul, et puis qui dit double album dit concept - ? - A voir. Kate a bien fait ses preuves par le passé dans le domaine des musiques progressives, notamment avec The Dreaming et la seconde face de Hounds of Love. Cette nouvelle laisse présager le meilleur, et puis même si ce n'est pas du progressif à proprement parler, c'est pas bien grave, la belle a bien su prouver encore plus souvent qu'elle savait écrire des chansons superbes.

Il y a par contre un détail, c'est qu'avec toutes ces années passées entre temps, Kate a certainement dû "s'assagir", et il sera difficile de retrouver dans ce nouvel album les riffs mordants de ses débuts. Impression confirmée. Passé le premier contact avec le disque, soit la vision de cette pochette très plaisante et qui n'est pas sans rappeler celle du Five Miles Out de Mike Oldfield, on remarque sur ce premier disque que l'utilisation d'instruments rock est réalisée de manière très soft, à l'image de la musique. Ce premier disque porte le nom A Sea of Honey, ce qui laisse présager beaucoup de douceur et c'est effectivement le cas. Kate nous offre un océan de sagesse et de confidentialité, cette image collant effectivement bien à nombre de titres qui sont interprétés de manière suave, aussi bien le titre "Pi" dont le refrain est une énumération simple mais envoûtante des chiffres qui constituent ce nombre particulier, que le single "King of the Mountain" qui sonne comme un reggae à l'anglaise, un peu asiatisant sur les bords, plutôt sage et efficace. Ces deux titres restent cependant les plus conformes à ce que l'on pouvait attendre du disque. Lorsque le médiéval "Bertie" pointe le bout de son nez, on sait que l'on rentre dans le vif du sujet. Guitare de la Renaissance, viole de gambe, une métrique binaire qui passe en ternaire pour les refrains, des détails qui nous font regretter que malgré un passé glorieux, Kate ne se soit pas plus adonnée à ce genre d'exercice, plus acoustique mais avec lequel elle pourrait faire des merveilles autres que "Bertie". A Sea of Honey se poursuit, d'abord par "How to Be Invisible", un peu plus pop-rock et qui aurait également pu faire un sympathique single, puis deux chansons d'une finesse extrême où dominent le piano et la voix, à savoir "Mrs. Bartolozzi" (la chanson la plus intimiste et au refrain insistant) et "A Coral Room", Michael Wood prêtant sa voix sur cette dernière. "How to Be Invisible" et "Joanni", bien que possédant des éléments "branchés" dans leur son, sont aussi les meilleurs exemples en termes de musique planante, ou plutôt pour mieux coller avec le titre du disque, aérienne. Que de superbes ambiances, différentes, mais c'est là toute la science de A Sea of Honey, mêler des chansons qui n'ont a-priori rien à voir entre elles, sinon leur côté plutôt accessible, même si tout est relatif : pas évident de fredonner un morceau comme "Pi" après avoir écouté celui-ci une fois seulement...

La seconde partie d'Aerial s'appelle A Sky of Honey. Après la mer, le ciel. On boucle sa ceinture et on se prépare pour le décollage, sachant que tout jusqu'à ce dernier s'effectuera en douceur. Le "Prelude" nous met tout de suite en bouche, avec ses chants d'oiseaux et son petit piano soutenu par une fine nappe de synthé. C'est toujours le piano qui règne en maître pour le "Prologue". Le thème est simple, tourne sur exactement quatre accords (dont deux qui, si mon oreille ne me trompent pas, sont suspendus, les musiciens comprendront), vite accompagné par une très belle mélodie chantée puis jouée. Comment ne pas imaginer qu'il va se passer quelque chose ? Les choeurs que l'on entend ça et là sont eux-mêmes d'une finesse pour le moins séduisante, et que dire de la batterie ?... On ne va pas décrire tout le disque, en tout cas il faut savoir que contrairement à A Sea of Honey, tous les morceaux s'enchaînent ici. Pour faire plaisir à une partie des fans du groupe, qui n'est pas celle de The Red Shoes et de la premère face de Hounds of Love, mais celle de la seconde de ce dernier ainsi que de The Dreaming, les proggeux quoi, on peut dire que A Sky of Honey est le morceau qu'ils attendaient depuis à peu près vingt ans. Enfin... Il l'est pour sa structure, les morceaux qui s'enchaînent, le thème, l'esprit toujours d'une douceur brisée (le vent, la brise quoi). Mais il ne fait aucun doute que la belle s'est considérablement assagie. Plus d'expérimentations au Fairlight, ici on ne garde que quelques nappes, et sinon c'est piano, rythmique soutenue mais non massive, et puis c'est déjà très bien. Et toujours ce côté très aérien, écoutez un peu ces "Somewhere in Between", "An Architect's Dream", et surtout le magnifique "Nocturn". La chanteuse s'adonne aussi parfois à des registres de musique divers, notamment sur "Sunset" qui commence de manière jazzy, et qui sur son décollage, rappelle fortement la musique gitane espagnole (avec les claps de mains, l'entrain et tout !). On pourrait regretter, vu le peu de morceaux présentés, l'importance donné à des petites séquences comme celle de "Aerial Tal" où Kate s'amuse à imiter ses amis les oiseaux, mais le tout comporte malgré tout un certain charme et donne le sourire, comme tout A Sky of Honey d'ailleurs. Long morceau qui se termine par une belle envolée musicale libératrice, positive et rafraîchissante, sans doute à l'image de la vie menée par la chanteuse.

Près de treize ans séparent Aerial de The Red Shoes, mais on a l'impression que ce sont treize mois seulement, non pas pour le style de musique, mais pour l'originalité car cette dernière (la musique) est très diversifiée, on se croirait revenu au temps de Hounds of Love. Il y a cela, et on peut le penser aussi par rapport aux musiciens, car les "anciens", comme Stuart Elliott, John Giblin et bien sûr, Paddy Bush, sont de nouveau présents. Ce qui est marquant aussi avec Aerial, le rendant proche de Hounds of Love également, c'est que les deux faces, "l'accessible" et la "plus complexe", bien qu'ici réparties sur deux disques, sont passionnantes au point que l'on ne voit pas le temps passer. Deux disques certes, mais deux faces sans temps mort, sans aucun surplus.

On l'attendait donc avec impatience, et on a eu raison (d'attendre). Aerial est l'album le plus mûr de Kate, et sans doute aussi celui qui émet la plus grande sensibilité, doublée d'une certaine classe. Comme pour la plupart des oeuvres de la belle, on ne peut que s'incliner. Bas. Très très bas... Cinq ans sont passés depuis, pas de nouvelle mais Aerial porte en lui une promesse de bel avenir.

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   MARCO STIVELL

 
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- Kate Bush (chant, piano, claviers)
- Gary Brooker (orgue hammond, chœurs)
- Dan Mcintosh (guitares électrique et acoustique)
- Bosco D’oliveira (percussions)
- John Giblin (basse)
- Eberhard Weber (basse)
- Del Palmer (basse)
- Peter Erskine (batterie)
- Stuart Elliott (batterie)
- Steve Sanger (batterie)
- Rolf Harris (didgeridoo)
- Lol Creme (chœurs)
- Paddy Bush (chœurs)
- Chris Hall (accordéon)
- Eligio Quinteira (guitare renaissance)
- Richard Campbell (cordes)
- Susan Pell (cordes)
- Robin Jeffrey (percussions renaissance)


- cd1 A Sea Of Honey
1. King Of The Mountain
2. 3,14159
3. Bertie
4. Mrs. Bartolozzi
5. How To Be Invisible
6. Joanni
7. A Coral Room

- cd2 A Sky Of Honey
1. Prelude
2. Prologue
3. An Architect’s Dream
4. The Painter’s Link
5. Sunset
6. Aerial Tal
7. Somewhere In Between
8. Nocturn
9. Aerial



             



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