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MONOLAKE - Vlsi (2016)
Par STREETCLEANER le 31 Octobre 2016          Consultée 1114 fois

VLSI, abrègement de Very Large Scale Integration, est le dernier album de Robert HENKE depuis Ghosts qui remonte à 2012. Entre-temps, l'Allemand n'est pas resté inactif puisqu'il a continué à enseigner, tourner pour ses « live performances » et a produit entre 2014 et 2016 une série de « 12'' vinyl » dans la veine de ses premiers travaux, à base de dub techno (1). Il faut noter, chose agaçante, que le label Imbalance Computer Music n'est pas (ou mal) distribué en France et que vous devrez de nouveau passer par l'import pour vous procurer l'album.

VLSI est présenté par HENKE comme une sorte de travail archéologique, un travail d'exhumation sonore. La plupart des sons, l'essentiel de la matière première de VLSI, est extraite d'un travail effectué à partir de synthétiseurs digitaux vintage. Pour résumer l'esprit de ce travail, HENKE écrit : « Ce qui pouvait être perçu à l'époque comme une limitation et de la saleté peut dorénavant être regardé comme du caractère, de la couleur et de la patine ».

Mais le concept ne s'arrête pas là. VLSI doit aussi être appréhendé en tant qu'approche minimale du son et du rythme. VLSI est une sorte de soundtrack « rétro-futuriste » utilisant la pointe de la technologie d'enregistrement disponible en 2016. L'ensemble est inspiré par la techno première, l'ambient, le dubstep, le breakbeat, les rythmes africains ; sans oublier les réflexions sur un monde où la technologie numérique de pointe portée par les multinationales s'impose à l'ensemble de la planète et des gouvernements. Ce qui est amusant, paradoxalement, et en même temps une vraie réussite, c'est que les explications de HENKE ne nous sont pas nécessaires. Tout ceci se ressent pleinement à l'écoute de ce travail, proche d'une bande sonore pour film d'anticipation cyber-punk ou post-apocalyptique.

Par exemple, il y a quelque chose de ACCESS TO ARASAKA dans ce travail, toutefois moins concassé. Un monde désincarné, désenchanté, dominé par une technologie irrésistible, aliénante. Une sorte de fatalisme nous envahit et ceci s'en ressent pleinement dès l'introductif « Arit » dont les ondulations-pulsations et les beats assénés n'imposent d'autre choix que la contemplation d'un monde terriblement sombre ; l'histoire ne serait plus nôtre, plus humaine, ce serait dorénavant à l'humain de suivre péniblement une technologie qui aurait décidé de ne plus nous attendre, celle des microprocesseurs et du traitement automatisé des lignes de codes. Ce monde désincarné serait issu de la pensée d'une matrice qui ne servirait que ses propres intérêts, son propre objectif. Il y a donc une face sombre évidente et largement prégnante dans ce travail où une nouvelle divinité totalitaire émerge ; l'ambient « Inwards », « Error », ou « Glypnir » qui évoque TANGERINE DREAM, sont des possibles paysages urbains sinistrés, désolés par cette divinité, qui émergent derrière la fumée dense des incendies. Et c'est le plus IDM « LogC » qui présente une face d'exploration plus tranquille, mais pas sereine pour autant.

« Crash » évoque la techno stressante de ORBITAL sur la BO du film de science-fiction horrifique Event Horizon, ainsi que l'album Silence de 2009 de MONOLAKE avec, notamment, son air propulsé dans un tuyau. Dans ce travail général d'orfèvre, la diversité des matériaux et l'esprit de la technologie de l'album Momentum « Geometry Engine » sont encore bien présents; ce monde est métallique, bardé de tuyaux, de conduits, de fiches, d'écrans et de prises, et résonne comme un corridor vide d'un vaisseau spatial en perdition. « Pio » propose une rythmique complexe à la frontière de la techno et de l'IDM, et « Dystopia » un glitch technologique, dynamique et obscur savamment travaillé, encadré par une polyrythmique breakbeat, deux possibles prolongations du concept des cités mortes de The FUTURE SOUND OF LONDON, le superbe « Unit » en étant le côté plus lumineux.

Il faut saluer la cohérence de VLSI et de ses 70 minutes au compteur, malgré la large palette des matériels vintage utilisés, tant du côté sonore qu'atmosphérique, la prouesse doit être soulignée. Cet album est une vraie réussite, la conscience historique se mêle habilement aux prédictions futuristes, Robert HENKE réussit là un vrai petit bijou, un superbe retour vers le futur.

Note : 4.25/5.

(1) une partie des titres présentés ici est issue de ces 12'' dans des versions toutefois complètement retravaillées.

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- Robert Henke (tout)


1. Arit
2. Inwards
3. Crash
4. Logc
5. Geometry Engine
6. Pio
7. Error
8. Dystopia
9. Unit
10. Nmos
11. Glypnir



             



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