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MONOLAKE - Archaeopteryx (2020)
Par STREETCLEANER le 16 Avril 2021          Consultée 467 fois

Faisons d’emblée le constat : Robert HENKE, seul membre restant de MONOLAKE depuis déjà quelques années, a mis de nouveau un temps de respiration de quatre années depuis son dernier album VLSI. Rien de surprenant donc question temps d’attente. Bonne surprise en revanche, il s’agit d’un double album avec 19 titres au compteur, ce qui fait somme toute beaucoup de matière à digérer. Car il faut être honnête, on peut rester un peu décontenancé par la montagne de flux à absorber.

Autre remarque : si Archaeopteryx sort bien sous forme numérique, quelle idée a donc poussé HENKE à limiter le pressage - uniquement en CD - à seulement 200 exemplaires au niveau mondial ? On savait que HENKE ne rééditait que très exceptionnellement ses albums mais là la décision est autrement plus radicale, et il fallait donc scruter avec soin l’actualité de l’Allemand pour acheter rapidement le double album physique sur son Bandcamp. Album qui est proposé déjà aux alentours de 100 € sur Discogs… J’avoue ne pas très bien comprendre, HENKE n’ayant à ma connaissance livré aucune explication.

Question orientation musicale, il n’y a pas vraiment de surprise. L’abstract domine toujours, on trouve certes un peu d'inspiration breakbeat mais on reste loin de l’abrasivité du glitch de AUTECHRE et ses deux albums Plus et Sign sortis la même année. Chaque approche a ses qualités et ses angles. Ici, pas de contorsion de l’esprit, pas de déchiquetage de l’espace, pas de cassure dans les lignes, pas de dérivation des courbes… Encore une fois, chacun laissera son esprit se laisser capturer avec facilité, flâner, s’immerger, se perdre dans les structures, les sons, les paysages, combinaisons multiples de possibilités entre nature, technologie, mécanique, espace, éléments et temps. Il est inutile de rappeler à quel point HENKE est également un maître en matière de création de textures sonores et de jeu avec les matériaux.

D’entrée, une expérience comme « Gantt Exodus » livre un subtil côté janusien à appréhender, entre échos de paysages grisâtres et scintillements solaires, parcourus de percussions au motif mécanique. Les atmosphères peuvent varier et offrir une succession de paysages ou de tableaux. On est d’ailleurs souvent proche d’une musique de film ou de jeu vidéo dans Archaeopteryx. On pensera parfois aux travaux des précédents albums Silence ou Ghosts.

L’esprit de la mécanique industrielle est nettement perceptible dans nombre de ces nouvelles compositions (« Triode Univec », « Pelton Rosa »). Ce n’est pas une nouveauté mais cela tranche avec l’esprit de la nature que HENKE a voulu insuffler à Archaeopteryx. « Plateaux Orthogonal » est lui aussi guidé par l’esprit des rouages et des transmissions mais on est plus là dans le cœur d’une sorte de grande horlogerie logée dans une cathédrale céleste. C’est un très beau travail sur les textures et les résonances. Tout comme les résonances lointaines et inquiétantes de « Alu Minimum » sur lequel on retrouve l’esprit tourmenté de l’album Ghosts.

Au rayon des fonctions continues, certaines pièces côtoient un ambient qui joue sur une tension nettement palpable (« Anamorph Iris », « Transient Noire », « Pelton Rosa », « Prime Declick », « Delta Overload »), possibles corridors sombres ou paysages urbains de désolation vides de toute vie. Mais l’ambient sait aussi se faire parfois plus lumineux et flottant comme cet apaisant et drony « Phaenon Ono ».

« Infernal Limit » renoue avec l’arpeggiator (probablement celui de Ableton Live) que l’on trouvait sur l’album Silence, où s’invite un bref fond sonore, type ambient dubstep, comme sur l’album Cloud Seed de VEX’D.

« Dirac Onyx » tranche quelque peu, plus proche de l’électronica à synthés que ce qu’on a l’habitude d’entendre chez HENKE. Alors que les percussions de « Clockwerk Fatigue » pourront rappeler celles sur le Sounding Lines du MORITZ VON OSWALD TRIO. Et « Espace Fourier » (avec des paroles en français), plus techno-breakbeat, pourrait nous rappeler quant à lui l’esprit de l’album Polygon Cities de 2005.

« Orbit Incomplete » est construit sur un couple piano / percussions d’inspiration jazzy et dans le même temps est la seule vraie pièce de dub techno de cet album, une dub techno proche de celle de Rod MODELL (ECHOSPACE, DEEPCHORD) avec ses textures granuleuses.

HENKE n'ayant jamais sorti une mauvaise production on savait d'emblée qu'il s'agirait d'un très bon album. Et c'est encore bien le cas avec cet ambitieux Archaeopteryx. Le seul point négatif, s'il fallait absolument en chercher un, réside probablement - et paradoxalement - dans la quantité de matière fournie. Trop long à écouter d'une seule traite, Archaeopteryx demande un bon moment pour le digérer. Certains objecteront qu'à l'heure des confinements successifs il ne nous reste plus que cela : le temps à dépenser. Alors, à vous de voir. Mais pour cette raison ce n'est pas forcément l'album que je recommanderais pour découvrir l'excellente discographie de Robert HENKE.

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- Robert Henke (tout)


1. Gantt Exodus
2. Infernal Limit
3. Triode Univec
4. Transient Noire
5. Dirac Onyx
6. Pelton Rota
7. Clockwerk Fatigue
8. Phaenon Ono
9. Ircks Argle
10. Anamorph Iris
11. Espace Fourier
12. Sinc Response
13. Plateaux Orthogonal
14. Orbit Incomplete
15. Prime Declick
16. Delta Overload
17. Alu Minimum
18. Specimen Fractal
19. Allure Publison



             



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