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Alexandre POULIN - Les Temps Sauvages (2016)
Par GEGERS le 15 Décembre 2016          Consultée 4403 fois

Arrive un âge où l'on cesse de grandir pour vieillir. Mais le danger est de cesser de s'émerveiller, de ne plus se sentir concerné. Alexandre POULIN donne l'impression d'être en constante redécouverte de son quotidien, et à la recherche permanente d'idées pour l'améliorer. Un grand gamin, coincé dans un corps d'adulte, et ce qui pourrait passer pour de la naïveté est en fait de la clairvoyance empreinte de sagesse. Si chez FP nous essayons de vous guider pour établir une certaine hiérarchie dans les différentes sorties des artistes dont nous vous parlons, vous remarquerez qu'il m'est impossible de classer les albums du poète québécois, tant son univers si particulier touche l'affectif. Objectivement, Les Temps Sauvages n'est peut-être pas un chef-d'oeuvre. Subjectivement, il berce l'âme et la nourrit d'émotions chaleureuses. Comment résister à cela ?

Alexandre POULIN n'est pas engoncé dans des souliers folk trop petits pour son talent. Accompagné des producteurs Guido Del Fabbro et Mathieu Perreault, l'artiste réalise un album à la fois plus électrique et plus planant que ses réalisations passées, et dont le seul et unique reproche pourrait être celui d'une durée un peu trop courte (40 petites minutes). Le chanteur, qui est tout autant conteur, nous propose des émotions en bouquet, et une explosion de vie. Voici le témoignage d'un artiste qui prend son temps, promoteur d'un mode de vie à la fois actif et contemplatif, comme il le narre sur "Lundi", pépite folk acoustique ("J'veux plus vivre à tous petits pas pressés"). Prendre la vie et ce qu'elle offre, sans en demander plus, voici le postulat du Québécois sur cet opus qui mêle folk, distorsion et cuivres, tour à tour où mélangées dans des pièces musicales audacieuses. Les ambiances sont parfois bucoliques, mais elles sont aussi souvent sombres, profondes, en témoigne le morceau de bravoure "Les amours satellites" savamment placé en milieu d'album, qui pose une chape de plomb sur l'auditeur. Ce n'est pas vraiment de la tristesse, plus une mélancolie bienveillante, une acceptation contrainte des injustices de l'existence ("Paratonnerre").

Si les musiques sont en elles-mêmes toutes inspirées et foisonnantes d'idées, elles ont comme premier objectif d'offrir un habillage de luxe à des textes aux allures de contes contemporains. "Les serpents", qui narre avec force métaphores les déboires d'un enfant confronté à cette bande de "p'tits criss" qui s'en prennent à lui dans la cour d'école), est un exemple parfait de création d'univers dès les premières notes et les premiers mots, Alexandre POULIN nous embarque dans son univers. Il en va de même pour "Une histoire de monstres", titre le plus long de l'album, qui narre un conte d'une tristesse insondable, qui peut rappeler l'univers des films de Tim Burton tels que Big Fish. Une splendeur. A côté de ces morceaux de bravoure, certains titres se posent de délicates respirations. "Couleurs primaires", dotée d'une splendide mélodie folk acoustique, donne envie en un instant d'épouser le monde et ses beautés. "File indienne", intimiste et délicate, reste également dans le thème global de l'album et fait la promotion de la "vie buissonnière", clôturant l'album sur une note doucereuse qui ne donne envie que d'une chose : relancer la lecture.

"Les temps sauvages, c'est la dualité entre l'envie de liberté et les obligations d'une société qui nous consume pendant qu'on la consomme, c'est le besoin de ralentir, de sortir de la file, de briser le rang, alors que tout explose autour de nous". Voilà, ce quatrième album d'Alexandre POULIN est un big-bang musical et poétique, un déclic qui donne envie de relever la tête. Ce postulat, qui était déjà celui de l'artiste sur ses réalisations passées (reécoutez "Fernand" sur son premier album), se voit ici renforcé par ces dix pièces bouleversantes de sincérité, portées par des arrangements à la fois intimistes et audacieux, et par une production cotonneuse qui chamboule l'âme. On se sent sauvagement vivant.

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   GEGERS

 
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- Alexandre Poulin (chant, guitare, harmonica)
- Mathieu Perreault (guitare, mandoline)
- Guido Del Fabbro (violon, clavier, guitare, mandoline, piano)
- Simon Blouin (batterie, percussions)
- Daniel Hubert (basse, contrebasse)
- Zoé Dumais (violon)
- Ligia Palquin (alto)
- Sheila Hannigan (violoncelle)
- Nicolas Boulay (trompette, bungle)
- Renaud Gratton (trombone)
- Julie Houle (euphonium, tuba)
- Jean François Houellet (saxophone baryton)
- Florence Mbaye (hautbois)


1. Les Serpents
2. Nos Cœurs Qui Battent
3. Couleurs Primaires
4. Paratonnerre
5. Bleu Big Bill
6. Les Amours Satellites
7. Le Temps Qu'on Tremble
8. Lundi
9. Histoire De Monstres
10. File Indienne



             



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