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BLINK 182 - Neighborhoods - Deluxe Edition (2011)
Par T-RAY le 6 Janvier 2018          Consultée 290 fois

+44, ANGELS AND AIRWAVES, TRANSPLANTS. Entre 2005 et 2009, les fans de BLINK-182 ont davantage entendu parler de ces formations que de leur power-trio favori. À leur grand dam, évidemment. Ces side-projects lancés par chacun des membres du groupe après le "hiatus indéfini" annoncé de leur formation de toujours ont outrageusement occupé Tom DeLonge (deux albums avec ANGELS AND AIRWAVES), Travis Barker (un album avec TRANSPLANTS et des enregistrements avec son ami Adam "DJ AM" Goldstein) et Mark Hoppus (un L.P. avec +44, où figurait aussi Barker). Il aura fallu quelques drames pour que tout ce petit monde, sérieusement écartelé, se rabiboche. D’abord le décès de Jerry Finn, le producteur de leurs plus grands succès, entre 1999 et 2003. Puis l’accident d’avion de Travis Barker qui laissa ce dernier sur le carreau pour de longs mois, avec fractures et brûlures, entre autres joyeusetés.

Bien sûr, lorsque DeLonge, Hoppus et Barker se sont décidés à se retrouver à l’ancienne, ça n’était pas vraiment "à l’ancienne". Même s’ils ont recommencé à tourner ensemble avant même de finir d’enregistrer "Neighborhoods", ils n’ont pas vraiment été "ensemble" pour composer ce sixième album. Malgré les bonnes intentions de chacun – et la bonne volonté d’un Travis Barker encore bien meurtri de son crash – l’enregistrement du disque, qui prit deux bonnes années, a été plus qu’éclaté. Entre un DeLonge à San Diego et le duo Hoppus/Barker à Los Angeles, les deux pôles ne s’adressant parfois la parole que par managers interposés ou par échange d’e-mails, c’est peu dire que l’accouchement de "Neighborhoods" fut difficile. Au point que leur maison de disque, Interscope Geffen A&M, menace BLINK-182 de pénalités financières au-delà d’une certaine date. Las, l’album finit par sortir en septembre 2011.

S’il s’intitule "Neighborhoods", c’est parce que cet album a été composé de façon éclatée, également. Chacun des membres du groupe apportant finalement son univers à lui, leur "voisinage" créant un patchwork qui, contre toute attente, fonctionne. Mais, il met du temps à fonctionner, je peux vous le dire ! J’ai boudé cet album à sa sortie. Et encore un an après. Et deux ans. Et trois ans. Plus ? Peut-être, je ne m’en souviens plus. Mais aujourd’hui, je peux le dire : "Neighborhoods" est un bon album. Je prends plaisir à l’écouter et peut-être que vous aussi, même si vous avez toujours conchié BLINK-182. Pourquoi ? Parce que ce disque est le plus varié et le plus inédit de la carrière du groupe. Parce que cet album va plus loin que ce à quoi les Californiens nous avaient habitués. Encore plus loin que leur album éponyme de 2003 qui dépassait pourtant déjà le cadre du Pop-Punk teenager.

L’on savait Hoppus et DeLonge fans de New Wave depuis lors, ne serait-ce qu’au travers de l’invitation de Robert Smith, charismatique leader de The CURE, sur "All Of This". En 2011, ils récidivent. Enfin, c’est surtout Tom DeLonge qui récidive, car le morceau d’ouverture de "Neighborhoods", "Ghost On The Dance Floor", c’est lui qui en est le principal artisan. Un titre qui tire une partie de son atypique son (pour du BLINK) de l’expérience Space Rock d’ANGELS AND AIRWAVES mais aussi, et c’est évident, de la New Wave que le guitariste n’a jamais cessé d’aimer et d’écouter. Sur un rythme soutenu, DeLonge y déclame des paroles touchantes – sur le souvenir d’un être cher disparu – dans une atmosphère à la fois planante et, effectivement, dance floor. On est loin, ici, du Punk à roulettes à faire bander les adolescents et mouiller les adolescentes, même si le morceau reste excitant à bien des égards.

Ce magnifique morceau, plein de reverb et réellement poignant, donne le ton de l’album tout entier. Un album plus produit que jamais, chose étonnante si l’on considère qu’il est "autoproduit", dans la mesure où ce sont les membres du groupe eux-mêmes qui se sont chargés de sa production, événement sans précédent dans l’histoire de BLINK-182. La voix si nasillarde de Tom DeLonge ne l’est plus tant que ça, désormais, tant le travail effectué dessus par l’intéressé, comme producteur et comme chanteur, est poussé. C’est à la fois un mal et un bien. D’un côté, le groupe perd un peu de sa personnalité vocale, mais de l’autre, cela dévoile sa face adulte, indispensable à l’interprétation d’un tel titre et de telles paroles. Les textes de tout "Neighborhoods" ne sont pas légers. Ils sont pleins de désenchantement, de craintes, de réalité et de réalisme. Ils ont du poids et pèsent davantage par leur contenu que l’ensemble des paroles des trois premiers albums de la formation.

Il faut écouter cet album attentivement pour l’apprécier. Il n’est pas direct. Ne vous aguiche pas comme la première bimbo venue. Il se laisse apprivoiser, même. Car pour les quelques morceaux franchement Pop-Punk – et pas les meilleurs – que sont "Up All Night" (composé dès 2009 !), "Natives" ou "Heart’s All Gone" (très "Hoppusien"), loin d’être aussi directs que des tubes comme "All The Small Things" ou "What’s My Age Again", le disque regorge de morceaux plus travaillés, riches de sons plus synthétiques, moins immédiats, moins Punk et moins Pop, et certainement plus Alternatifs. BLINK-182 dépasse, sur "Neighborhoods", le cadre étriqué dans lequel il était enfermé depuis sa création. Un cadre dont l’album de 2003 n’avait pu le faire sortir complètement. Les ventes n'ont pas vraiment suivi, mais cela tient sans doute plus à la transformation complète de la façon de consommer de la musique entre 2003 et 2011 qu’au travail réel du trio.

BLINK dépasse le cadre du Pop-Punk sur le mid-tempo touchant qu’est "After Midnight", dans l’esprit laid-back déjà affiché sur leur cinquième album. Il le dépasse sur un "Snake Charmer" presque Post-Grunge, en dépit de ses couplets sur fond de sonorités électroniques et de ses beats de batterie Hip-Hop, voire Trip-Hop. Il le dépasse sur le joli et entraînant "Wishing Well", riche d’une belle réverb. Il le dépasse encore sur "This Is Home" et "Love Is Dangerous" qui doivent toute leur inspiration à la New Wave et nous replongent au début des années 1980. C’est comme si, sur un seul album, BLINK-182 tentait de nous faire revivre la transition de certains groupes de la première vague Punk vers la New Wave qui ferait fureur quelques années plus tard.

En revanche, BLINK-182 ne dépasse rien du tout sur des titres comme "Kaleidoscope", "MH 4.18.2011" ou les deux bonus tracks que sont "Fighting The Gravity" et "Even If She Falls". Dans les circonstances pénibles de l’accouchement de ce disque, il paraît normal que les Californiens ne réussissent pas tout ce qu’ils touchent. Et "Neighborhoods" est le dernier album qu’ils créent ensemble puisqu’en 2015 DeLonge est purement et simplement évincé. Il y a, certes, eu l’E.P. "Dogs Eating Dogs" pour faire croire à tout le monde que le "hiatus indéfini" d’entre 2005 et 2009 n’était qu’une occasion de se donner de l’air et de retrouver de l’inspiration. La division entre les trois membres du combo était plus profonde. "Neighborhoods" en est l’exemple flagrant. Mais il est aussi la preuve que la division n’est pas forcément synonyme de manque d’inspiration.

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   T-RAY

 
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- Tom Delonge (guitares, chant)
- Mark Hoppus (basse, chant)
- Travis Barker (batterie)


1. Ghost On The Dance Floor
2. Natives
3. Up All Night
4. After Midnight
5. Snake Charmer (bonus Track)
6. Heart's All Gone Interlude (bonus Track)
7. Heart's All Gone
8. Wishing Well
9. Kaleidoscope
10. This Is Home
11. Mh 4.18.2011
12. Love Is Dangerous
13. Fighting The Gravity (bonus Track)
14. Even If She Falls (bonus Track)



             



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