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BLINK 182 - California (2016)
Par T-RAY le 22 Février 2017          Consultée 818 fois

2016 fut l’année du retour du punk-rock tendance pop dans les bacs. Du jamais vu dans les annales de ce style musical. Aucune autre année n’avait vu autant de poids lourds du genre sortir un nouvel album. Il y eut SIMPLE PLAN au mois de février. GOOD CHARLOTTE à la mi-juillet. Puis la date du 7 octobre 2016 fut marquée d’une pierre blanche, puisque pas moins de trois, oui TROIS, monstres de la scène punk-rock ont sorti, ce jour-là, leur nouveau LP, j’ai nommé NOFX, SUM-41 et GREEN DAY, et chacun d’entre eux nous est revenu avec son meilleur album depuis un bail… C’est simple, cela faisait au moins quatre ans qu’aucun de ces groupes n’avait sorti d’album studio !

Que vous connaissiez bien cette scène-là ou non, vous devez vous dire à la lecture de ce premier paragraphe que quelque chose cloche. Le tableau n’est pas complet. Il manque un autre mastodonte du power-chord dans cette fresque surprenante. Oui, je vous entends là-bas, au fond ! Qui ça ? BLINK-182, bien sûr ! C’est d’ailleurs pile-poil au milieu de l’année, le 1er juillet 2016, que le trio californien a sorti le fort bien nommé « California », son 7ème véritable LP (« Buddha » n’étant en réalité qu’une longue demo). Un véritable album hommage, à défaut d’être concept, à leur État d’origine.

Seulement ce n’est pas le même trio que depuis 1998 que l’on retrouve ici. Exit Tom DeLonge, éternel guitariste et fondateur du groupe, l’homme à la voix d’ado qui, après une perte de motivation évidente pour le groupe, a été tout simplement laissé sur le bord de la route par ses ex-compères, le chanteur-bassiste Mark Hoppus et le batteur Travis Barker. Non sans un passage par la case justice, tout de même. Incapable d’assurer les concerts de l’année 2015 et traînant des pieds depuis trop longtemps, DeLonge s’est donc fait remplacer au pied levé par Matt Skiba, vocaliste et gratteux d’ALKALINE TRIO, devenu officiellement, quelques mois plus tard, le nouveau chanteur-guitariste de BLINK-182. Et celui-ci a pris ses quartiers dans le groupe au point d’avoir co-composé une majorité des 16 titres de ce nouvel album.

Sa présence a visiblement revivifié l’ensemble après le piètre « Neighborhoods » de 2011 et un EP plus qu’en demi-teinte, « Dogs Eating Dogs », en 2012. Certes, sa signature vocale est bien moins distinctive que celle de son prédécesseur qui était, dans ce registre, assez irremplaçable : le contraste entre sa voix et celle de Mark Hoppus était l’un des caractères les plus puissants de BLINK-182. En revanche, la voix de Matt Skiba permet aux harmonies vocales du groupe, bien que simples, d’être justement plus harmonieuses, les tessitures du guitariste et du bassiste s’avérant relativement proches. Quand ils ne chantent pas ensemble, en revanche, faut un certain temps pour bien distinguer les deux, même en ayant l’habitude de la voix de Mark. Personnellement, je trouve que la présence des couinements de Tom manque.

Le ressentiment envers DeLonge de la part d’Hoppus ne semble pas pour autant oublié. Les paroles du premier morceau de l’album, "Cynical", même si elles s’adressent probablement à une femme suite à une rupture, peuvent tout aussi bien se lire entre les lignes à l’attention de Tom DeLonge. "What's the point of saying sorry now ? Lost my voice while fighting my way out !", chante Mark, ruminant sa frustration quant au retour sans cesse repoussé de son ancien camarade ("are you back again ?"). Un titre commencé cool, voix posée, qui se fait soudain plus urgent une fois cette question prononcée par Hoppus, et permet d’entrer franco dans le lard de l’album.

Un Tom DeLonge dont l’ombre plane également sur "San Diego", morceau typiquement BLINK-182, plein de fougue et de mélodie, les deux voix se faisant l’écho du nom de la ville. Le texte, entre nostalgie et reproches retenus, évoque notamment les souvenirs et passions communs à Mark et Tom, en particulier la passion de THE CURE, dont l’icône Robert Smith était venu prêter sa voix sur le « All Of This » de l’album éponyme de 2003. "San Diego", titre également hommage à la Californie, l’un des trois à évoquer clairement, dès le titre, le Golden State. "California", le morceau, joue lui aussi de la nostalgie, mais dans un registre un peu différent. Cette ballade qui clôt presque l’album se révèle pleine d’optimisme et de tendresse envers la terre natale du trio.

Le troisième titre à célébrer l’Etat de la côte ouest, c’est "Los Angeles", premier des trois à débouler dans nos oreilles. Et il s’agit là du morceau le plus déroutant de l’album. Le plus original aussi, pour BLINK-182 en tout cas. Des samples dès le début, des couplets rappés, quasi sans guitare, une batterie tout en breaks, puis l’arrivée de guitares lourdes et saturées, presque Metal, et un refrain hurlé totalement inhabituel pour le trio. Une inspiration qui flirte avec le LINKIN PARK du début des années 2000 jusqu’à l’apparition d’un riff beaucoup plus punk sur le dernier refrain. Autre morceau à emprunter davantage à un groupe tiers qu’au BLINK-182 classique, "Rabbit Hole" convoque presque le GREEN DAY de « Dookie », en particulier au niveau des guitares et du chant. Pas le meilleur des mélanges, bizarrement, mais un titre qui se laisse écouter.

Ailleurs, BLINK-182 joue souvent la sécurité, s’appuyant sur des recettes solides et éprouvées qu’il maîtrise parfaitement. "Bored To Death" et ses guitares clean qui ne dépareilleraient pas sur "Adam’s Song" ou "Story Of A Lonely Guy", pourtant vieilles de 17 ans. Le trio y fait pour la première fois usage de "wohoho" faciles qu’il moquait pourtant à la grande époque... La ballade "Home Is Such A Lonely Place", avec ses arpèges, aurait aussi eu toute sa place sur les albums classiques du groupe. En dehors des "wohoho", d’autres morceaux abusent de "nanana" que le groupe utilisait pourtant au second degré auparavant…

Parmi les titres qui sonnent comme du BLINK-182 vintage, la très pop-punk "She’s Out Of Her Mind", l’autre single, offre une nouvelle lecture de l’éternel thème de la girlfriend punk idéale. "Sober" est un morceau rock tout à fait actuel, qui ferait un excellent single. "Kings Of The Weekend", la party song de rigueur, remplit, elle, son office parfaitement : donner envie de bouger. Quant à "Teenage Satellites", elle monte en puissance jusqu’à exploser sur un refrain fédérateur, ode à l’adolescence et ses espoirs qui, malgré la quarantaine bien tassée des membres du groupe, ne tombe pas du tout à plat.

Ce qui tombe à plat, en revanche, et sonne parfaitement "out of date" pour le trio de quadras, ce sont ces deux morceaux ultra courts, "Built This Pool" et "Brohemian Rhapsody", véritables pochades préadolescentes sans le moindre intérêt. Drôle d’idée d’avoir insisté pour garder ces morceaux sur un album pourtant déjà long pour le genre pratiqué, les véritables titres que sont "No Future", "Left Alone" et "The Only Thing That Matters" étant déjà eux aussi parfaitement dispensables. Si le producteur de l’album, John Feldman, a su retrouver à la perfection le son classique de BLINK-182 et su tirer d’excellentes choses d’un Mark Hoppus qui a écrit plusieurs titres en studio, il est aussi coupable d’avoir voulu trop tirer sur la corde. Ce bon « California » aurait mérité d’être amputé d’une bonne dizaines de minutes pour donner sa pleine mesure.

Toutefois, avec un single n°1 des charts et l’album lui-même classé premier au Billboard Top 200 dès sa sortie, BLINK-182 a au moins prouvé, sur « California », qu’il savait encore séduire au-delà des fans du genre et qu’il pouvait faire presque aussi bien, commercialement et tubesquement parlant, qu’à la grande époque de 1999-2003. Néanmoins, l’album se pose comme une sorte d’intermédiaire entre les pierres angulaires du pop-punk que sont « Enema Of The State »/« Take Off Your Pants And Jackets » et l’aventureux (et réussi) album éponyme. Un retour au son et à la production classique, un shoot de plusieurs hits tout en power-chords, mais aussi quelques tentatives plus ou moins efficaces de renouveler la recette. Le résultat final, sans être un monument du genre, s’avère suffisamment sérieux et efficace pour permettre à BLINK-182 de se projeter enfin sereinement dans sa troisième décennie.

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- Mark Hoppus (basse, chant)
- Travis Barker (batterie)
- Matt Skiba (guitare, chant)


1. Cynical
2. Bored To Death
3. She's Out Of Her Mind
4. Los Angeles
5. Sober
6. Built This Pool
7. No Future
8. Home Is Such A Lonely Place
9. Kings Of The Weekend
10. Teenage Satellites
11. Left Alone
12. Rabbit Hole
13. San Diego
14. The Only Thing That Matters
15. California
16. Brohemian Rhapsody



             



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