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SAD CAFé - Sad Café (1980)
Par MARCO STIVELL le 11 Août 2018          Consultée 117 fois

Dans les notes des rééditions deux par deux des albums de SAD CAFÉ par le label Edsel, sachant qu'elles se terminent avec le quatrième album, Alan Robinson livre un constat assez sévère en ce qui concerne celui-ci. Selon lui, Sad Café (1980) ne se hisse pas au niveau de son prédécesseur, Façades (1979), et il manque l'unité qui le caractérisait.

S'il manque l'unité du médiocre troisième effort des Mancuniens, ce n'est pas plus mal, car ça laisse au petit nouveau l'opportunité de contenir des titres plus marquants, y compris par rapport à "Every Day Hurts", tube du groupe de l'année 1979 et dont Robinson semble raffoler. Le producteur est le même pourtant, à savoir Eric Stewart.

En un seul titre, SAD CAFÉ propose une formule plus convaincante, plus chatoyante aussi. "La-Di-Da" avec son refrain fainéant et l'empreinte féminine nonchalante qui caractérise les paroles, est de la pure british/blue-eyed soul du début des années 80, avec une ambiance ensoleillée due en grande partie aux claviers, et qui s'accorde fort bien avec la pochette, d'un bleu attractif.

Le saxophoniste Lenni n'est pas membre à part entière, pas davantage que sur les autres albums, mais il colore l'album de telle façon qu'on peut aisément le compter comme le septième homme du groupe, pas seulement dans les crédits donc. On l'entend dès le premier morceau, et ensuite, sur "Digital Daydream Blues", on retrouve une empreinte créative naturelle un mélange de blues-rock/soul évident et de liberté instrumentale que SAD CAFÉ défend quitte à produire moins de hits et impacter sur sa notoriété. Telle la pochette : un cocktail rafraîchissant, parfois explosif !

Sur ce second titre fiévreux, la basse, le Wurlitzer et les guitares du tandem Mulford/Wilson mêlent effets blues et funk à gogo tandis que Lenni renforce ses interventions aux saxos par des sonorités électriques, cinglantes. On les entend dès le début de "Love Today", par Mulford seul quand les autres titres sont écrits en collectif alternativement avec Young, Wilson, Stimpson et Emerson. Le solo de guitare slide y est particulièrement excellent, ainsi que le piano honky-tonk ; le son est globalement à l'avenant, bien taillé pour un groupe de cette fougue, studio et live à la fois.

Les faux départs d'Irving à la batterie sur les refrains apportent un plus indéniable à "What am I Gonna Do", ballade soul classique, de même que les percussions de Young (congas, maracas etc). Néanmoins, ce dernier s'illustre mieux au chant bien sûr et en premier lieu sur "Keeping It From the Troops", morceau épique qui rappelle les débuts du groupe. Signe du destin, il contient un credit de Tony Cresswell, batteur du premier album, ce qui laisse supposer que la chanson a été gardée chaudement et retravaillée. Soutenu par le sax et la guitare, Young donne tout et se fond dans des choeurs délirants à la fin. Habile ! Mieux que le gentillet "No Favours – No Way" du bassiste Stimpson, où le chanteur est seul à briller.

"Losin' You" ressemble au début à ce que font les voisins irlandais de THIN LIZZY quand ils veulent paraître plus cool à l'époque ("Sarah" sur l'album Black Rose, 1979), et d'ailleurs Wilson et Mulford se fendent d'un duo harmonisé aux guitares qui nous rappelle aisément une caractéristique de la bande à Phil Lynott. Le tout évolue ensuite vers un ton disco, cordes à l'appui. On peut apprécier "Dreamin'" avec une certaine évidence, pour son charme antillais et latino, ses guitares/claviers imitant les steel drums caribéennes, ses passes instrumentales dans un nouveau développement "à paillettes"...

SAD CAFÉ n'atteint jamais des sommets de production ni de composition sur toute la longueur d'un album, ce n'est pas ce qu'on leur demande. On passe un bon moment avec eux, ils sont capables de fournir des titres pop de toute beauté mais ne perdent pas leur patte folle pour autant, et ce disque estival les montre sous leur meilleur jour.

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   MARCO STIVELL

 
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- Paul Young (chant, percussions, congas)
- Ian Wilson (guitares, choeurs, percussions)
- Ashley Mulford (guitares lead et slide, choeurs)
- Vic Emerson (piano, synthétiseurs, arrangements des cordes)
- John Stimpson (basse, choeurs)
- Dave Irving (batterie, percussions, choeurs)
- Lenni (saxophones alto et ténor, arrangements des cuivres)


1. La-di-da
2. Digital Daydream Blues
3. What An I Gonna Do
4. Keeping It From The Troops
5. Love Today
6. Losin' You
7. Dreamin'
8. No Favours - No Way
9. I'm In Love Again



             



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