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ENCHANT - Time Lost (1997)
Par BAKER le 22 Octobre 2018          Consultée 75 fois

J'ignore ce qu'il s'est passé. J'ignore d'où ça vient. J'ignore si cet album est réellement comme je peux le lire ça et là un vrai album studio, alors qu'il est pour moi un EP (et il était vendu comme tel à son époque). J'ignore jusqu'à quel point c'est bien Benignus qui s'occupe des claviers, quand on sait à quel point Doug Ott pouvait mettre son nez dans les programmations si le besoin s'en faisait sentir. J'ignore pourquoi cet EP, donc, a été repressé en "double programme" comme CD bonus de Wounded. Bref, malgré la lecture d'intéressantes liner notes, j'ignore bien des choses sur ce Time Lost.

Mais il est une chose dont je suis sûr, c'est la marge de progression faramineuse entre Wounded de 1996 et ce disque de 1997. Les trois, voire quatre premiers titres, qui sont des inédits post-Wounded, montrent effectivement un groupe autrement plus cohérent, mélodique, optant pour une approche plus frontale, presque hard-rock par moments, et des sentiments plus exposés, moins noyés dans la technique. Oh, les fondamentaux sont respectés comme dirait Cyril Lignac : les chansons sont dans le moule ENCHANT, soit aux alentours de sept minutes avec un inévitable long solo de Doug Ott et un pont purement progressif. De ce côté, les fans n'ont pas été destabilisés.

Mais le respect formel est cette fois accompagné de deux éléments qui transcendent véritablement le groupe : d'abord, la musique respire. Les fréquences se chevauchent moins, les claviers et les arpèges de guitare électrique sont plus identifiables et enveloppants. Ensuite, côté mélodies on a enfin des refrains qu'on retient, qui font vibrer, qu'on se met vite à chanter (difficile de résister à "Blind Sided" qui, avec son riff presque grunge et son Ted Leonard de compétition fait dans le viril opératique). On retrouve toujours quelques éléments qui peuvent énerver, mais l'ensemble est bien plus agréable et accessible, sans donner dans la facilité.

Le meilleur de ces titres nouveaux est peut-être "New Moon", dont tous les éléments pris séparément sont plus "commerciaux" : les sons de claviers, la mélodie vocale du refrain, la batterie qui double le tempo sur le troisième couplet... mais ça marche, ça court même, et ses huit minutes passent comme un rien. "Foundations" est moins réussie, voire bordélique, mais son refrain pousse à la consommation, comme on dit ! Un ENCHANT revigoré, ragaillardi, consolidé donc. Mais là où ça merde, pardon chef, là où de substantiels problèmes viennent assombrir le ciel bleu de tes yeux, bleus, c'est que les trois titres plus anciens se montrent AUSSI meilleurs que, au hasard, Wounded (le hasard fait bien les choses, il parait. Il aurait mieux fait de faire Wounded).

Au menu : un "Standing Ground" qui emprunte un peu à SOUNDGARDEN (l'intro), RUSH (le pont très technique) et MARILLION (les sons de guitare électro-acoustique et claviers) mais se laisse franchement écouter ; un "Mettle Man" quasi-instrumental (c'est comme un quasi de veau, mais sans la viande autour) trop démonstratif mais pas totalement dénué d'intérêt (le son de démo n'aide pas) et surtout un "Interact" qui, outre une intro très simple mais pourvue d'âme, est un vrai epic, et pas juste une longue chanson - saisissez-vous la nuance ? Beau texte sur les relations humaines et chanson presque au niveau des 4 récentes : pourquoi ne pas les avoir foutues sur Wounded à la place de chansons bien plus endormantes ? Mystère.

Ce long EP était donc au départ destiné aux fans, un petit cadeau pour leur fidélité ; mais par la force des choses c'est LE disque que je conseille pour découvrir ENCHANT et leur donner une chance. Il a le style très prog, très froid des deux premiers albums, mais avec le punch mélodique et les emprunts au hard rock qui fonderont les deux suivants. Si possible, achetez la version originale, et pas la remaster livrée avec Wounded. Deux raisons. D'abord, comme ça vous échapperez à Wounded, et surtout, vous échapperez à deux bonus tracks absolument infâmes : une instrumentale nommée "Words" qui n'a ni queue ni tête (le casting chez Jacquie & Michel s'est parait-il d'autant plus mal passé que Words don't come easy....), et la version démo de "Under the Sun" qui n'a pas le même refrain et est à chier sec et net : Ted qui braille faux tout du long, mélodie planquée dans le placard, un bel étron au milieu d'une chanson qui deviendra pourtant excellente. Deviendra, maître mot de cet EP : j'ignore ce qu'ils ont pris en dessert, ENCHANT, mais j'en veux bien un peu !

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- Ted Leonard (chant)
- Douglas A. Ott (guitare)
- Paul Craddick (batterie)
- Ed Platt (basse)
- Mike Geimer (claviers)
- Brian Cline (basse)


1. Blind Sided
2. New Moon
3. Under The Sun
4. Foundations
5. Interact
6. Standing Ground
7. Mettle Man
- bonus Tracks Remaster
8. Under The Sun (demo)
9. Words



             



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