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ENCHANT - The Great Divide (2014)
Par BAKER le 13 Avril 2019          Consultée 85 fois

ENCHANT a pris de très gros risques en revenant onze années après leur dernier album studio. Il y a des groupes célèbres ou très cultes, dont l'absence vinyllique fait naître soit une impatience démesurée, soit un fatalisme qui confine à l'auto-protection. Mais pour un groupe de moyenne importance comme ENCHANT, un tel écart entre deux sorties est souvent fatal. Soit le groupe revient sous un nouvel angle artistique, et il risque de perdre les vieux fans, soit il reste strictement dans le style qui l'a fait connaître, et là les cocos, il faut assurer méchamment côté compos. C'est là que Great Divide, qui porte bien son nom, pêche et met en péril ce retour précaire.

Après seulement 6 albums (disons 7), ENCHANT avait réussi la gageure de se constituer trois carrières bien définies : du néo-prog très porté sur les chansons longues, du heavy rock plus commercial et mélodique, et une synthèse avec un fond plus lourd, presque metal mais sans franchir la frontière. La grande faiblesse de Great Divide va être de ne pas savoir trancher, et d'essayer une sorte de... synthèse entre les trois périodes. Or, une synthèse de synthèse, ça frôle vite le Reader's Digest. Et c'est un écueil qui va plomber irrémédiablement les titres moins performants de cette cuvée 2014 et empêcher les bons d'atteindre les sommets de la période 97/2000.

En cause avant tout, la balourdise des riffs méchants. Décidément, ENCHANT n'est jamais aussi bon que dans le doux ou le rock, le "vrai rock". Dès qu'ils s'approchent d'un peu trop près de la frontière metal, ils se font tirer comme des pigeons du haut des miradors. Prenez "All Mixed Up", ça patauge pas mal. Ils font presque sludge, or cette poisse sonore ne leur convient pas, il manque de la fluidité. Pareil pour "Deserve to Feel", evil peut-être mais avec 30% de matière grasse seulement. Curieusement, l'un des passages les plus saisissants de cet album provient du pont de cette chanson : Ted qui chante faux à dessein, façon colère qui monte, et il se montre crédible ! Ca ne rattrape pas, hélas, le pont complètement raté à base de prouesses techniques inutiles et le final à durée illimitée.

Le côté purement progressif est lui aussi très sujet à caution. Sur le morceau-titre notamment, ENCHANT complexifie ou délaye sa musique mais ce faisant retombe dans les travers qui plombaient Wounded. A savoir que ce n'est pas mauvais stricto sensu, mais froid et curieusement détaché de toute émotion. Ce n'est pas la basse à la Chris SQUIRE de l'intro qui suffira à en faire un titre intéressant, et ce souci est récurrent puisque le pont de "Circles", celui de "Within an Inch" et celui de "Here and Now" partagent ce sur-place mélodique, d'autant plus que côté solos, Doug Ott sort invariablement le même lapin du même chapeau.

C'est bel et bien lorsque le groupe se fait plus pop ("Life in a Shadow", les passages à la TOTO de "Here and Now") ou plus rock alternatif ("Transparent Man", quelques passages de "Circles") qu'on retrouve un ENCHANT agréable, à l'énergie communicative. Aucun titre n'est au niveau des meilleurs passages de Break ou Juggling, mais on s'en approche avec des refrains qui sont le meilleur, voire parfois le seul atout des chansons. On trouvera aussi une très légère ouverture à d'autres influences : on savait déjà pour POLICE et RUSH, voilà que Doug se met à devenir un peu bluesy sur "Life in a Shadow", qu'il reforme QUEEN sur le final du même titre (au grand jamais dans un album d'ENCHANT n'aurons-nous autant entendu Doug chanter), et "Here and Now" débute même par du ANATHEMA de la meilleure période.

Même l'instrumental qui clôt la trilogie "prog-jeu-de-mots" navigue entre du bon (riff à la BLACK SABBATH, déconnade) et du discutable (cet orgue suspendu, ce swing lourdaud à la batterie). Il y a des idées, de la synergie, mais aussi une routine d'écriture et d'allongement des chansons qui rend l'album trop massif et trop déséquilibré. C'est dommage car les divers talents ne se sont pas évanouis, notamment Ted et Ed, mais malgré de bons côtés, The Great Divide se montre prophétique : les plus vieux fans loueront le retour au prog atmosphérique des débuts mais regretteront le traitement pop des refrains. Les amateurs de la période alt-rock s'ennuieront ferme à chaque pont. De bonnes intentions, mais il manque définitivement un ingrédient. And the Craddick will rock...

Note finale : 2,5 / 5

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- Ted Leonard (chant, guitare)
- Douglas A. Ott (guitare, claviers, choeurs)
- Bill Jenkins (claviers)
- Ed Platt (basse)
- Sean Flanegan (batterie, percussions)


1. Circles
2. Within An Inch
3. The Great Divide
4. All Mixed Up
5. Transparent Man
6. Life In A Shadow
7. Deserve To Feel
8. Here And Now
- bonus Track édition Limitée
9. Prognosticator



             



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