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ENCHANT - Juggling 9 Or Dropping 10 (2000)
Par BAKER le 1er Janvier 2019          Consultée 170 fois

Un side-project destiné à prendre un peu d'air mais qui n'a pas très bien marché, un bassiste toujours pas décidé à revenir au bercail de façon définitive et un claviériste girouette, et pour couronner le tout un tournant de millénaire : la très belle pochette symbolise bien le dilemme que subit ENCHANT en 2000. Le groupe doit-il revenir au progressif ou continuer dans le rock ? Complexifier de nouveau ses compos ou continuer dans le riff gras ? Combien de temps pourra-t-il ainsi jongler entre deux types de public ? Toutes ces multiples zones d'ombre devraient avoir accouché d'un album sombre et déséquilibré, comme tant de groupes l'ont fait et continuent de le faire.

Et pourtant, dès la première mélodie et pendant les deux bons tiers du disque, ENCHANT nous livre une musique enthousiasmante, sûre d'elle, débridée et aussi emplie d'entrain que de maîtrisée. Jamais, même dans le projet XEN, les musiciens n'avaient semblé aussi heureux de faire de la musique ensemble - "ensemble" étant un bien grand mot tant ce disque est basé sur le trio chant (fantastique) / guitare / batterie, les trois zozos s'occupant tour à tour des claviers et de la basse, de façon extrêmement convaincante d'ailleurs (Ed viendra leur donner un coup de main sur le premier titre et ensuite, les backups semi-officiels font leur job sans qu'on le remarque, ce qui est un sacré compliment).

Même si le propos peut se faire parfois grave (le pont de "Rough Draft", le rare et bon solo de clavier sur "Juggling Knives", tout "What To Say"), c'est la bonne humeur énergique qui prime, et de très loin. Ca commence avec un "Paint the Picture" dressant un pont solide entre le premier album et le dernier en date, groove dandinant, mélodie accrocheuse, coupures prog bien fichues. Un petit classique par lequel, anecdote personnelle, j'ai débuté ma carrière de chanteur (on me signale que c'est aussi sur celle-ci que j'ai FINI ma carrière de chanteur, ce qui est plutôt encourageant pour l'humanité. Tous mes succès sont chez Universal !). L'approche pop-rock et plutôt rentre-dedans est poursuivie sur un excellent "Rough Draft" sous influences POLICE, "Bite my Tongue" qui aurait pu compléter XEN, un duel lick de clavier poppy / riff heavy sur "Colors Fade", des emprunts à l'ambiance heavy rock de Break mais avec un petit peu plus de brillant, de fougue juvénile. On croirait entendre un premier album, un très bon premier album.

Malgré de très bons passages, le troisième tiers du disque convainc moins, l'alchimie musicale devenant quelque peu générique, comme sur le (très RUSH-esque) "Shell of a Man". Il y a cependant des ambiances (l'intro glaçante de "Broken Wave"), des mélodies, Ted Leonard est sublime de bout en bout, ce qui aide à faire passer la pilule jusqu'au second gros morceau. Le premier, curieusement, est un peu "perdu" entre deux chansons optimistes, et pourtant son éclat va vous aveugler dès la première écoute. Courte, très mélodique, émouvante, "What to Say" est une petite bombe, avec un texte poignant et universel, un solo mélodique terrible, une grande force, un morceau à la fois très commercial et très personnel.

Mais si l'on devait ne retenir qu'un seul morceau de ce disque, d'ENCHANT tout court, ce serait "Traces". Coupé en deux parties, la première éthérée mais à la violence sourde, avec ces accords très jazz et ce faux minimalisme porté à ébullition, le titre devient culte lorsque la seconde partie entre en action. Une montée en puissance irrésistible où la menace d'une explosion se fait palpable, presque physique, les instrumentistes grimpent, grimpent encore... et quand ça pète, c'est à vous en coller des frissons tout le long de la colonne vertébrale. Plus de 400 écoutes et j'ai toujours les poils devant cette guitare rageuse et cette batterie énervée, presque violentée. Ce morceau est pratiquement un best-of du rock des années 90 à lui tout seul ; c'est surtout une forme de testament, de bilan : le texte a bien raison, une fois cet ouragan passé, il reste des traces. Inoubliable.

Si ENCHANT en était resté là, ç'aurait été une parfaite fin de carrière. Ils sont rares, les morceaux qui ont cette puissance définitive. "High Hopes", "King", "Starless"... Comme pour conjurer un sort, balayer les "traces" après la tempête, le groupe termine sur une petite reprise acoustique du thème de "What to Say", et dans le genre "je finis l'album en réutilisant une mélodie", c'est pratiquement le must du genre. Même cela, ils l'ont réussi. Bien que le groupe soit au plus mal humainement, il a réussi à enregistrer un disque de haute volée qui, malgré des longueurs vers la fin, se laisse très bien digérer (LE souci number one d'ENCHANT depuis le début) et est à même de plaire au plus grand nombre. Sans doute le sommet de leur carrière.

Note finale : 4,5 / 5

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- Ted Leonard (chant, choeurs)
- Paul Craddick (batterie, claviers, guitare, basse)
- Douglas Ott (guitare, claviers, basse)
- Ed Platt (basse)
- Mike Geimer (clavier solo)


1. Paint The Picture
2. Rough Draft
3. What To Say
4. Bite My Tongue
5. Colors Fade
6. Juggling Knives
7. Black Eyes & Broken Glass
8. Elyse
9. Shell Of A Man
10. Broken Wave
11. Traces
12. Know That



             



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