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2003 Tug Of War
 

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ENCHANT - Tug Of War (2003)
Par BAKER le 6 Mars 2019          Consultée 92 fois

O Papa Emeritus III qui tollis peccatà mundi, dona nobis pacem. J'ai pêché, j'expie, aïe. Depuis des années, j'ai toujours considéré Tug Of War comme le plus mauvais album d'ENCHANT, à savoir creux, chiant et facile. Il est temps de remettre les pendules à leur place et de trouver midi à sa poutre : Tug of War n'est ni plus ni moins que la suite logique de Blink of an Eye, avec un groupe qui n'arrive toujours pas à faire la part des choses entre néo-progressif et rock alternatif mélodique. Et c'est précisément cela qui fait son charme.

ENCHANT a toujours été un mystère. Certes, il reste de la lourdeur et des facilités dans ce disque comme dans pratiquement tous leurs albums. Mais avec du recul, Tug of War reste un simple album de rock, avec bien sûr un guitariste très bavard et un chanteur qui aime beaucoup donner dans l'émotif, mais avec aussi des riffs directs, des mélodies plutôt accessibles, des textes carrément rentre-dedans comme le délicat mais frontal "Sinking Sand", et même des bribes de tubes. En particulier "Beautiful", une ballade folk-pop presque "normale", presque "mainstream", et qui aurait franchement mérité d'être un tube, malgré sa production.

Ah oui, car il faut en parler de celle-là : tous les albums d'ENCHANT depuis Break sont enregistrés en HDCD. Un procédé assez rare, qui coûte bonbon et qui n'est discernable que sur certaines platines. Or si Tug of War se démarque, c'est par sa prod assez fouillis par rapport au passé du groupe. La batterie sonne terriblement carton, les synthés ont un panning stéréo bien plus large que le reste ce qui les esseulent dans le mix, et globalement ce disque a un petit côté "amateur" pas du tout en phase avec l'image froide et technique que le groupe renvoie. D'ailleurs même d'un point de vue purement musical, le disque se montre plus bare-bones : l'intro de "Tug of War" avec ce riff qui fait incroyablement RUSH première période (je veux dire TOUTE première période) et son orgue cracra, "Living in a Movie" qui a tout d'un titre alternatif avec guitares grasses et texte très second degré, tout ça est loin de la clinique aseptisée d'un Wounded.

Pourtant on y trouve les mêmes bases, la même façon de composer, les riffs et les séquences en avant, et pour être honnête il y a un ventre mou de "Queen..." (avec son riff... obséquieux, je n'ai pas d'autre terme mais c'est rigolo !) à "See No Evil", mais ce n'est pas désagréable à écouter, pas terrassant de technicité gratuite. Il faut aussi reconnaître que les textes sont une fois de plus assez engagés et bien fichus, et que le timbre de voix de Ted Leonard, parfois trop générique, est ici bien employé. Ca se laisse écouter. C'est déjà pas si mal.

Le final cependant achève de faire de ToW un album peut-être sous-estimé. Déjà, le groupe nous pond un "Progtology" d'anthologie. C'est un instrumental un peu déjanté dans la lignée de "Prognosis", sauf que l'inspiration est ici en mode overdrive : les riffs, les mélodies, les ponts (ce slap d'Ed ! CE SLAP D'ED !!!), tout est excellent, fort, mémorable, drôle, taquin, technique, culte. Et en prime ce titre est idéalement placé, laissant place à un "Comatose" bien fichu, plein d'ambiance et d'émotion, et surtout qui fait adieu. Non, pas au revoir, pas (seulement) fin d'album, mais inexplicablement adieu. Un bel adieu, digne.

Curieusement, ou pas, la suite des événements sera raccord avec cette impression : après un live (très sympa en CD, inutile en DVD), ENCHANT disbandera. Et leur retour ayant pris 11 longues années, c'est un sentiment de terrible gâchis qui prévaudra sur l'appréciation de ce Tug of War. Prod sale, pochette curieuse (un mélange de classe et de braderie), tout était réuni pour couper l'élan d'un groupe pourtant en plein... en plein... euhhhh, élan ? (Mon oncle, cette éloquence m'est fascinante !). Ce n'est pas du tout leur meilleur album, mais sincèrement, Tug of War mérite bien plus qu'une chronique : une écoute.

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- Ted Leonard (chant, guitare)
- Douglas A. Ott (guitare, claviers)
- Ed Platt (basse)
- Bill Jenkins (claviers)
- Sean Flanegan (batterie)


1. Sinking Sand
2. Tug Of War
3. Hold The Wind
4. Beautiful
5. Queen Of The Informed
6. Living In A Movie
7. Long Way Down
8. See No Evil
9. Progtology
10. Comatose



             



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