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HEAVEN 17 - How Men Are (1984)
Par BAKER le 10 Novembre 2018          Consultée 111 fois

Au départ, HEAVEN 17 ne devait être qu'un projet. The Luxury Gap a brouillé la donne de façon spectaculaire : la réussite ne fut pas qu'artistique, avec un album charnière du genre, mais aussi populaire. Des clips et 45 tours prenants, un chanteur beau gosse au look de gendre idéal et à la voix suave sans en faire des tonnes, le mariage malin de vrais instruments et délires synthétiques, tout cela fit sensation. Il n'est pas difficile de penser que How Men Are fut conçu dans la pression et le doute. Sa relative réussite est donc d'autant plus étonnante que le disque baigne dans une atmosphère foncièrement positive, pour ne pas dire rigolarde.

Le titre d'ouverture est d'ailleurs là pour faire honneur à la pochette (et ses poissons volants que FAITH NO MORE n'aurait pas reniés) : il y a les éléments electro du premier album, funk du second, et par-dessus des sons qui rappellent l'industrialisation de "Crushed by the Wheels", vous avez le groupe scandant des "yeah yeah" immatures, faux et délicieusement enjoués ! Ce décalage entre programmations sérieuses et déconnade assumée durera tout le long du disque, epic de dix minutes inclus. Non pas que l'émotion ne passe pas, mais l'humeur générale est à la gaudriole. D'ailleurs, le vers "something I can remember" ne fait-il pas furieusement penser au "109" de Chaz JANKEL ? Si, puisque je vous le dis ! C'est un ordre !!!

On sent cependant que l'équilibre précaire trouvé par H17 ne pourra pas tenir longtemps. Le disque est parsemé de titres qui ne sont pas impérissables : "The Fuse" simplette (malgré des harmonies très intéressantes), "Shame on the Rocks", "Flamedown" (carton jaune pour reprendre, malhabilement, la mélodie de "This is Mine"), jusqu'à "The Skin I'm In", où Glenn Gregory croone à la façon de Dave GAHAN. Ce titre est à lui seul un précis de non-conformisme : un orchestre doucereux tente de violonner par-dessus le chant suave, et au premier plan du mix, qui vient s'imposer ? Une fausse guitare flamenco jouée au synthé par Nick Plytas ! C'est d'un cheapos fini. Et curieusement, ça fait plus sourire que ça ne choque. Comme tous les titres précités : ils n'ont pas l'excellence de The Luxury Gap, mais ils se laissent écouter avec un plaisir non dissimulé.

Evidemment, pour les titres réussis, la question de la légitimité ne se pose même pas ! "Sunset Now" est une pop song ensoleillée, remplie de cocktails gratuits et de couchers de soleil sur une plage privée. "This is Mine" est le petit bijou sous-estimé de cette fournée : ces cuivres pêchus, ce solo de trompette bouchée, on est vite conquis. H17 termine sur une chanson de dix minutes en forme de bilan, et de défi personnel : si tout n'est pas parfait (notamment le final a capela un peu trop long... il faudra attendre l'album suivant pour que l'idée soit développée), on sent à chaque détour de la chanson ("this is the end", le lick de guitare jazzy, le magnifique orchestre arabisant) le plaisir pur de composer.

Composer ou jouer ? Car à part l'intro bizarroïde de cet epic, le côté savants fous, programmations à gogo des deux premiers albums a presque totalement disparu. La production reste d'orfèvre, avec beaucoup de sons qui ont été particulièrement choyés, mais cette fois le résultat sonne plus naturel, plus groupe. Serait-ce parce qu'entre 1982 et 1984, nos oreilles se seraient habituées ? En tous cas, le disque passe tout seul malgré ses nombreux points faibles. Et ce n'est pas que de la nostalgie.

Le remaster propose, outre un son parfait, des remixes. Si celui de "This is Mine" ne passe pas, entre autres parce qu'il utilise la rythmique du... "Sunlight des Tropiques" (ouhyeahhhh !), celui de "And That's No Lie" est intéressant, un vrai mix des années 80 avec des ajouts de sons parfois factices mais qui apportent un autre regard sur la compo. "Counterforce 2" est intéressant mais reste moins bon, moins immédiat que la version intitulée "Chase Runner". Des faces B qui montrent cependant que H17 n'était pas exsangue, et ce How Men Are, moins indispensable que son illustre prédécesseur, n'en reste pas moins un très bon divertissement auditif.

Note finale : 3,5/5

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   BAKER

 
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- Glenn Gregory (chant, choeurs)
- Martyn Ware (claviers, prog, choeurs)
- Ian Craig Marsh (claviers, prog, choeurs)
- Greg Walsh (prog)
- Nick Plytas (claviers)
- Ray Russell ( guitare)
- John Wilson (guitare)
- Mo Foster (basse)
- Phoenix Horns (cuivres)
- Michael Harris (cor)
- Caron Wheeler (choeurs)
- Claudia Fontaine (choeurs)
- Naomi Thompson (choeurs)


1. Five Minutes To Midnight
2. Sunset Now
3. This Is Mine
4. The Fuse
5. Shame Is On The Rocks
6. The Skin I'm In
7. Flamedown
8. Reputation
9. ...and That's No Lie
- bonus Track Du Remaster
10. This Is Mine (cinemix)
11. And That's No Lie (remix)
12. Counterforce 2
13. Sunset Now (extended)



             



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