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Giorgio MORODER - Electric Dreams (1984)
Par BAKER le 3 Juillet 2018          Consultée 242 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

1984 est l'année de l'explosion du clip. Nul artiste ne peut désormais s'en passer, et depuis la double révolution BUGGLES / Michael JACKSON, les apprentis clippeurs ont eu deux solides années pour se faire les dents. Et de grands noms s'apprêtent à sortir du bois : Russell Mulcahy, David Fincher... et encore au-dessus, intouchable, le tout jeune Steve Barron. Il n'a qu'une poignée d'années d'activité, et peu de clips, mais ils ont tous eu un impact certain sur le public : "Africa" de TOTO, "Run To You" de Bryan ADAMS, "Let Me Go" de HEAVEN 17. Parallèlement, la maison de disques (entre autres) Virgin, après le prog pastoral de Mike OLDFIELD et le punk de 1977, tente de surfer sur la vague de la new-wave à l'aide de quelques grands noms dont CULTURE CLUB ou HUMAN LEAGUE, et son patron Richard Branson toujours en quête de nouveaux territoires à défricher veut se lancer dans la production cinématographique.

La découverte du script de Rusty Lemorande va permettre ce qu'on peut appeler une convergence des astres. Un scénario propice à des extraits musicaux à foison, un réalisateur surdoué qui a carte blanche, une maison de production naïve et aux poches percées, de jeunes acteurs brillants à l'alchimie non feinte (la sublime Virginia Madsen ayant ouvertement avoué être tombée amoureuse de Lenny Von Dohlen pendant le tournage), une équipe technique de tueurs, et une histoire mélangeant un sujet éternel (le trio amoureux) et un phénomène de société naissant (la domotique). Ne manque plus qu'un coordinateur musical solide pour consolider tout ça : enter Giorgio MORODER, fraîchement sorti du succès - non, du cataclysme Flashdance.

Cette longue introduction pour vous parler d'un film que, vous l'aurez deviné, j'adore. Electric Dreams a bien sûr quelques défauts, mais c'est un véritable festival de bonbons acidulés multicolores, une histoire drôle avec un personnage facétieux et culte, un réalisateur qui se fait plaisir avec une mise en scène pétillante et souvent audacieuse, un rythme soutenu mais jamais abrutissant, et côté musique un festival de tubes. La BO du film a plusieurs avantages : elle vous replonge dans l'esprit léger du film dès les premières notes, mais peut aussi vous faire danser et chanter si vous ne l'avez jamais vu.

Les artistes présents sont tous excellents et complémentaires. Deux galaxies s'affrontent : MORODER et CULTURE CLUB. Ces derniers signent sous leur nom deux chefs-d'oeuvre absolus des années 80 : "Love is Love" est un slow TUANT de glucosité contagieuse (les fans du film ne pourront pas s'empêcher de rajouter le "bip-bip" manquant sur le disque) et "The Dream" est juste un bijou de sensibilité, minimaliste, original, prouvant que ce groupe était largement sous-estimé. Ils ne sont pas venus seuls : leur choriste Helen TERRY braille joyeusement un "Now You're Mine" infectieux, et la délicieuse PP ARNOLD a l'honneur de chanter le morceau générique, d'ailleurs composé par... Boy GEORGE.

De l'autre côté, MORODER en fait des caisses. Les deux instrumentaux représentent la quintessence des années 80 dans ce qu'elles ont de plus kitsch mais aussi de plus touchant. Le duel violoncelle/soundchip sur un menuet de BACH est irrésistible, malgré un milliard de défauts flagrants, et le thème de Madeline est un tire-larmes hydraulique à double moteur et suspension active. Enfin, pour la chanson finale qui est le clou du spectacle, MORODER s'acoquine avec le chanteur de HUMAN LEAGUE pour un single qui même de nos jours (coucou Guillaume Aubert !) fait un carton en radio - alors même que personne ne connaît le film !

On rajoutera deux invités de dernière bourre : Jeff LYNNE en mode débridé qui utilise ses techniques de production si identitaires à fond les manettes, et HEAVEN 17 qui offre un instrumental décapant, en réalité un remix d'une récente face B. A noter qu'avec cet album, vous avez du coup Phil OAKEY *ET* HEAVEN 17 réunis sur une même galette. Le tout se laisse écouter onctueusement, avec des frissons de plaisir. Evidemment, si vous êtes allergique à la synthpop et à tout ce qui est généralement reproché à la "génération MTV", restez loin, très loin de ces 34 minutes de plaisir honteux. Et encore : "The Dream" à elle seule pourrait vous faire changer d'avis.

Sorti en deux fois dans une confusion totale, ne trouvant absolument pas son public et ses marques, acculé à tort dans la niche du "film pour geek" de la même manière que Tron (Wargames est l'unique film ayant échappé à cette malédiction), Electric Dreams a fait un bide, échaudant Virgin Movies pour longtemps, et renvoyant Steve Barron à ses amours avec le clip musical. Et quel clip ! L'année suivante, il signe "Take On Me" de A-HA, certainement le vidéo-clip le plus emblématique de toutes les années 80. Les artistes continueront leur petit bonhomme de chemin, le film lui sombrera dans les oubliettes jusqu'à récemment, où sa sortie en blu-ray a permis à un public de redécouvrir ce petit joyau sans prétention. Public anglophone, puisque le film reste inédit en France depuis la disparition de la V.H.S. Dommage, le doublage français augmentait encore sa qualité d'un cran. Those were the days...

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1. Pp Arnold - Electric Dreams
2. Jeff Lynne - Video
3. Culture Club - The Dream
4. The Duel
5. Helen Terry - Now You're Mine
6. Culture Club - Love Is Love
7. Heaven 17 - Chase Runner
8. Jeff Lynne - Let It Run
9. Madeline's Theme
10. Phil Oakey & Giorgio Moroder - Together In Electri



             



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