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- Style : BjÖrk

Emiliana TORRINI - Crouçie D'où La (1995)
Par ERWIN le 28 Novembre 2018          Consultée 218 fois

Emiliana TORINNI Davíðsdóttir est une chanteuse prodige ! Asséné comme ceci, je dois vous paraître excessif non ? L'artiste islandaise jouit d'une belle réputation et fait une carrière Internationale enviable,, mais en terre hexagonale, c'est la dèche ! Pourtant, vous connaissez presque tous son grain de voix si proche par moment de sa compatriote BJORK Gudmunsðottir, et c'est d'ailleurs en la remplaçant sur la "Gollum's song" - je vous ai reconnu vous tous qui pensiez qu'il s'agissait d'ENYA ! - du Seigneur des Anneaux qu'elle a acquis un début de célébrité mondiale.

Née d'un père italien et d'une mère islandaise à Reykjavik, Emiliana chante très tôt, et débute rapidement par écumer avec divers groupes les nombreux bars de la capitale islandaise. Découverte par le patron de One Little Indians, elle va chanter un temps avec GUSGUS, groupe électro majeur de la scène islandaise, puis se lance dans une carrière solo depuis Londres. Ce Crouçie d'ou là - inspiré de Krúsídúlla : "Mignonne", en le francisant - est donc son premier opus. Vous allez voir qu'il s'agit avant tout d'une revue de détail de ses capacités vocales. On y trouve quasiment de tout !

Et nous disons donc « dans tous les sens » ! Du classique de la pop pour débuter : "Crazy Love" ou comment reprendre un standard de Van MORRISON en le faisant sien de manière simple et modeste. Il n'y a aucune tentative de faire "impression" dans cette version ou la douceur se mêle à la classe pour tirer la substantifique moelle de la compo. Plus loin, la "Tomorrow" de Paul WILLIAMS est bien tournée, avec ce qu'il faut d'éléments sensuels pour faire vivre la compo comme son pater le souhaitait. Mais j'ai plus fort : sur "The Man With The Golden Gun", on se prend à regretter que la jeune islandaise ne fût pas née lors de la sortie du flm pour interpréter ce titre de John BARRY avec une déconcertante facilité, tant la version de LULU est inexistante à coté. S'en est presque choquant tellement elle fait fort. Et quelle belle orchestration !

Elle est aussi tout à fait capable de jouer les divas du jazz blues vocal, voyez plutôt sa performance sur le "Today I sing The Blues" d'Aretha FRANKLIN, ça déchire mais oui ! D'ailleurs, la "Miss Celie's blues", tirée de la BO La Couleur Pourpre et si difficile à chanter, de Quincy JONES et Lionel RICHIE tient ici invraisemblablement bien la route, malgré l'évidente difficulté de ce choix quasi suicidaire pour la plupart des chanteurs. Qui plus est, elle va faire plaisir aux puristes en reprenant "Bad Luck Woman" de MEMPHIS MINNIE. Et elle a bon goût en plus du reste!

Notre jeune fille est aussi une distinguée linguiste - Elle cause Japonais en plus de son islandais natal, de l'italien paternel, de l'anglais et du français -. Son japonais passe fort bien sur le classique "I" des nippons de PIZZICATO FIVE. La performance est comme dab superbe de bout en bout. Nul besoin d'être multilinguiste cela dit pour chanter "Aaaa", qui se présente comme une suite de vocalises sur la première lettre de l'alphabet. Techniquement, c'est abouti et finalement très sensé. Un bel exercice de style. La voix y est d'une justesse extrême.

Mais on l'entend aussi pousser résolument son organe sur "Find it" de manière beaucoup plus agressive, entre AOR et des envies plus alternatives, sur une compo de Phillips et Kantor, les musiciens du cinéaste Russ Meyer. Ok, elle sait donc faire ça aussi ! Dans un genre diamétralement opposé, la voici qui se débrouille magnifiquement sur le rock'n'roll hyper enlevé de SPECKLE RED "The Dirty Dozen", pas la moindre faiblesse à déplorer, mais d'ou sort cette nana ? Heu... "d'ou là" ?

Quelle voix ! Non mais nom de Dieu, quelle voix ! Sur que certains parmi vous seront surpris en la découvrant. La petite sœur artistique de BJORK débute donc ici sa carrière, avec cet album de reprises qu'elle se plait aujourd'hui à carrément déconsidérer. Pourtant il faut lui reconnaître un talent d'interprète incroyable, ce quel que soit le genre. La carrière ne s'envole pas encore tout à fait cela dit, il va falloir prouver que le talent se trouve aussi dans la créativité artistique ! En attendant, un premier opus plein de promesses et qui donne envie d'en savoir plus !

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   ERWIN

 
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- Emilíana Torrini (chant)
- Jón Ólafsson (piano, vibraphone)
- Jóhann Hjörleifsson (batterie, percussions, marimba)
- Guðmundur Péturssongui (tare)
- Sigurður Sigurðsson (munnharpa)
- Róbert Þorhalsso (basse)
- Haraldur Þorsteinsson (basse sur 2, 4, 6 & 9)
- Snorri Valsson (trompette)
- Magnús Jónsson (tap dance)


1. I'm A Bad Luck Woman
2. Crazy Love
3. The Man With The Golden Gun
4. Today I Sing The Blues
5. I
6. The Dirty Dozen
7. Tomorrow
8. Find It
9. Miss Celie's Blues
10. Aaaa



             



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