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MANFRED MANN'S EARTH BAND - The Roaring Silence (1976)
Par JESTERS TEAR le 14 Janvier 2019          Consultée 686 fois

Mick Rodgers s’est envolé tel un oiseau, une libellule ou un évadé fiscal, mais le groupe de Manfred Mann ne compte pas du tout en rester là. Il a sorti trois albums majeurs (et vaccinés) à la suite, et il n’a pas prévu de s’arrêter en si bon chemin, Rodgers ou pas Rodgers. On a perdu le guitariste ? C’est pas grave, on en trouve un autre ! C’était aussi le chanteur ? C’est pas grave, il savait pas chanter ! (je suis mauvais, j’avoue, désolé Mickey). Pour remplacer le front-Mann (il fallait que je la fasse), Dave Flett prend la guitare solo, et Chris Thompson la rythmique et surtout, le chant.

Et béni soit ce jour, mes enfants, parce que le gars Thompson a de la voix, lui. C’est peut-être la raison pour laquelle certains considèrent ce nouveau chapitre du MANFRED MANN’S EARTH BAND comme moins progressif et plus commercial, arrêtant l’âge d’or à l’album précédent. Bordel, ils ont mit un chanteur qui sait chanter, ces vendus ! Si ça c’est pas de la démarche commerciale, je m’appelle plus Jean-Sébastien !

Mais foin de leurs hennissements, je le déclare tout haut, The Roaring Silence, sorti en 1976, est le meilleur que le groupe ait commis jusque là, et peut-être même jusqu’à maintenant. Vous me croyez pas ? Ben écoutez le titre d’ouverture, une reprise de SPRINGSTEEN (on change pas une équipe qui gagne, même en changeant son équipe) qui nous fait totalement oublier le Boss et Rodgers par la même occasion. On y découvre l’organe de Chris Thompson (je parle de sa voix, bande de pêcheurs), on y retrouve la maîtrise du groupe pour les reprises alambiqués, et Dave Flett balance un solo qui prouve bien qu’il n’a rien à envier à son illustre prédécesseur. Bien que le refrain soit tubesque, le développement du titre est assez déjanté pour qu’il soit difficile de parler de démarche commerciale, et en plus ça dure 7 min. Au risque de trahir mes origines portugaises, je ne peux faire qu’un constat : c’est de la patate.

Et pour ceux qui croiraient que ce morceau d’anthologie, un des plus connus du groupe, est le seul intérêt de la galette (je te vois venir, Jean-Seb), « Singing The Dolphin Through », le deuxième titre, est un autre chef d’œuvre. Un titre éthéré s’ouvrant sur une voix féminine divine qui restera omniprésente, malgré la preuve de maîtrise de Thompson dans ce registre plus calme. Dave Flett aussi fait chanter son instrument avec feeling, et les deux compères transforment l’essai avec doublette. Les arrangements sont riches, intelligents, et un solo de sax de l’invitée Barbara Thompson (aucun lien avec Chris, ce qui est surprenant, étant donné le peu de Thompson dans le monde) conclue le titre en douceur et beauté.

Vous voulez encore une preuve qu’il n’y a aucune raison de pleurer le départ de Rodgers ? « The Road To Babylon » est un autre joyaux s’ouvrant sur des chœurs féminins totalement épiques, avant que Thompson ne nous enchante une nouvelle fois de sa voix rocailleuse sur un couplet où on peut noter une basse très plaisante au milieu d’arrangements fouillés. Les chœurs féminins passent par ici et repasseront par là, et Flett se lance dans un solo monstrueux et lyrique. Encore un morceau sublime, où la relève se montre largement à la hauteur.

Nous voilà rassurés sur la qualité des remplaçants. Et Mann alors ? Il se fait oublier ? Que nenni ! Ecoutez plutôt « This Side Of Paradise », où ses solos de claviers sont sidéraux et sidérants ! Flett place bien quelque saillies, mais Manfred les posent sur la table bien comme il faut, et y’a pas de doute, c’est lui le taulier ! Bon, et le morceau fait moins de 5 min, mais c’est un exemple de titre à la fois complexe et accessible. Car même les morceaux les plus courts sont intéressants ici. « Stardbird » s’ouvre sur des voix qui s’entremêlent à la manière d’une chorale (celle du chanteur officiel se fait bien remarquer d’ailleurs) avant de partir sur une escapade instrumentale hyper rythmée où la section rythmique montre son talent solide tandis que les solistes se lancent (remarquez cette beauté verbale) dans un duel endiablé, avant de revenir à la mélodie chorale avec d’autres voix et d’autres arrangements. Enfin, « Questions », la seule ballade à proprement parler de la livraison, nous montre que Thompson sait y faire dans l’émouvant et le dramatique (Hamlet est son deuxième prénom après tout, et je déconne même pas). Les arrangements sont encore une fois très soignés pour un ensemble superbe.

Oui, mais et les instrumentaux ? Y’en avaient pleins dans Nightingales And Bombers ! Pleure pas, Jean-Jean, je te présente « Waiter, There’s A Yawn In My Ear », un instrumental aussi sophistiqué que son titre, où tous les musiciens s’en donnent à cœur joie sur un ensemble assez jazz rock très réussi.

Si avec tout ça, vous êtes pas convaincus que The Roaring Silence est un chef d’œuvre majeur tant pour le groupe que pour le rock progressif en général, que la démarche commerciale est encore laissée loin derrière avec des morceaux complexes pour la majorité, et que Chris Thompson mérite un culte, je sais plus quoi faire pour vous. Mais pour moi, je sais. Me le repasser. Ou peut-être écouter son successeur, qui n’est pas piqué des hannetons non plus !

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   JESTERS TEAR

 
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- Manfred Mann (claviers, choeur)
- Chris Slade (batterie, choeur)
- Colin Pattenden (basse)
- Dave Flett (guitare)
- Chris Thompson (chant, guitare)


1. Blinded By The Light
2. Singing The Dolphins Through
3. Waiter, There's A Yawn In My Ear
4. The Road To Babylon
5. This Side Of Paradise
6. Starbird
7. Questions



             



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