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MANFRED MANN'S EARTH BAND - Glorified Magnified (1972)
Par JESTERS TEAR le 12 Septembre 2018          Consultée 199 fois

Le deuxième album de MANFRED MANN’S EARTH BAND sort seulement quelques mois après leur premier album éponyme, prouesse impensable de nos jours mais fréquente en ce temps-là (je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne pourraient connaître que s’ils avaient encore 20 ans de plus... Oula, ça sonne moins bien). Cette rapidité nuit-elle gravement à la qualité de l’album ? Aucune idée, mais une chose est sûre, la réussite n’est pas vraiment au rendez-vous de cette galette.

Avant de développer, je voudrais préciser que seuls deux titres sont des reprises sur cet album, 3 si l’on compte "One Way Glass" provenant des œuvres anciennes de Mann. Sur 10 titres, c’est assez peu pour être une exception chez ce groupe adepte des covers (c’est comme reprise, mais en anglais). En attaquant la discographie du Earth Band, j’ai pris la décision d’écouter les chansons telles qu'elles se présentent dans l’album, et de ne pas prendre en considération dans mon appréciation le fait qu’elles soient des reprises ou non, pas plus qu’une quelconque comparaison avec leurs versions originales. Pourtant, sans que cela influe sur ma notation de cet opus, il me paraît important de faire remarquer que les 3 morceaux que je viens d’évoquer sont… les 3 meilleurs de l’album (c’est mesquin pour le groupe, mais il faut voir les choses en face, n’en déplaise aux égyptologues).

En effet, dans ce L.P. plus encore que dans leur précédent, l’ensemble sonne foutraque. Plus live band que jamais, le groupe nous délivre une pelletée de titres blues rock remplis ras-la-gueule de jams instrumentaux qu’on sent tout droit sortis d’improvisations scéniques. Alors c’est peut-être sympa en live, mais en studio, l’intérêt est très limité, d’autant que les compositions sont loin d’être inspirées (la palme d’or de l’indigestion revient à « Meat », single d’ouverture, sorte de twist/rock presque intégralement instrumental au point qu’on se demande pourquoi ils ont mis du chant sur les 30 premières secondes pour faire croire qu’on aurait droit à une vraie chanson). Les autres titres du même acabit, sans atteindre toutefois le niveau de médiocrité de « Meat », sont « Look Around », « I’m Gonna Have You All », « Down Home », et « Our Friend George ». Mick Rogers y montre qu’il est un guitariste à la technique impressionnante, mais le feeling n’y est pas, et ses solos en sont souvent ennuyeux comme la pluie (du calme amis Bretons, du calme). De plus, le fait qu’il soit un chanteur très moyen limite encore l’intérêt de morceaux qui n’en avaient déjà pas beaucoup.

Vers la fin de l’album, on a droit à deux instrumentaux : d’abord « Wind » (la bien-nommée), où Manfred s’amuse presque en solo avec les sonorités de ses claviers pendant presque 2 minutes. Ce n’est pas désagréable à écouter, on sent le potentiel que Mann développera par la suite au Moog, mais l’intérêt est encore une fois limité. Ensuite, le morceau éponyme qui clôture l’album se rapproche assez de la bouillie infâme, dominé par des claviers au son immonde pendant la première minute avant que la basse et la guitare ne fassent leur entrée. Les choses s’arrangent un peu à partir de là, mais c’est pas non plus Byzance. Vers la fin, apparaissent des chœurs épiques et planants qui apportent un peu de valeur ajoutée, mais ça ne suffit pas à sauver le titre, et encore moins l’album.

Je finis par le positif, les 3 titres restants. Ils ont, en plus d’être des reprises et les seuls morceaux vraiment sympa de l’album, un autre point commun. Ils sonnent folk, avec un son de guitare acoustique bien présent, et des harmonies vocales qui ne cassent pas trois pattes à un ornithorynque, mais sont les bienvenues sur un L.P. qui pêche énormément au niveau vocal. Ce sont les seuls morceaux qui ne partent pas dans des jams dénués d’intérêt, et les solos de guitares y sont enfin inspirés et mélodiques. Il y a donc « One Way Glass », déjà mentionnée au début de la chronique, « Ashes To The Wind », titre composé par Charyl Edmonds et Jonah Thompson (c’est qui ? pas la moindre idée), et « It’s All Over Now, Baby Blue » de Bob Dylan (lui aussi inconnu au bataillon, évidemment). Attention, on ne tient là aucun chef d’œuvre, juste des morceaux plaisants à écouter, ce qui, considérant le reste, n’est déjà pas si mal.

Vous l’aurez compris, je n’aime pas cet album. Peut-être suis-je à côté de la plaque et ne comprends-je pas la beauté des jams ici présents, car il est vrai que le style n’est déjà pas ma tasse de thé, mais j’en ai entendu d’autres qui me semblaient bien plus intéressants. Ici, le tout me paraît juste fade et gonflant, ce qui n’était pas le cas du premier album, plus varié et plus inspiré à tous les niveaux, même celui du chant. Si vous êtes rendu dingues par mon infamie et que vous adorez cette ambiance live cradingue, vous pouvez aller rectifier le tir dans les commentaires. Moi perso, je ne peux pas mettre plus de 1 puisque j’ai mis 2 au premier opus largement supérieur, et que trois titres sympas sur dix, ben ça fait un mauvais album, voilà.

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   JESTERS TEAR

 
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- Manfred Mann (claviers, chant)
- Mick Rogers (guitare, chant)
- Collin Pattenden (basse)
- Chris Slade (batterie)


1. Meat
2. Look Around
3. One Way Glass
4. I'm Gonna Have You All
5. Down Home
6. Our Friend George
7. Ashes To The Wind
8. Wind
9. It's All Over Now, Baby Blue
10. Glorfied Magnified



             



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