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MANFRED MANN'S EARTH BAND - Messin (1973)
Par JESTERS TEAR le 6 Octobre 2018          Consultée 145 fois

On est en 1973 (je sais qu’on est en 2018, c’est pour vous mettre dans le contexte, faîtes un effort que diable !), et le MANFRED MANN’S EARTH BAND sort son troisième album en trois ans, parce que les gens étaient comme ça, à l’époque : ils avaient les cheveux longs et ils sortaient des albums tous les ans. Le line up est toujours inchangé, ce qui montre un groupe soudé même pour les 70’s. Le titre de l’album est Messin’, ce qui prit littéralement ne serait pas très bon signe quant à la qualité du disque.

D'ailleurs, quid de cette qualité (ouais je balance du latin, j'suis un mec comme ça) ? Le premier album éponyme était un peu foutraque mais au demeurant sympathique, le deuxième Glorified Magnified semblait faire un pas en arrière et était à mon humble avis un échec, alors celui-là, ça donne quoi ? Le suspense étant insoutenable pour tout le monde (y’a eu un grand bruit derrière le mur, je crois que ma voisine s’est évanouie), je vais y mettre fin de ce pas : Messin’ est un bon album. Le son comme la composition se sont précisés, affinés, au point qu’on a enfin l’impression de tenir un LP studio, comparé aux deux premiers qui sonnaient extrêmement live.

Cela ne veut pas dire que les passages instrumentaux ont disparu, loin de là ! Le premier titre éponyme en est la preuve. Seulement, tout sonne plus fluide, plus composé, moins improvisé. La guitare de Rogers, se fait enfin mélodique, harmonieuse, maîtrisée. Heureusement, étant donné que le titre fait 9 minutes et qu’une bonne moitié en tout est consacrée à ses solos. Le reste laisse place au chant du même Rogers, qui lui aussi est bien plus efficace que sur l’album précédent où il était très médiocre, avec un refrain de chœurs féminins répétitif et addictif. Certes, le titre est un peu longuet, mais, sans doute grâce à cette nouvelle fluidité, l’ennui ne s’installe pas véritablement.

« Buddah », le second titre, reste dans ces eaux qu’on peut qualifier de progressives. Il commence tout en douceur, le chant domine, encore une fois efficace, un refrain agrémenté de chœurs prend la suite, suivi d’un thème très réussi à la guitare, le tout se répétant une seconde fois comme si on avait droit à un format traditionnel de chanson (je voulais pas dire commercial, y’a des allergiques au terme). Mais finalement, la rythmique change, la basse se fait d’ailleurs jouissive, et the Mann se lance dans un solo de Moog. Lui aussi se fait plus fluide et plus inspiré que sur ses précédents essais, le résultat est enthousiasmant, et pose enfin véritablement la base de ce qui sera une de ses signatures. Ces deux titres montrent clairement la transition du groupe vers un nouveau style plus planant et prog.

Autre manifestation de cette transition, deux instrumentaux éthérées peuplent l’opus : « Cloudy Eyes », totalement dominé par une guitare aérienne (c’est aérien, du coup ça domine, c’est d’une logique implacable comme disent les rugbymen philosophes). L’ensemble est peut être un peu répétitif mais c’est tellement beau que cela ne pose aucun problème. « Sad Joy » est un autre instru à la guitare aérienne, cette fois agrémenté de chœurs qui font lalala de façon jolie (quelle belle plume !). C’est une nouvelle réussite, le feeling et la beauté sont de mise.

Avec « Get Your Rocks Off » (encore une reprise de DYLAN, tiens donc) on revient un peu plus au style blues rock des albums précédents, mais avec un bon niveau, chant, chœurs et guitares étant tous efficaces, c’est assez énergique et court, ça donne un peu de punch à l’album qui était jusque là à tendance très planante. « Black and Blue » est une reprise de CHAIN (dont je peux dire avec certitude que c’était probablement un groupe), qui lui aussi regarde vers le passé du groupe tout en restant inspiré. La guitare bluesy et le chant agrémenté de chœurs qui est un des trademarks de l’album sont aussi efficaces qu’ailleurs, et on a droit à une longue plage éthéré ou le maître égrène les notes aux claviers, avant de revenir au chant et de finir en fade out sur un passage de guitare en revanche dispensable à mon sens.

L’album fini sur un morceau court (3 min étant court comparé à la majorité des titres), « Mardi Gras Day », une reprise de Dr John Créaux, dont l’ambiance est bien évoquée par le titre. C’est festif, avec des percussions et des chœurs carnavalesques, et c’est très sympa, même si ça contraste pas mal avec l’ambiance générale de l’album.

Vous l’aurez compris, Messin’ est un bon en avant pour le groupe. Un album de transition qui délaisse le blues rock jammeux des origines pour se tourner vers un univers plus progressif, plus mélodieux et planant, qui fera les beaux jours du groupe pendant les trois albums suivants, considérés par beaucoup comme formant l’âge d’or du groupe. Ma notation hésite entre le 3 et le 4, mais le groupe ayant encore une bonne marge de progression devant lui, je resterai sur un 3, mais un bon gros 3 bien méritant qui veut dire 3,5.

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   JESTERS TEAR

 
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- Manfred Mann (claviers)
- Mick Rogers (guitare, chant)
- Colin Pattenden (basse)
- Chris Slade (drums)


1. Messin'
2. Buddah
3. Cloudy Eyes
4. Get Your Rocks Off
5. Sadjoy
6. Black And Blue
7. Mardi Gras Day



             



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