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MANFRED MANN'S EARTH BAND - Solar Fire (1973)
Par JESTERS TEAR le 24 Octobre 2018          Consultée 596 fois

Avec leur déjà quatrième album, le groupe MANFRED MANN’S EARTH BAND, constitué de Manfred Mann et de son Earth Band, prend enfin en route le wagon lit à baldaquin (ça existait pas, mais ça aurait dû !) du rock progressif, comme énormément de formations dans le première moitié des années 70. Nous sommes bien en 1973 quand sort ce Solar Fire, avec sa pochette astrale assez révélatrice de la musique que renferme la galette. Et si l’album précédent, par ailleurs leur premier vraiment réussi, laissait déjà étendre l’orientation prog planante du groupe, c’est dans celui-ci que ce style s’affirme véritablement. Ce L.P. ouvre d’ailleurs ce que les progueux considèrent comme l’âge d’or du groupe, tout simplement parce que c’est à ce moment-là qu’il faisait la musique qu’ils aiment (« parce que si c’est moins prog, c’est moins bon, m’voyez ? »).

Déjà, rien qu’en regardant la liste des titres, on sait qu’on a affaire à du prog. Pourquoi ? Facile, y’a un morceau de 10 min, et un titre en deux parties ! (ce petit intermède éducatif honteusement cliché et réducteur vous a été offert par Forces Parallèles, merci, de rien, oubliez pas le pourboire). Mais, au milieu de tous ces sarcasmes, je n’ai toujours pas dit le principal, et le principal se résume à une question qu’on entend souvent dans le cinéma populaire nocturne : Est-ce que c’est bon ?

Ben oui Lucette, c’est bon ! L’atmosphère qui domine l’ensemble des titres est spatiale, grâce aux sonorités de claviers du maître, mais aussi au traitement de la voix, aux chœurs féminins planants et à une façon de composer qui donne un effet céleste, astral, à l’ensemble. Je parle d’ensemble, parce que justement, l’album est un bloc cohérent et presque uniforme, contrairement aux précédents essais du groupe qui variaient les styles. Ici, tous les titres développent des ambiances rock et spatiales, avec profusions de passages instrumentaux planants mais parfois aussi plus techniques.

D’ailleurs, deux des pistes sont instrumentales, et je vais commencer par elles parce qu’on ne le fait jamais et qu’il y en a marre de cette discrimination. « Pluto The Dog » est court, et c’est un classique malgré ou peut-être grâce à ses bruitages ridicules d’aboiements de chien. Manfred s’y amuse aux clav’, et ça ne manque pas de qualité en dépit du manque de sérieux, par exemple avec la basse rythmique qui groove sa mémé. L’autre à un titre beaucoup trop long (une autre caractéristique du prog) pour que je l’écrive, mais est plus sérieuse, c’est une fête à la guitare qui monte en intensité rock sur un groove répétitif mais efficace dans sa première partie. Puis on part sur des terres plus mystiques dans la deuxième partie, avec cette fois-ci un clavier dominant la partie soliste planante, pour rappeler c’est qui le patron qui a mis le groupe à son nom, avant de partir dans une cavalcade où les deux instruments se lancent dans une joute endiablée très réussie.

« Father Of Day, Father Of Night », « Solar Fire » et « In The Beginning, Darkness » partagent les mêmes caractéristiques, avec des parties de chant répétitives qui donnent un côté litanique à la musique, des chœurs féminins donnant la réplique au chant de Rogers, entrecoupés de passages instrumentaux tantôt planants, tantôt plus musclés. Ce sont ces trois titres qui affichent véritablement le son et l’ambiance qu’on retiendra de l’album. Après, on n'a pas trois fois le même morceau, il y a des différences, « In The Beginning, Darkness » étant le plus proche du rock, avec sa basse plus énergique que les autres morceaux et « Father Of Day, Father Of Night » étant quant à lui l’exemple parfait du long titre planant qui est une réussite totale.

Bon, il se trouve que c’est une reprise de DYLAN, pour changer, mais le morceau est tellement chargé d’une identité propre qu’on peut en faire abstraction. Tout fonctionne sur cette piste. Les chœurs féminins presque religieux qui ouvrent le tout, l’arrivée d’un orgue synthétique superbe, une mélodie mélancolique sublime, puis le chant répétitif magique… Le long solo de guitare est magistral, un chef d’œuvre de guitare astrale, le solo de moog vers la fin du morceau est bien chouette aussi. C’est fou parce que c’est lent, ça dure presque 10 min, et pourtant, on ne s'ennuie pas une seconde. Parce que tout y est réussi, tout y est beau, harmonieux. C’est pas compliqué, on croirait mon portrait fait en musique. Le seul regret, c’est que le meilleur morceau soit le premier de l’album.

Le titre en deux partie conclut quant à lui l’opus. « Earth, the Circle part 1 » semble au départ sortir de l’ambiance astrale (JEU DE MOTS EN APPROCHE, PREPAREZ-VOUS A L’IMPACT) pour un rock plus terre à terre (comptez les survivants, caporal), mais y retourne bien vite avec un solo de Moog spatial. A propos du Moog d’ailleurs… Si son utilisation est une marque de fabrique du groupe et ravira les amateurs, il faut bien admettre que cet instrument n’a pas l’avantage, comme le vin ou George Clooney, de se bonifier avec l’âge. C’est pour cela que ce titre en deux parties est moins réussi que le reste : il est saturé de ses sonorités, et qu’elles ont pris un sacré coup de vieux. Si on arrive à passer outre, on a cependant droit à deux bons morceaux, mais pas très marquants en ce qui me concerne.

Au final, les progueux n’ont pas tort, c’est un superbe album. La guitare y est reine, les claviers y sont rois (pour une fois, c’est la reine qui est polygame comme ça, hop, ça change un peu). Signalons également l’efficacité de la base rythmique qui insuffle un groove jouissif à un ensemble qui aurait pu manquer de substance étant donné le caractère spatial omniprésent. Bon, après, on va pas se mentir, il faut être dans de bonnes dispositions pour écouter l’album d’une traite sans finir par trouver le temps long, mais quand même beaucoup moins que ce qu’on pourrait croire. Un solide 4.

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- Manfred Mann (claviers, chant)
- Mick Rogers (guitare, chant)
- Colin Pattenden (basse)
- Chris Slade (batterie)


1. Father Of Day, Father Of Night
2. In The Beginning, Darkness
3. Pluto The Dog
4. Solar Fire
5. Saturn, Lord Of The Ring/mercury, The Winger Messe
6. Earth, The Circle Part 1
7. Earth, The Circle Part2



             



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