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1978 Watch

MANFRED MANN'S EARTH BAND - Watch (1978)
Par LE KINGBEE le 24 Mars 2016          Consultée 1260 fois

Il y a de quoi se perdre dans la discographie de Manfred MANN. D’après mes comptes, ce bon vieux Manfred compte à son actif environ 75 compilations. Revenons très brièvement sur le parcours de cette figure de la Pop Rock.
Manfred Mann, de son vrai nom Michael Lubowitz, nait en 1940 à Johannesburg. Il passe une partie de son adolescence en Afrique du Sud et à Vienne en Autriche. En 1961, il débarque à Londres et fonde le Mann-Hugg Blues Brothers avec le batteur Mike Hugg. Signé par EMI en 1963, le groupe change de nom et évolue sous l’appellation MANFRED MANN. Durant les sixties, le claviériste accumule les succès : « 5-4-3-2-1 » qui devient l’indicatif de l’émission « Ready Steady Go », « Doo Wah Diddy Diddy », un véritable carton adapté dans chaque pays (chez nous, c’est Sheila qui s’y colle. Quelle tristesse !), « Come Tomorrow », « Pretty Flamingo », « Semi-Detached Suburdan Mr. James », « Ha Ha Said The Clown » jusqu’à la reprise de Dylan en 68 avec « The Mighty Quinn ». En 1969, après des changements de line-up préjudiciables, la formation splitte et devient MANFRED MANN CHAPTER III orientant son répertoire vers une combinaison de Jazz Pop tendance Free. En 1971, création du MANFRED MANN’s EARTH BAND avec quelques succès à la clef : les albums « Messin’ » et « Solar Fire ». Durant l’été 76, Mann décroche un Number One avec « Blinded By The Light » reprise du Boss SPRINGSTEEN.
Par respect pour la santé mentale de nos lecteurs, on n’épiloguera pas sur la flopée de musiciens ayant participé à l’aventure Manfred Mann. Citons simplement les principaux : les chanteurs Paul Jones (ex Roosters), Mike d’Abo, le chanteur guitariste Mick Rogers (ex THE VISION et BULLDOG), le saxophoniste guitariste Klaus Voormann, le bassiste Jack Bruce, le batteur Chris Slade (ex Tom JONES et futur membre d’ASIA, THE FIRM, AC/DC) ou le guitariste Chris Thompson (futur ALAN PARSONS, STEVE HACKETT, MIKE OLDFIELD).
Pour corser le tout, la formation aujourd’hui s’est divisée en deux parties distinctes avec d’un côté le Manfred Mann’s Earth Band et de l’autre The Manfreds, formation dans laquelle se sont regroupés d’anciens membres : Mike d’Abo, Paul Jones, Mike Hugg, Tom McGuinness, le batteur Rob Towsend. A l’heure où j’écrivais ces lignes, MANFRED MANN'S EARTH BAND se produisait en Allemagne tandis que l’agenda des Manfreds annonçait 8 concerts en Angleterre. Difficile de s’y retrouver, un chien n’y retrouverait pas ses petits. Toujours est-il que les deux groupes surfent sur leurs succès d’antan et qu’il ne semble pas y avoir de collisions juridiques ou financières entre eux, chose rare pour être signalée à une époque où l’argent prime sur tout.

« Watch » est enregistré en 1977 au Work House studio de Londres, le propre studio de Manfred Mann. Le groupe y a donc ses repaires. Si ce studio londonien sert de base à Manfred Mann, l’endroit est assez prisé. Ian Drury vient d’y enregistrer « New Boots And Panties ». En 1977, on est au début des vagues New Wave et Post Punk qui vont déferler dans toute l’Europe. Les tendances Rock Prog font de moins en moins recette auprès des nouvelles radios qui poussent comme des champignons. Les grands groupes de Rock Prog doivent faire face à ces changements de mode souvent en simplifiant leur répertoire, en incorporant des mélodies moins longues et plus accrocheuses, en clair en rendant leur répertoire plus accessible.
« Watch » sort dans les bacs en février 1978, à peu près à la même époque que « Gone To Earth » de BARCLAY JAMES HARVEST, « The Grand Illusion » de STYX, « Encore » de TANGERINE DREAM ou de « Rockpommel’s Land » de Grobschnitt. A l’instar d’ALAN PARSONS PROJECT, BARCLAY JAMES HARVEST, ELECTRIC LIGHT ORCHESTRA ou de STYX, MANFRED MANN’S EARTH BAND va enregistrer avec ce nouvel opus un répertoire très “friendly-radio”, pour résumer un mélange de Rock Prog Pop plus commercial. Le concept de la pochette est confié à un jeune peintre suédois Michael Sanz, fan du groupe. Le visuel décline un homme de dos, courant sur la piste d’un aéroport, les bras levés comme pour s’envoler tel Icare.
Premier constat, peu d’originaux parmi les sept plages (une chanson regroupe deux titres), mais il n’y a là rien de vraiment surprenant, Manfred Mann s’étant spécialisé dans les reprises reconstruites, le groupe parvenant souvent à se réapproprier des morceaux obscurs. Mann n’a jamais été un compositeur prolifique, il a toujours préféré déléguer le travail d’écriture à ses comparses. L’organiste délivre néanmoins une composition « Chigago Institute » dans laquelle les synthés sont omniprésents, aidés par une belle rythmique et un bon break de guitare. Le batteur Chris Slade contribue à « Drowning On Dry Land » commençant sous la forme d’un Folk Prog avec guitares semi acoustiques et guitare rythmique, le chant volontaire de Thompson apporte de l’ampleur. Cette première partie bourrée de contrastes peut s’apparenter à du JETHRO TULL sans flûte. Ce titre est curieusement couplé à « Fish Soup », œuvre instrumentale du guitariste Dave Flett. Troisième et dernière composition, « California », une douce pépite de Sue Vickers, l’épouse de Mike parti depuis des lustres. Les thèmes de la séparation et de l’amour perdu servent de trame au morceau, Mann s’avère être un maître des claviers parfois plus rapide que son guitariste.
Au chapitre des reprises, « Circles », une composition d’Alan Mark ancien chanteur de Mickey Finn, ouvre le bal en plaçant les synthés de violons sur orbite. Manfred Mann se réapproprie « Martha’s Madman », titre des Serfs, un obscur folk band du Kansas. Les orgues montent crescendo apportant d’incessants changements de rythmes propulsés par le chant de Thompson. Terminons ce panorama par les deux gros succès du disque : « Davy’s On The Road Again », œuvre de Robbie Robertson et John Simon, deux anciens du Band. Le titre enregistré en 1970 par John Simon sous le titre de « Davey’s On The Road Again », est à peine reconnaissable ici. Mann ne se contente pas de changer Davey en Davy, il se réapproprie la chanson. Le bonhomme transfigure une purge de première en hit international. Il suffit parfois de peu de choses : un refrain entraînant, des guitares toujours à la relance, des textes métaphoriques incluant des thématiques écolos, environnementales et mystiques, et hop le tour est joué ! Le titre sera classé dans la plupart des charts européens. Dernier coup de canon avec une énième version de « Mighty Quinn » en version Live. Ce titre de Dylan fait office de chanson fétiche pour Manfred Mann depuis 1968. Accommodée à des sauces indigestes (Ian & Sylvia, The Hollies, The Ventures, Lulu, Solomon Burke), cette pépite n’aura connu que quelques versions acceptables (Julie London, Garry Puckett & The Union Gap, et même FRANCIS CABREL). La présente version avec de bons breaks de guitare, des claviers intenses et un chant envoûtant, restera probablement comme le chef-d’œuvre de Manfred Mann.
38 ans après sa sortie, « Watch » n’a pas pris une ride et demeure un disque délicieusement intemporel et le meilleur de l’organiste. Reste à savoir sous quelle étiquette on doit le ranger. Rock Prog ? Pop Rock Prog ? Peu importe en fait, mais il me semble qu’on peut le classer dans sa discothèque entre STYX, BARCLAY JAMES HARVEST et ALAN PARSONS PROJECT. Soit du Prog. Easy Listening.

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   LE KINGBEE

 
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- Manfred Mann (claviers, chœurs)
- Chris Hamlet Thompson Chant, Guitare)
- Dave Flett (guitare)
- Chris Slade (batterie, percussions)
- Pat King (basse)


1. Circles.
2. Drowning On Dry Land/fish Soup.
3. Chicago Institute.
4. California.
5. Davy's On The Road Again.
6. Martha's Madman.
7. Mighty Quinn.



             



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