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SUROîT - Suroît (1993)
Par MARCO STIVELL le 12 Février 2019          Consultée 838 fois

Contre vents et marées, à moins que ce ne soit grâce à eux, SUROÎT publie son premier véritable album en ce début d'années 90 et en tant que groupe neuf, sous son propre nom. On se souvient bien sûr du tout premier 33 tours, à la fin des années 70. Depuis, parti des Îles de la Madeleine, le groupe est passé de local à un rayonnement plus fort dans le milieu québecois. À la fin des années 80, la transition commence déjà par la publication d'un deuxième disque au format cassette : Si l'amour prenait racine. Introuvable aujourd'hui, si une âme charitable pouvait d'ailleurs me faire part d'une possibilité d'acquisition !...

Le groupe, de quatuor, passe à cinq membres, avec comme en 1989, la présence d'un batteur comme membre additionnel. Des débuts, il y avait encore deux membres originels il n'y a pas si longtemps, mais Bertrand Deraspe décide de partir deux ans avant la publication de Suroît, l'album, suivi par le bassiste Michel Leblanc, arrivé une décennie plus tôt. Seul reste Alcide Painchaud, pilier indéfectible, de même qu'Henri-Paul Bénard, dont la voix, les pas de danse et la musicalité sont un point fort du groupe depuis 1978, juste après la finalisation du premier 33 tours. Les autres nouveaux membres sont Kenneth Saulnier aux guitares/banjo, Réal Longuépée à la basse et Félix Leblanc, violoniste-chanteur.

Les voix de Leblanc et Bénard dominent déjà sur ce disque dont la production éclatante (enregistrement géré par John Holbrooke) marque l'avènement du nouveau SUROÎT. Au niveau de la musique, c'est pareil. Le groupe alterne arrangements d'airs traditionnels avec quelques compositions personnelles, dont Saulnier et son épouse Rachel sont responsables la plupart du temps. Treize morceaux dont deux instrumentaux, tous éléments d'une unité remarquable. Le travail d'Alain Sauvageau, autre musicien additionnel et directeur musical, est à souligner également.

Le premier 33 tours acoustique et simple paraît si loin à l'écoute de "Mystificoté", dès son introduction majestueuse mêlant basse, banjo et synthétiseurs vaporeux avec une production bien d'époque et répandue dans le milieu folk-rock. Ce même type d'instrumentation, augmentée par une batterie tout sauf additionnelle contrairement à ce que veulent les crédits, ainsi que de violons, mandolines, pianos, accordéon, harmonica, osselets etc est idéalement servi par une réalisation qui n'éloigne point un SUROÎT devenu grosse machinerie musicale de la tradition.

Les "mots-nomatopées" tels qu'on en trouve sur fond de bluegrass énergique ("M'en allant par Saulnierville Station" avec de l'anglais) se joignent à ceux de jolies complaintes ("Mystificoté"), auxquelles Painchaud, Bénard et les autres apportent un groove ou un effet reggae qui ne dénature rien. Le groupe porte dans sa besace des morceaux fédérateurs, parfaits pour que le public des concerts se joigne aux choeurs forts : "Les filles de Larochelle", "La danse du samedi soir"... Il y a, sur "L'amour est dur" et "Les bons souvenirs", des galanteries, des mélodies et textes langoureux charmants, encore moins susceptibles de plaire aux amateurs de la première heure, toutefois.

Les solos de guitare par Saulnier sont rares (le cajun "Hé Yaille Yaille", "La rose" avec aussi ce piano électrique génial) mais révèlent un feeling superbe. Leblanc au violon nous charme autant qu'au micro. Il y a le bel instrumental délicat "Quand deux violons chantent", co-écrit et interprété avec Saulnier (cette variation en mode mineur à la fin !), mais il y a aussi ce "Beau Robert", chant mélancolique et fantastique partagé entre rythme pop, accordéon, roulements de mandoline et arpèges de guitare acoustique funky. Une grande réussite du groupe !

D'autres éléments mettent la puce à l'oreille : "Saint-Sauveur", l'instrumental "Salut Cap Breton", excellents dans leurs arrangements et leurs développements parfois inattendus. "Saint-Sauveur" passe d'une danse irlandaise à l'autre en jouant de sa richesse sonore. Sans être un groupe de rock progressif, SUROÎT montre combien il est capable de voir plus loin. En tout cas, par sa diversité et son niveau de qualité évident d'un bout à l'autre, l'album de 1993 est une référence !

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   MARCO STIVELL

 
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- Félix Leblanc (violon, chant, pieds)
- Réal Longuépée (basse, chant)
- Kenneth Saulnier (banjo, guitares, mandoline, violon, chant)
- Henri-paul Bénard (chant, mandoline, osselets, harmonica, gui)
- Alcide Painchaud (pianos, synthétiseur, accordéon, chant)
- Richard Perrotte (batterie, percussions)
- Alain Sauvageau (synthétiseur, piano, effets, arrangements)


1. Mystificoté
2. Léo
3. Beau Robert
4. Les Filles De Larochelle
5. Hé Yaille Yaille (disco Fait Dodo)
6. Salut Cap Breton
7. M'en Allant Par Saulnierville Station
8. Saint-sauveur
9. Les Bons Souvenirs
10. L'amour Est Dur
11. La Rose
12. La Danse Du Samedi Soir
13. Quand Deux Violons Chantent



             



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