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Alain BASHUNG - En Amont (2018)
Par LE BARON le 14 Mars 2019          Consultée 464 fois

Des albums posthumes, il en existe de plusieurs sortes : albums finis ou presque, sortant juste après le décès de l’idole (HALLYDAY, Mon Pays c’est l’amour, 2018) ; albums live permettant de faire revivre une époque à peu de frais en siphonnant le porte-monnaie des fans inconsolables (ZAPPA, à peu près tout ce qui suit Civilization, Phaze III, 1993) ; et puis il y a le cas plus problématique des albums de fonds de tiroir, de prises écartées en leur temps, qu’elle qu’en soit la raison. Face aux fonds de tiroir, les ayants droit ont deux possibilités : publier la matière brute (ZAPPA, à peu près tout ce qui suit Civilization, Phaze III, 1993), ou la confier à un producteur / arrangeur / réalisateur, charge étant donnée à ce dernier de retravailler les morceaux. La personne choisie doit idéalement être légitime pour les fans. Cela peut être un musicien ou un producteur avec lesquels le défunt avait travaillé.

En Amont appartient à cette dernière catégorie. Composé de 11 titres inédits*, il s’agit à l’origine de maquettes enregistrées depuis l’époque de L’Imprudence jusqu’à celle de Bleu Pétrole. BASHUNG en enregistrait beaucoup : des nouvelles chansons, des reprises. Il en mettait de côté, pour plus tard, ou pour jamais. Les chansons que nous entendons ici ont donc été écartées, puis retravaillées par Edith Fambuena. Comme le plan média accompagnant l’album nous l’a expliqué partout, Fambuena a largement contribué à Fantaisie Militaire (1998). Dans l’absolu, ce n’est pas rien. Et dans le cas qui nous occupe, cela lui donne la fameuse légitimité validant une démarche artistique plutôt que strictement commerciale. A cet égard, il faut d’ailleurs reconnaître à Chloé Mons, la dernière femme de Bashung, de ne pas nous avoir inondé de disques depuis la mort de son bonhomme. Reconnaissons-lui également d’avoir fait appel à Edith Fambuena, alors qu’elle aurait pu, finalement, confier ces maquettes à n’importe quel boucher.

Seulement voilà. Alain BASHUNG, on l’a beaucoup aimé et pleuré. D’abord de son vivant, parce que le bonhomme vous touchait comme peu par sa musique, par ses textes, par sa drôle de présence scénique. Et puis à sa mort parce que, ben... globalement, c’est quand même con, la mort.

Edith Fambuena est certainement honnête et son rôle difficile. Elle s’empare des titres et tente de les faire sonner. Elle respecte les éléments de l’univers de BASHUNG, période Bleu Pétrole : guitares sèche et électrique, nappes de cordes. Elle prend soin de respecter un certain univers sonore, mais du coup pêche par manque d’ambition. Et on ne voit pas bien comment elle aurait pu faire autrement. Car eût-elle lâché la bride à son imagination qu’on l’aurait accusée de trahison. Mais en se conformant à un certain style, elle empêche le tout de décoller. Choix cornélien, choix impossible, et qui explique sans doute pourquoi cet album ne fonctionne pas vraiment. Disons-le autrement : rien n’est mauvais, rien n’est vraiment bon. En fait, tout est tiède, agréable, mais sans plus. On sauvera éventuellement « Les Salines », en précisant que la voix de BASHUNG, affaiblie et déjà d’outre-tombe, y est pour beaucoup. Et pourquoi pas « Montevideo » ou « Les Arcanes », mais pour le reste ?

Pour BASHUNG, se renouveler après L’Imprudence, son grand oeuvre, aura été une gageure. Il n’y est pas forcément parvenu de son vivant, il n’y parvient pas depuis sa tombe. Parions qu’En Amont sera rangé sur l’étagère, à côté de Bleu Pétrole, et rarement écouté. On le sortira tout de même de temps à autre, avec le secret espoir d'être passé à côté, de ne pas l’avoir compris. Puis, déçu, on le rangera jusqu'à la fois d’après. Comme Bleu Pétrole, au fond.

Edith Fambuena est certainement une musicienne de qualité. Elle a fait son travail avec honnêteté et n’a pas à en rougir. Mais la démarche était sans doute vouée à décevoir dès le début. Ressusciter les morts n’est pas à la portée de n’importe qui.


*11 titres, dont les textes sont écrits par Dominique A., Armand MELIES, Mickaël FURNON, etc. Tous se tiennent. Aucun n’atteint cependant l’étrange beauté des textes de Jean Fauque, que BASHUNG malaxait au gré de son inspiration, découpant des phrases, inversant des mots.

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   LE BARON

 
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- Alain Bashung (voix, guitare)
- Edith Fambuena (guitares, basse, programmations, harmonica)
- +++
- Vincent Bouchet (basse)
- Dominique A (guitare acoustique)
- Alexis Anerilles (bugle, choeurs)
- Doriand (clap, choeurs)
- Tatiana Mladenovitch (tambourins)
- Raphaël (guitares, basse, programmations)
- Arman Méliès (guitares, basse)
- Marie Lalonde (guitare)
- Guilhem Valayé (guitare)


- en Amont
1. Immortels
2. Ma Peau Va Te Plaire
3. La Mariée Des Roseaux
4. Elle Me Dit Les Mêmes Mots
5. Les Salines
6. Montevideo
7. Les Arcanes
8. Seul Le Chien
9. Les Rêves Du Vétéran
10. Un Beau Déluge
11. Nos âmes à L'abri



             



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