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- Membre : Biosphere / Deathprod, Supersilent

DEATHPROD - Occulting Disk (2019)
Par JOVIAL le 19 Décembre 2019          Consultée 331 fois

DEATHPROD sort un nouvel album. Retour inattendu, inespéré même, quinze ans après la sortie de Morals and Dogma en 2004. D'autant plus inattendu lorsque l'on s'appelle Helge STEN, homme fort occupé s'il en est, entre un métier de producteur (notamment pour les labels Rune Grammofon et Hubro, ou en compagnie du trio rock MOTORPSYCHO), une collaboration toujours fructueuse à SUPERSILENT et ainsi que de multiples autres projets en Norvège comme ailleurs. Mais quel diable a-t-il donc été capable de le faire sortir de sa retraite prématurée ? L'intéressé lui-même parle en interview d'un spectre tenace, qu'il nomme le fascisme. "À une époque où les connaissances n'ont jamais été aussi facilement accessibles, la race humaine semble moins vouloir se tourner vers l'empathie et la compassion, mais plutôt vers la persécution, la violence et le sectarisme" déclarait-il encore récemment. Occulting Disk est ainsi "un rituel anti-fasciste", un poing dressé face à "l'insondable dévastation qui est en cours". Sur le livret interne figure également un excellent texte du chanteur américain Will OLDHAM à ce sujet.

Comme à l'habitude, l'œuvre est une succession de pistes abstraites, de sons rugueux et d'expérimentations électroniques, évidemment sans aucune parole. On s'éloigne néanmoins des vastes étendues de Morals and Dogma. Les textures sont désormais âpres et lourdes. DEATHPROD dévoile une musique monolithique, un drone massif et écrasant. Une chape de plomb s'abat sur l'auditeur et ce n'est pas qu'une simple métaphore. Absolument rien ne filtre, la lumière du disque solaire ne parvient plus et l'on se retrouve presque haletant, guettant à l'affût derrière les persiennes, désespérément seul dans l'obscurité qui s'étale.

Car le Norvégien nous ouvre ici les portes d'une dimension cauchemardesque. Ce quatrième effort recèle des moments d'une grande noirceur. La violence est omniprésente et insidieuse. Corps et esprits souffrent. Il y a ici comme un sentiment de perte de contrôle, d'impuissance face une force inconnue, immense, implacable, qui se répand, s'infiltre partout, sous la peau, dans les chairs, glaçant jusqu'à la moelle. Le vide grandit autour de nous. Il n'y ici ni hymnes, ni défilés, ni discours, juste une peur abrutissante, de la brutalité pure qui brise et soumet.

Helge STEN ouvre par un tir de semonce. "Disappearance / Reappaerance" explose dans la boîte crânienne, raclant l'os de ses moindres résidus de cervelle éclatée. DEATHPROD poursuit ensuite par une série d'"Occultation", huit variations sur un même sujet d'ambient métallique et angoissant. Vagues minimalistes et vertigineuses, sirènes lointaines et géhennes électriques nous mènent à une longue descente aux enfers. Les sens se brouillent. La fièvre ne fait qu'empirer jusqu'au "Black Transit of Jupiter's Third Satellite", déluge sonore indescriptible et insoutenable qui achève de détruire nos dernières lignes de défense. "Occultation 8" reprend et la nuit, la dernière, est définitivement tombée.

Il y aurait tout de même deux-trois choses à reprocher à Occulting Disk. N'est-il pas un petit peu trop extrême ? N'est-il pas un peu trop long ? Passée l'angoisse des premiers instants, difficile de ressentir autre chose que de l'impatience à l'écoute de "Disappearance / Reappaerance" et "Occultation 1". Même remarque concernant "Black Transit of Jupiter's Third Satellite" que l'on ne s'infligera sans doute guère plus d'une fois. Et après plus d'une heure de drone éprouvant, "Occultation 8", pourtant très bien, paraîtrait presque en trop.

Que retenir donc de cet album ? Bien que l'ossature puisse parfois rappeler celle de Treetop Drive (1994), le style a radicalement évolué en comparaison de Morals and Dogma. C'est plutôt un bon point. Néanmoins, Occultation Disk n'a pas cette capacité à mobiliser durant toute sa durée, notamment du fait des problèmes évoqués plus haut. Pas moins facile d'accès que n'importe quelle autre œuvre de DEATHPROD, il lui manque de ce petit élément qui nous ferait tenir en haleine d'un bout à l'autre. Un retour intéressant donc, mais loin d'être le meilleur de la discographie du Norvégien.

Note réelle : 3,5/5

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- Helge Sten (tout)


1. Disappearance / Reappearance
2. Occultation 1
3. Occultation 2
4. Occultation 3
5. Occultation 4
6. Occultation 5
7. Occultation 6
8. Occultation 7
9. Black Transit Of Jupiter's Third Satellite
10. Occultation 9



             



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