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Jean-louis AUBERT - Bleu Blanc Vert (1989)
Par MARCO STIVELL le 15 Février 2020          Consultée 192 fois

Le deuxième album d'AUBERT N'KO est souvent présenté comme un disque plus écolo, plus sentimental aussi, avec raison car ce sont deux aspects qui s'entremêlent avec une certaine force.

Avec le même effectif mais un Baron plus présent aux claviers (on peut entendre le piano de Marine Rosier facilement sur "Ils cassent le monde" et "Je n'veux pas te faire de mal"), le son reste, pour partie au moins, dans les tons du premier album tout en allant vers autre chose. Textuellement comme en musique, après le plâtre et le ciment, le choix de titre de l'album annonce la pose de la peinture et des couleurs plaisantes, disons plus "mûres".

Le cynique "Locataire" mène cette approche écologique avec subtilité, comme les titres suivants abordant, chacun à leur façon, le même sujet. "Univers", "Le bout du rouleau", "Ils cassent le monde", "Le long de l'eau" avec sa poésie nostalgique ("...courent les frissons de mon passé") sont assez d'exemples qui font dire que beaucoup d'idées ici séduisent sans mal, et ça fait du bien.

En parlant de nostalgie, comment passer à côté de "Voilà c'est fini", chanson de rupture aussi jolie qu'efficace, où le détachement se trouve tempéré par le désir de recommencer... Sons de guitares acoustiques, claviers présents mais sans chichis, pop californienne constituent une belle formule, reprise ensuite sur "Univers", titre excellent aussi (ah, la basse, la guitare tremolo...) mais non pas devenu un passage obligé des concerts du sieur Jean-Louis, au contraire de "Voilà c'est fini".

Plusieurs styles se côtoient comme la funk, sans invité(e)s de marque cette fois mais mieux gérée sur "Locataire", "Etrange" aussi en plus lent, premier titre "à ambiance". AUBERT s'accorde avec son temps et remplace ou double souvent la batterie de Richard Kolinka par des boîtes à rythmes hip-hop.

"Alternative" en est fortement imprégnée, et si Daniel Roux s'illustre bien à la basse, on n'en dira pas autant des choeurs indigents. En tout cas, ne reprochons pas à Jean-Louis AUBERT de tester, d'être inventif y compris dans les effets de guitare en tous sens. Une richesse musicale bienvenue quoique pas toujours justifiée.

Certains morceaux tirent en longueur, et puis il y a parfois des contrastes épineux. Par exemple, "On peut s'aimer", le morceau-sketch d'une dispute de couple avec Guesch PATTI, plein de vociférations et d'insultes, entre les deux douceurs inspirées que sont "Le bout du rouleau" et "Sid'aventure" (mmh cette guitare en feedback et cette intro planante !). Paul PERSONNE vient faire un solo sur cette dernière et les choeurs de PRINCESS ERIKA sont extrêmement beaux.

Autre star, Axel BAUER vient apporter grandement au son de "Attentat", brûlot anti-terroristes bien senti. C'est le titre le plus direct de l'ensemble, à la faveur des enfants, mais aussi l'un des meilleurs. Les riffs de guitare orientaux, les percussions qui s'emballent à la fin contribuent beaucoup à cela. Dans le même style, "Le grand saut" est déjà plus contestable, la faute à des synthés-cuivres encore abusifs dans le son, pareil sur d'autres morceaux.

L'album est long, nous sommes bel et bien passés au format CD. L'anecdotique "Musica maya", blues brésilien (?) se laisse écouter, mais continue de faire pâle figure aux côtés d'un "Voilà c'est fini", d'une pop-folk-reggae avenante ("Le bout du rouleau") et d'un final d'album aussi fort et dense que le tandem "Je n'veux pas te faire de mal" / "Ex-rat terrestre". La tendance calembour adoptée par AUBERT est (trop) souvent présente dans sa carrière, mais ce dernier titre est excellent aussi bien dans son arrangement de guitare que pour sa verve et sa progression. Dominée par le piano, "Ils cassent le monde" fait preuve de qualités similaires.

Un disque bancal mais qui garde toujours de nombreuses raisons de l'écouter.

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   MARCO STIVELL

 
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- Jean-louis Aubert (chant, guitares)
- Richard Kolinka (batterie)
- Daniel Roux (basse)
- Le Baron (claviers, programmations)
- Marine Rosier (piano)
- Feedback, Louis César Ewande (percussions)
- Axel Bauer (choeurs, guitare, claviers)
- Paul Personne (guitare solo)
- Princess Erika (choeurs)
- Guesch Patti (voix)


1. Locataire
2. Voilà C'est Fini
3. Univers
4. Etrange
5. Le Bout Du Rouleau
6. On Peut S'aimer
7. Sid'aventure
8. Le Grand Saut
9. Ils Cassent Le Monde
10. Alternative
11. Musica Maya
12. Attentat
13. Le Long De L'eau
14. Je N'veux Pas Te Faire De Mal
15. Ex-rat Terrestre



             



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