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WILD NOTHING - Laughing Gas (2020)
Par RICHARD le 11 Février 2020          Consultée 183 fois

Il est comme ça le petit Tatum. Lorsque la Muse le taquine un peu trop fort, il nous sort de dessous sa casquette de baseball quasiment, comme par surprise, un cinq titres. Il faut bien reconnaître pour l'instant que la panne sèche, le brillant Virginien, il ne connaît pas. WILD NOTHING a déjà soufflé en 2019 ses dix petites bougies dream pop d'existence et la verve artistique du projet n'a pas du tout l'air pour l'instant de vouloir se tarir. Qui va s'en plaindre? Pas moi, bien au contraire ! Après Indigo, le plus que convaincant dernier album sorti à la fin de l'été 2018, l'Américain en ce début d'année se rappelle à nous. Comme pour chaque nouvelle livraison, l'unique question que l'on doit se poser pointe avec assurance non pas le bout de son nez mais sa tête entière. Ces vingt minutes seront-elles de nouveau un plaisir de pop subtile et efficace en diable ?

Ce n'est un secret pour personne, WILD NOTHING est nostalgique des années 80. Ce n'est aucunement de l'opportunisme, encore moins à la vue du peu d'écho qu'il rencontre, mais une simple déclaration d'amour. Ce quasi fétichisme vient même se nicher dans le support proposé. En effet, ce L.P nous rappelle lui aussi l'époque où la parution de quelques titres servait à nous faire patienter entre la sortie de deux opus. Pour la collectionnite aiguë, c'est plutôt bien, mais pour ce satané portefeuille, c'est beaucoup plus douloureux. Les morceaux exposés sont donc issus des sessions d’enregistrements d'Indigo. Le chanteur compositeur pour ce quinté rêveur sur le papier a donc opté pour des ambiances sophistiquées et de haute précision. Ce sont celles qu'il affectionne particulièrement depuis Life On Pause (2016), l'album avec lequel il a emprunté de nouvelles voies moins directes qu'à l'accoutumée.

Le leader semble avoir définitivement tiré un trait sur ce qui faisait le sel de ses premières productions. L'incarnation américaine réussie de la pop mélancolique anglaise. Ces lointains souvenirs se matérialiseront une toute dernière fois dans « Blue Wings » qui à travers son introduction et cet enrobage sans équivoque de claviers rappelleront la bande de Robert SMITH ou de Peter HOOK, c'est selon. Il faudra donc s'y faire. WILD NOTHING a grandi. En volant de ses propres ailes, il en a profité pour se débarrasser de ses références pourtant délicatement passées au tamis de son talent. Et patatras, c'est bien ici que pour moi le bât blesse. C'est le premier faux pas du projet. Que l'on soit bien d'accord. Il n'y a rien de blâmable à aller voir ailleurs, explorer de nouvelles contrées sonores. C'est le propre normalement de tout artiste. Tatum nous en avait apporté la preuve avec le très réussi « Empty Estate ». Mais ici, avec ces quatre titres restants, il manque assurément la petite chose qui vous fera aimer Laughing Gas, instantanément ou après de multiples écoutes.

Il demeure toutefois un fait intangible. Tatum aime le travail bien fait, léché, mais ce n'est pas suffisant. Alors, pourquoi cette déception ? A trop vouloir faire table-rase de son récent passé et en voulant renouveler à tout prix son univers, Tatum en oublie l'essentiel : les émotions. L'introductif « Sleight Of Hand » à ce titre est particulièrement révélateur. L'Américain sonne ouvertement comme du PREFAB SPROUT, la saveur sucrée en moins. On y retrouve en apparence les mêmes ambiances faussement basiques et réellement complexes chères au génial Paddy MCALOON mais allez savoir pourquoi, la mayonnaise pop ne prend pas. On reste à la surface du morceau, comme étranger. Les claviers et la basse bien ronde sont pourtant bien accueillants mais Tatum ne fait pas la différence. Idem pour «Foyer». Les synthés sont énormes et cette ambiance so 80's, même si elle se veut décalée, ne rappellera que les titres les plus faibles de WILD NOTHING déjà parus. S'il y a une promesse d'espoir, elle viendra sans conteste d'un titre comme « The World is a Hungry Place » où le saxo et la mélodie sensuels vous emmènent facilement vers des envies d'ailleurs.

Le fan de WILD NOTHING pourra considérer Laughing Gas soit comme une inquiétante perte d'inspiration, soit comme l'exposition malheureuse des titres les plus faibles de la période Indigo et qui auraient dû rester dans le tiroir. J'opte volontiers pour la deuxième situation car Tatum n'est aucunement représentatif de cette pop plate.

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   RICHARD

 
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1. Sleight Of Hand
2. Dizziness
3. Foyer
4. Blue Wings
5. The World Is A Hungry Place



             



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