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WILD NOTHING - Nocturne (2012)
Par RICHARD le 27 Avril 2020          Consultée 380 fois

Parfois, j'ai la nette impression que la date de sortie d'un disque se marie parfaitement avec la saison de sa parution. C'est bien en effet la sensation que j'ai eue à l'écoute du deuxième album de ce projet essentiel de la sphère dream pop sorti à la fin du mois d'août 2012. En effet, malgré son nom, Nocturne m'a toujours semblé porter en lui un véritable souffle de fraîcheur de fin de journée. Un peu comme celui qui permettra à vos corps et esprit de respirer enfin et de faire de ces heures torrides plus qu'un lointain souvenir. En ces temps d'été passé, WILD NOTHING par son approche hautement mélodique et sa capacité à faire de ses influences marquées non pas un poids mais plutôt un atout s'est rapidement trouvé en tête de wagon du train emportant avec lui les amoureux de pop nostalgique.

Je ne sais pas s'il existe également une prétendue malédiction ou une difficulté majeure concernant la création d'une deuxième galette, mais à l'écoute de ces onze titres, je crois bien que pour les Américains, ce sentiment peut rapidement être balayé d'un revers de la main. En effet, en plus de nous proposer une pop haute couture, ce grand fou de Jack Tatum se paye le luxe de nous exposer une nouvelle palette sonore. Alors oui, le groupe ne passe pas des ambiances moroses façon CURE que l'on retrouvait sur GEMINI, le premier album, à une sorte d'incarnation industrielle virginienne du type de EINSTURZENDE NEUBAUTEN, il ne faut pas exagérer non plus. On demeure toujours dans des espaces serre-cœur mais avec cette sensation nouvelle de brise et de luminosité. Le seul titre qui renvoie donc quelque peu à cette pop maussade et réussie est bien l'atmosphérique «Paradise». Les curieux peuvent également jeter un œil au vidéoclip à l'esthétique terriblement lo-fi dans lequel apparaît la discrète actrice Michelle WILLIAMS.

Si WILD NOTHING délaisse Robert SMITH ou NEW ORDER, c'est assurément pour mieux se concentrer sur une pop toujours anglaise et mélodieuse mais encore plus aérienne. Il ne faut pas dès lors s'étonner d'effectuer un voyage dans le temps et de se retrouver face à Johnny MARR et tous les poulains de l'écurie SARAH RECORDS. Encore une fois, si le groupe ne craint pas d'afficher ses influences, il n'est pas pour autant un Tribute Band qui resterait prisonnier de ses modèles. Le morceau titre se pose là comme parfait exemple. Le jeu de guitare laisse peu de doute. L'ombre du guitariste des SMITHS plane, mais Tatum a l'intelligence de renforcer le côté direct de ces notes par l'ajout bien senti d'une rythmique vibrante. Ce qui frappe à l'écoute de Nocturne, c'est le soin apporté aux arrangements. Je ne parle pas nécessairement de richesse mais plutôt de précision. De la douceur contagieuse des cordes présentes sur l'introductif « Shadow » aux touches de guitare carillonnante que contient « Midnight Song », Tatum est à l'évidence un faiseur de pop élégante.

Un autre fait marquant de Nocturne, c'est que l'Américain sans les abandonner entièrement a mis un peu de côté les synthés et la réverbération qui caractérisaient son univers depuis « Summer Holiday » son premier single paru en 2009. Ces quarante-cinq minutes sont dédiées à la guitare qui sculpte avec grâce des mondes sensibles. On retrouve bien des pulsations synthétiques sur le langoureux « Rheya », mais c'est tout. Elles ne sont plus l'ossature. WILD NOTHING à l'image de l'indie-pop du début des années 90 auprès de laquelle il prend source marie cordes et émotions. Tatum alterne encore une fois avec une belle prestance titres apaisés comme l'angélique « Through The Grass » et morceaux plus enlevés typiquement indie (le parfait « Disappear Always ») qui vous donne envie de chausser vos Richelieu et de porter un cardigan ouvert sur chemise fleurie.

WILD NOTHING propose une nouvelle fois un album de pop fluide et subtile. Une nouvelle pierre posée au solide édifice des discrets Américains.

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   RICHARD

 
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- Jack Tatum (chant,guitare,basse)
- Michael Skattum (batterie sur 'midnight song)
- Jeff Curtain (batterie sur les autres titres)


1. Shadow
2. Midnight Song
3. Nocturne
4. Through The Grass
5. Only Heather
6. This Chain Won't Break
7. Disappear Always
8. Paradise
9. Counting Days
10. The Blue Dress
11. Rheya



             



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