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SIOUXSIE AND THE BANSHEES - Seven Year Itch (2003)
Par RICHARD le 3 Avril 2020          Consultée 166 fois

C'est sur la plage du festival belge de Zeebrugge en juillet 1995 que SIOUXSIE AND THE BANSHEES donnèrent leur dernier concert. Celui-ci mettait un point final à presque vingt ans d'une carrière qui figure sans conteste parmi les plus intéressantes de la musique anglaise, voire de la musique tout court. C'est encore plus vrai de la période 1978-1988 qui a quelque chose de littéralement magique. Les Anglais durant cette décennie ont exploré quasiment toutes les contrées musicales possibles. Post-punk, gothique, psychédélisme, pop barrée entre autres, la liste complète serait bien trop longue à écrire. Ils ont réussi avec plus ou moins de bonheur à se réinventer à chaque nouvelle production. En 1995, les BANSHEES sont au bout du rouleau. The Rapture, le dernier album sorti au début de l'année, n'a quasiment eu aucun écho. Il faut reconnaître qu'il n'est pas particulièrement marquant lorsqu'on le compare aux géniaux A Kiss In The Dream House ou Tinderbox par exemple. Ceci étant, l'une des raisons de cette séparation qui se fera dans la rancœur et l'amertume tenaces.

Seven Years Itch comme sept ans de réflexion. Nous voici donc en 2002. Durant cette période, chaque membre a vaqué à ses activités respectives. Siouxsie et Budgie son batteur de mari ont sorti en 1999 avec leur projet des CREATURES le moyen Anima Animus tandis que Severin le talentueux bassiste-compositeur propose d'intéressants albums instrumentaux parus plus que confidentiellement. On n'est jamais dans la tête des gens mais on peut quand même légitimement se demander les raisons de cette réformation qui semblait arriver comme un cheveu sur la soupe. Tant de choses se sont écoulées durant ces années que ces quelques dates de concerts qui visitent les Etats-Unis, le Japon et l'Angleterre sentaient plus la tournée nostalgie et l'appel des livres sterling qu'un réel renouveau artistique. Le temps a confirmé malheureusement cette impression.

Cet album live qui n'est en fait que le second du groupe après le superbe et crépusculaire Nocturne (1983) a été capté le 9 juillet 2002 au Shepherd's Bush Empire de Londres. Il sort également en DVD avec quatre-cinq titres supplémentaires dont les classiques « Happy House »,« Christine » ou « Cities In Dust», stratégie marketing oblige. Nous avions quitté les Anglais en bien mauvaise posture sur le sable belge. La voix de Siouxsie n'avait plus la puissance ni la sensualité de ses belles années, payant ses excès en tout genre et ses compères étaient en pilotage automatique total. C'est peu de dire que le groupe était attendu au tournant. Premier constat en découvrant les morceaux proposés. Les BANSHEES n'ont pas vraiment choisi la facilité en mettant sciemment de côté leurs titres les plus accessibles. La setlist sur la papier est terriblement alléchante. Elle se compose de morceaux rarement joués et de faces-B qui sont à même de susciter l'excitation du fan. La déception n'en est que plus grande.

Deuxième constat, et celui-ci est bien plus cruel et essentiel. Où est passée la voix de l'Ice Queen ? C'est pourtant l'un des principaux attraits du groupe. Siouxsie sans sa voix, c'est un peu MORRISSEY sans glaïeul ou Liam GALLAGHER sans chewing-gum. C'est tout bonnement impensable ! On la recherche toujours d'ailleurs. Pourtant, au début, l'illusion est parfaite. Sur les abrasifs « Jigsaw Feeling » et « Metal Postacard » issus de The Scream (1978), le premier album du groupe, Siouxsie souffle plutôt pas mal comme à son habitude le chaud et le froid. Budgie est toujours aussi habité derrière ses fûts et Severin impeccablement implacable. Le discret guitariste américain Knox Chandler zèbre quant à lui d'électricité tendue cette entame. On croise les doigts. Sept ans comme sept ans de repos salvateur ? Puis patatras ! Sur « Red Light », l'un des morceaux les plus hypnotiques des BANSHEES (écoutez-moi ce son énorme de basse), la voix de la SIOUX s'envole. Cette situation ne souffre d'aucune équivoque à l'écoute de la suite. C'est difficile d'entendre Siouxsie souffrir comme ceci. Pour elle. Pour nous. Et c'est le fan qui vous parle. C'est véritablement un sentiment de gâchis car à l'image des très bons et pesants « Lullaby » et « Lands End » avec un Chandler qui tisse de belles toiles,le monde des Anglais même en 2002 possédait toujours cette attractivité vénéneuse.

A se concentrer uniquement sur la situation attristante qui caractérise maintenant l'Anglaise, on arrive à occulter les quelques points positifs qui existent sur Seven Years Itch car il y en a. Comme la puissance et la force retrouvées des musiciens. On ne refera pas l'histoire. La décennie en or que je mentionnais au début de la chronique n'est plus, mais les trois compères ne déméritent pas pour autant. C'est un fait, les BANSHEES sur scène sont performants. Les gothiques et étouffants « Night Shift » et « Monitor » rappellent opportunément pourquoi ce combo a laissé une indéfectible trace dans les univers sombres mais pas seulement. Même si Siouxsie massacre littéralement les morceaux car ne pouvant plus monter la voix (pauvre « Monitor » mérite t-il vraiment ceci ?), la rythmique endiablée nous invite au coutumier sabbat. Ambivalence des sentiments donc. Comme se dire que la découverte en ce soir d'été londonien de « I Could Be Again », la face- B de « Face To Face », cette dernière apparaissant dans BATMAN Le Défi de Tim BURTON (1992) aurait dû naturellement nous secouer. Ce n'est même pas le cas. La faute à qui ?...Suivez mon regard. Les notes passent, la voix un peu moins, pour rester poli. Idem avec la reprise pourtant belle sur le papier de « Blue Jay Way » des BEATLES. La magie ne veut définitivement pas opérer ! On se prend à imaginer ces morceaux chantés autrement. Tant pis.

Seven Years Itch est sans appel. Les BANSHEES sont là. Siouxsie est aux abonnés absents. Le temps qui passe se révèle parfois particulièrement cruel. A qui est destiné cet album live ? Si c'est au fan, il sera déçu. Si c'est au curieux, il sera sans aucun doute rebuté. En 2020, le mystère demeure toujours entièrement total. Comme quasiment vingt ans de réflexion.

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   RICHARD

 
  N/A



- Siouxsie Sioux (chant)
- Knox Chandler (guitare)
- Steven Severin (basse)
- Budgie (batterie)


1. Pure
2. Jigsaw Feeling
3. Metal Postcard
4. Red Light
5. Lullaby
6. Lands End
7. I Could Be Again
8. Icon
9. Night Shift
10. Voodoo Dolly
11. Trust In Me
12. Blue Jay Way
13. Monitor
14. Peek-a-boo



             



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