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POST PUNK  |  STUDIO

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SIOUXSIE AND THE BANSHEES - Join Hands (1979)
Par ARP2600 le 30 Mai 2014          Consultée 1410 fois

Mais qu'avaient donc tous ces musiciens de post-punk en 1979 ? Cela n'a jamais été un genre bien comique mais cette année-là, on atteint les tréfonds de la dépression, avec plus ou moins de bonheur. Le punk était plutôt une contestation violente, la frange du post-punk qu'on appelle «cold wave» joue, elle, sur le mal de vivre, avec une musique plus lente et oppressante. Le responsable tout désigné de cette orientation qui culmine cette année-là est bien entendu JOY DIVISION... un groupe dont l'influence est incontestable, mais plus au niveau de l'attitude que de l'inventivité musicale.

La première mouture de SIOUXSIE AND THE BANSHEES, comprenant le guitariste-saxophoniste John McKay et le batteur Kenny Morris en plus de Siouxsie et du bassiste Steven Severin, a été un des éléments essentiels de ce style, bien que d'une énergie supérieure à la moyenne. Leur premier album, «The Scream» est sombre et impressionnant. Le deuxième, «Join Hands», venant quelques mois après Unknown Pleasures de JD et à peu près en même temps que 154 de WIRE, montre une ambiance encore plus morose que le premier. Un peu trop, certainement, mais c'est intéressant... Déjà, cette pochette avec des soldats de plomb de la première guerre mondiale, c'est désopilant. L'ouverture «Poppy Day» (le jour des coquelicots, rendant hommage à 14-18 de nouveau), à mourir de rire. Etc. etc., la première face est puissante, insidieuse, morbide, totalement dénuée d'humour. Ce n'est pas facile à écouter, quand même.

Néanmoins, le principal problème de ce disque, et la seule raison de la note basse, est la deuxième face, à mon sens complètement ratée. Elle ne comporte que deux plages, «Mother», une adaptation de la chanson allemande «Oh mein Papa», où il est difficile de dire ce qui est le pire... entendre un musicien de plus taper sur sa mère ou supporter une boîte à musique pendant trois minutes. Le gros de la face est cependant occupé par le quart d'heure de «The Lord's prayer». Pour mémoire, le groupe était né, un soir, au club des SEX PISTOLS, en improvisant un truc improbable ironiquement relié au «Notre père» (avec Sid Vicious à la batterie, en plus). Il paraît que Siouxsie avait déjà épaté la galerie mais la question n'est pas là. Essayer de faire revivre ce moment en album était une erreur... Cela ne fait pas un pli, la musique tourne en rond après deux ou trois minutes et après, on s'ennuie sec malgré le caractère bruyant. On n'est pas sur un album de prog, bon sang... Le bouquet, c'est le massacre de «Au clair de la lune» en plein milieu.

Tant pis, autant considérer Join Hands comme un mini-album (ou un gros EP) de 25 minutes, qui se prendrait alors une note de 4 comparable à celle du premier album. Comme dit plus haut, la musique a déjà évolué. Si «The Scream» était encore un peu punk, on est ici entré dans la cold wave proprement dite. Les chansons sont un peu plus artificielles, l'ambiance est poisseuse, mais la voix de Siouxsie est toujours aussi dérangée et donne une certaine fantaisie à l'ensemble. C'est aussi sur cet album que le groupe préfigure (ou inaugure) vraiment le mouvement gothique. Ici, on parle de corps démembrés, de vaudou, de la nuit, de catacombes, la religion est détournée... cela a dû paraître étrange quand même. Ils amélioreront néanmoins toute cette thématique, ainsi que sa mise en musique, pour leur chef-d’œuvre Juju.

Enfin, citons les chansons les plus marquantes. Le haletant «Regal Zone» semble renchérir sur «Jigsaw Feeling» (d'ailleurs, pour être honnête, ces deux premiers albums ont des structures un peu trop semblables). L'interaction entre le saxophone mystérieux et le chant saccadé y est remarquable. Autre moment parmi les meilleurs du groupe, l'entraînant single «Playground twist» est également la chanson qui annonce le plus le futur du groupe. Un futur qu'une dispute allait rendre différent... McKay et Morris ont quitté Siouxsie peu après la sortie de Join Hands. Le batteur idéal, Budgie, allait cependant vite se présenter et, grâce à Robert Smith, un de leur fans et amis, qui avait inauguré la discographie de THE CURE peu auparavant dans le sillage des Banshees, ils allaient pouvoir tenir le coup avant de trouver un autre guitariste. Join Hands est donc un cul-de-sac dans leur carrière. La première face vaut clairement le coup d'être écoutée bien qu'elle ne soit finalement pas si représentative que ça de leur contribution à l'histoire de la musique.

Note : 2,5

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- John Mckay (guitare, saxophone)
- Kenny Morris (batterie)
- Steven Severin (basse)
- Siouxsie Sioux (chant, piano)


1. Poppy Day
2. Regal Zone
3. Placebo Effect
4. Icon
5. Premature Burial
6. Playground Twist
7. Mother
8. The Lord's Prayer



             



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