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SIOUXSIE AND THE BANSHEES - Kaleidoscope (1980)
Par ARP2600 le 4 Juin 2014          Consultée 1361 fois

C'est étrange tout de même... alors que presque tous les groupes de post punk/new wave ont atteint leur plénitude et sorti leur meilleur album en 1980, ce n'est pas du tout le cas de SIOUXSIE AND THE BANSHEES, qui étaient en pleine transition stylistique à l'époque. Entendons-nous, Kaleidoscope est un bon album, plein d'idées importantes, mais son nom trahit le problème : il est décousu, certains titres ne sont pas très achevés, et les recherches sonores qu'on y trouve peuvent paraître un peu ingrates.

Bien sûr, le départ du batteur Kenny Morris et du guitariste John McKay en septembre 79 a eu un impact important sur le destin du groupe. Siouxsie et Steven Severin ont toujours été les meneurs du projet mais quand même, il faut un certain temps pour se remettre d'une telle amputation. Heureusement, ils ont immédiatement trouvé un remplaçant à la batterie, Peter Edward Clark dit Budgie, qui allait rester jusqu'à la mort du groupe en 1996 et également connaître une relation amoureuse de longue durée avec la chanteuse. Ils n'ont pas perdu au change, il est particulièrement doué avec les tambours et a donné une nouvelle ampleur à leur son.

Le problème du guitariste a été plus épineux. Ils n'ont jamais été capables d'en garder un. Tout d'abord, vu que THE CURE était en tournée avec eux, Robert Smith les a aidés de bon cœur dans un premier temps mais il fallait trouver une solution plus durable, qui n'est arrivée que dans le courant de 1980. Le malheur des uns fait le bonheur des autres... MAGAZINE a été privé de son génial guitariste John McGeoch, mais cela a permis à SIOUXSIE AND THE BANSHEES d'avoir la meilleure formation de leur histoire. Il est cependant arrivé un poil trop tard pour Kaleidoscope : il ne figure pas encore sur la pochette et ne joue en fait que sur cinq des onze titres, les autres ayant été enregistrés à trois ou avec l'aide de Steve Jones (ex SEX PISTOLS).

Quant à la musique, il semble que, confrontés à cette situation instable, Siouxsie et Severin ont conçu des chansons à la pièce, dans divers styles qu'ils appréciaient et voulaient expérimenter. Ce qui sort de cette période de créativité très particulière est nettement plus léger que ce qu'ils avaient composé auparavant et curieusement diversifié. C'est un acte volontaire de leur part, ce titre évoquant une mosaïque de couleurs censées donner un bel effet d'ensemble le prouve. Ensuite, le projet est-il réussi, c'est un autre problème, et tous les amateurs du groupe ne sont pas d'accord à ce sujet. Pour ma part, c'est un peu trop décousu, mais ce n'est pas le problème principal.

Kaleidoscope fait un peu penser à Real to Real Cacophony de SIMPLE MINDS. Ici, les Banshees essayent toutes sortes d'artifices, utilisant pour la première fois des synthés et des orgues, une boîte à rythme, plus divers effets. Rien n'est vraiment raté mais peu de plages sont vraiment brillantes. Ainsi, cet album est sans doute le moins impressionnant qu'ils aient proposé avant leur période pop. Une autre caractéristique du groupe qui avait été laissée de côté jusqu'ici, le punk et la cold wave ne s'y prêtant pas, est qu'ils ne sont pas si doués que ça pour la composition musicale (Steven Severin en premier, donc). Leurs mélodies ne sont pas toujours très variées, l'harmonie est moyenne... c'est plutôt sur le plan du rythme et surtout, avant tout, de l'interprétation qu'est leur force. Dans un disque plus mélodique comme Kaleidoscope, cela se sent plus qu'avant. Il était sans doute trop tôt, l'expérience aidant, leur niveau s'était nettement amélioré à l'époque de Tinderbox et Peepshow.

D'autre part, il y a ici diverses idées de forme musicale qui auront influencé nombre d'autres groupes des années 80. Ainsi, les COCTEAU TWINS comptent manifestement parmi leur premiers grands descendants, et ce sont des titres comme «Desert Kisses» ou «Paradise place» qui le montrent. Autre exemple, DEPECHE MODE, un certain goût pour le blues, apparaissant pour la première fois chez Siouxsie sur «Red Light», a manifestement déteint sur Dahan et Gore. Enfin, on ne peut tout de même pas terminer cette chronique sans citer le clou de l'album, la magnifique «Christine», qui montre plus que toute autre leur fond psychédélique. D'ailleurs, c'est celle-là qui parle de kaléidoscope, ce qui répond manifestement aux BEATLES et leur Lucy.

Finalement, Kaleidoscope est l'album le plus difficile à juger de SIOUXSIE AND THE BANSHEES, plus encore que l'étrange A kiss in the dreamhouse ou les pop Superstition et The Rapture. Il n'est même pas facile de dire s'il est recommandable de commencer par lui ou pas... il est vrai qu'il est un des plus accessibles et qu'il montre diverses facettes de leur talent, mais il ne montre pas assez leur charisme. Non, mieux vaut décidément commencer par Tinderbox et laisser celui-ci pour une visite plus approfondie de leur discographie.

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- Budgie (batterie, harmonica, choeurs)
- Steven Severin (basse, choeurs, guitare, boite à rythme, piano)
- Siouxsie Sioux (chant, guitare acoustique, zills, appareil photo)
- John Mcgeoch (guitares, farfisa, saxophone, synthétiseur, sur 1,)
- Steve Jones (guitare sur 5, 10, 11)
- The Sirens (choeurs sur 8)


1. Happy House
2. Tenant
3. Trophy
4. Hybrid
5. Clockface
6. Lunar Camel
7. Christine
8. Desert Kisses
9. Red Light
10. Paradise Place
11. Skin



             



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