Recherche avancée       Liste groupes



      
POP-COUNTRY-FOLK-SOUL  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


ALBUMS STUDIO

2008 Consider This
2009 Alone
2017 The Project
2020 Heart Theory

E.P

2017 Worth The Wait

SINGLES

2013 Trippin' On Us (+ Singles 2014...

ALBUMS TRIBUTE

2018 The Continuum Project
 

- Style : John Mayer

Lindsay ELL - The Project (2017)
Par MARCO STIVELL le 4 Août 2020          Consultée 1059 fois

Bien que d’un jeune âge (moins de trente ans), chose plutôt amusante, Lindsay ELL a vu déjà s’écouler une presque décennie entre son dernier véritable album et la parution de The Project (2017) alors que, mise à part une période de deux ou trois ans, elle n’a jamais cessé d’être régulière en termes de création.

Ce premier L.P est distribué par Stoney Creek Records chez qui ELL est depuis 2012 ou 2013, avec deux versions de la pochette, l’U.S et la UK/Grande-Bretagne où on la voit tenir une Stratocaster (puisque désormais elle est passée dans l’écurie Fender !) soit classique de couleur crème, soit multicolore. Elle arbore aussi une coiffure, une tenue, et affiche une expression toutes différentes sur l’une et l’autre ; si l’on excepte la Strat, la UK conserve le plus d’avantages !

Kristian BUSH, producteur qui a sorti un album à son nom deux ans plus tôt, est chanteur-guitariste, la moitié de deux duos différents, BILLY PILGRIM avec Andrew Hyra, ainsi que SUGARLAND avec Jennifer Nettles, celle-là même que Lindsay ELL a accompagnée en 2016 pour faire des premières parties (en 2018, elle rempile pour le tandem réuni). Il rassure notre jeune Canadienne-Nashvilloise qui ne sait pas trop comment donner la meilleure orientation à ce disque : on se souvient d’un Consider This (2008), premier effort brillant mais parti dans différentes voies.

En fait, si The Project est le nom d’un album, il s’agit plutôt d’un projet double. En 2007, Lindsay ELL écrit avec plusieurs collègues un album "grand public" et, dans le même temps, sur les conseils de Kristian BUSH, elle se concentre sur un "tribute" à son disque favori, à savoir Continuum de John MAYER, best-seller mondial de l’année 2006, qu’elle réenregistre entièrement et seule ! Cette base de travail aide BUSH à mieux cibler la personnalité d’ELL, finaliser la réalisation de The Project, et un an plus tard en 2018, ils sortent l’hommage à MAYER sous le nom The Continuum Project.

En attendant, le disque "grand public" est une réussite totale et, de plus, un effort salué par la critique, la parution country la mieux vendue dès sa première semaine et qui se retrouve dans le top 40 U.S général. Ce qui reste plus beau encore, c’est de se rendre compte de l’aisance de Lindsay ELL à fournir une musique pop accessible et calibrée, moderne même avec un chant aux phrasés presque rap ou des scansions folk, idées devenues plus que courantes, en ne se faisant toutefois point avoir par les facilités de ce qui marche le mieux partout, en ne laissant pas les moyens de prod' étouffer la création. Enfin, en rappelant tout simplement qu’elle est une musicienne, une guitariste soliste passionnée et talentueuse avant d’être devenue une femme superbe.

Lindsay ELL n’est pas de ces chanteuses pop tout juste interprètes, elle n’est pas non plus de ces phénomènes guitaristes au féminin, comme on peut en voir dans le blues actuel (Ana POPOVIC, Samantha FISH et tant d’autres), trop spécialisés. Quand elle sort un disque étiqueté country, les choses ne sont pas simples pour autant ; un peu comme Sheryl CROW ! C’est d’ailleurs à cette dernière que l’on pense directement sur le premier titre, "Waiting on You". Bluette soul charmeuse au possible, avec un texte à couleur blues amoureuse (elle triste quand lui absent), un orgue Hammond, des chœurs léchés et une batterie aux fines herbes (pour changer des petits oignons).

Les riffs d’intro, la slide en réponse et le solo court nous montrent bien que cette fille spirituelle d’Eric CLAPTON, Jimi HENDRIX et Stevie RAY VAUGHAN a rejoint ses idoles en passant chez Fender, et qu’elle a bien fait. Le son stéréo nous en fait profiter généreusement tout le long du disque, avec guitare rythmique dans le canal gauche et sa sœur lead/solo à droite. La basse est elle aussi à l’avenant, sur plus d’un titre : "Always Kiss the Girl" qui forme un bel écho à "Waiting on You" (et cette nappe d’orgue à la fin !), "Mint", le funky "Castle", la folk légère et élancée de "Good".

"Champagne", dont le riff émane cette fois d’un saxophone baryton discret, permet à ELL de dégainer la Martin pour un soutien acoustique à son chant (entre simili-rap et douceur). Malgré les paroles ("You make me feel like Jessica Biel/diamonds huggin’ my neck for the paparazzi/so natural, a diva/you make me feel like I’m the champagne"), il est évident que le top ventes musique hebdomadaire a une grosse réserve de beaucoup plus bling-bling et de beaucoup moins agréable. "Castle" ensuite semble d’ailleurs être une réflexion sur le "toujours plus". À côté, "Mint" et ses petites attentions sucrées, sans fard, c’est de la sensualité à l’état pur.

ELL la maîtrise, même dans un milieu 100 % pop : pour ce disque "country" et contrairement au single "Trippin’ on Us" de 2013, zéro banjo, fiddle ou mandoline. Des tubes en puissance et certains vont le devenir en effet : "Criminal", ballade au refrain "power", qui fait un carton et notamment dans le classement country canadien - beau "retour au pays" ! - où elle devient numéro 1. "Champagne" et "Waiting on You" ont aussi leurs clips. La deuxième est jouée par Lindsay ELL avec des cuivres lors de sa première télé chez Jimmy Kimmel, sommité du petit écran américain en soirée !

Efficacité à la pelle, comme en musicalité : "Wildfire", terriblement Sheryl CROW dans l’esprit (tendance "Steve McQueen") à son tour, fait délicieusement remonter l’orgue Hammond vers la fin pour soutenir le duel de guitares. La fraîcheur country/californienne de "Good" nous gagne, tout comme les deux morceaux en apesanteur et d’une grande profondeur, à savoir "Space" et "Worth the Wait", crèmes musicales qui prouvent mieux qu’ailleurs le talent de Lindsay ELL au chant, en sus de la guitare et de l’écriture. Cette dernière chanson, avec ses feedbacks et ses arpèges folk crépusculaires joués en électrique, annonce la couleur sonore du Continuum Project.

A lire aussi en POP par MARCO STIVELL :


Mick FLEETWOOD
The Visitor (1981)
Papa mick en Afrique.




COCK ROBIN
Cock Robin (1985)
Naissance d'un talent insoupçonné


Marquez et partagez





 
   MARCO STIVELL

 
  N/A



Non disponible


1. Waiting On You
2. Champagne
3. Castle
4. Good
5. Wildfire
6. Mint
7. White Noise
8. Criminal
9. Just Another Girl
10. Space
11. Always Kiss The Girl
12. Worth The Wait



             



1999 - 2024 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod