Recherche avancée       Liste groupes



      
POP POP POP !  |  STUDIO

Commentaires (2)
L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style : Harry Nilsson , Oasis, Paul Mccartney , Sean Lennon , Jellyfish, The Lickerish Quartet

The LEMON TWIGS - Songs For The General Public (2020)
Par LONG JOHN SILVER le 15 Décembre 2020          Consultée 1018 fois

Les LEMON TWIGS mènent leur carrière à un train d’enfer, avec pas moins de trois albums publiés en quatre ans (en omettant toutefois de mentionner un premier essai psyché à donf et uniquement publié sur k7 –si,si- en 2015), un E.P et un single, tous deux constitués d’inédits. Les frangins bossent dans leur home studio situé dans la baraque de leurs parents puis s’en vont chez leur pote Jonathan Rado (FOXYGEN) en Californie achever le boulot, as usual. Do Hollywood, petit bijou rempli de pop songs qui deviennent de plus en plus irrésistibles avec la patine du temps, avait marqué un grand coup puis Go To School, pourtant bourré de qualités, avait semblé presque trop ambitieux, genre too much pour un duo dont c’est pourtant la marque de fabrique. Que nous dit donc Songs For The General Public, Too Much or not Too Much ?

Too Much of course (à pieds) ! Il suffit d’écouter la bien nommée "Only a Fool", ses arrangements virtuoses qui font le lit d’une mélodie suintant l’humour ou encore de découvrir le texte ravageur de "The Hog", empli de fureur destructrice alors que l’ambiance s’adonne à la mélancolie avant de laisser découvrir un pont où le cauchemar devient palpable, pour se dire que tout cela n’est en rien raisonnable. Et c’est tant mieux. L’album, comme le reste de la disco des frangins D’Addario, ne s’assimile pas d’un trait tant les couches et les sous-couches instrumentales, les contre-pieds savamment distillés, rendent son écoute labyrinthique. Songs For The General Public est –comme ses prédécesseurs- un véritable jeu de piste(s). Ainsi lorsque "Ashamed" clôt le disque, on peut d’abord être (agréablement) surpris d’écouter une complainte Folk chantée en lead par Brian, aux atours dépouillés – on pense aux débuts de SIMON & GARFUNKEL-, si ce n’est que son final –tout aussi lancinant- bascule en mode psyché distordu avec un Michael qui reprend le micro afin d’achever le disque sur une note autrement pimentée.

Les frérots avaient posté deux titres avant la publication intégrale de l’opus, tous deux très Glam, "The One" chanté par Brian, ainsi que "The Moon" de Michael, où le visuel –super réussi, notons-le bien- faisait la part belle à l’androgynie assumée du tandem D’Addario, cela pour deux chansons parmi les plus directes du groupe, nonobstant les strates d’instruments qui s’empilent sous les voix. Et puis, malgré le texte de "Hell On Wheels" déclarant que désormais les gaillards ont grandi, sous-entendant une dose d’amertume due à l’implacable loi du Showbiz, on n’en constate pas moins qu’ils n’ont rien perdu de leur fraicheur juvénile. Car ce qui fait qu’on s’accroche pour écouter et réécouter Songs For The General Public (quel titre effronté au passage, cela leur ressemble bien !) doit avant tout au charme de ces morveux surdoués qui ne s’est jamais dissipé. Que Michael singe quelques intonations Dylanesques sur la chanson citée plus haut, qu’il défouraille un "Leather Together" méchamment keupon et on ne songe même pas à lui pardonner ses outrances, on se laisse chavirer par le talent insolent du zigue. D’autant qu’il sait aussi brillamment se contenir, vocalement parlant, sur un registre ouvertement pop avec un "Fight" déjà moins abrasif mais qui ne rechigne pas aux atours grandiloquents qui émaillent ce disque.

Brian semble bien plus discret en dépit d’une garde-robe d’un (mauvais) goût tout aussi redoutable. Ses chansons respirent bon le sucre pour barbes à papa, "Live In Favor Of Tomorow" afficherait presque un message simpliste, mais avec nos lascars il convient de se méfier des apparences. Le même Brian décoche juste derrière un "No One Holds You (Closer Than The One That You Haven’t Met)" et on comprend mieux le second degré et les pincettes à employer avant de délivrer quelque avis. Par ailleurs, cette dernière chanson est absolument irrésistible, on la rapprocherait volontiers des meilleurs moments de McCARTNEY & Wings au mitan des 70’s, mais d’autres évoqueraient itou SUPERTRAMP à peu près au même moment. Quel talent comme dirait Michel Drucker ! Si ce n’est que Brian n’a rien d’un imitateur grossier voire vulgaire. La preuve, "Why Lovers Own Each Others ?", directement inspirée par la fascination qu’exerce la musique des spectacles donnés sur Broadway à son auteur, finit par nous cueillir au gré de combinaisons audacieuses. Ce parfum de comédies musicales, qui faisait le lit de Go To School, on le retrouve également sur "Somebody Loving You", dont le refrain se fait hymne grâce au soutien de Michael dans les chœurs.

Songs For The General Public regorge de mélodies, d’astuce, de couches vocales et instrumentales mais ne sonne pourtant jamais surproduit car il est avant tout le reflet sincère de l’extravagance des frères D’Addario, frères qui ne s’autorisent aucune limite. C’est kitsch ? Cool. C’est Too Much ? Cool, ça nous va. On ne fait plus ça depuis 50 ans ? Raison de plus. Oui mais ça va sonner daté, non mais qu’est-ce que c’est que ces synthés antiques ?! Probablement moins daté que plein de trucs plus récents, notamment en terme de synthés, hein ? Les Brindilles Citron n’ont de toute façon pas l’air de se préoccuper des dates de péremption, nul ne sait où ils iront par la suite mais l’insolente facilité dont ils font preuve sur leurs ouvrages parait ne pas les autoriser à douter d’eux-mêmes. Viendront probablement des temps plus difficiles, peut-être auront-ils du mal à se supporter (dans tous les sens du terme) un jour ou l’autre et si l’insouciance des débuts semble laisser place à une forme de maturité, leur spontanéité demeure à ce jour intacte. Songs For The General Public reste suffisamment acidulé pour nous emporter vers un ailleurs fantasmé, la fraicheur (innée ?) en sus.

A lire aussi en POP par LONG JOHN SILVER :


Harry NILSSON
Pandemonium Shadow Show (1967)
Génie sans frotter




The BEATLES
The Beatles 1967/1970 (1973)
Ainsi soit-il


Marquez et partagez





 
   LONG JOHN SILVER

 
  N/A



- Brian D'addario (chant, presque tout)
- Michael D'addario (chant, presque tout)
- Kaitlin Wolfberg (violon sur 1)
- Elijah Shiffer (sax sur 4)
- Santosh Sharma (sax tenor sur 6,7,9)
- Vittorio Mura (sax baryton sur 7,9)
- Michael Alampi (flûte sur 9)
- Daryl Johns (batterie sur 8)
- Jonathan Rado (synthé sur 12)
- Yolant Dancy, Maite Christi Francois, Ka (choeurs sur 1)


1. Hell On Wheels
2. Live In Favor Of Tomorow
3. No One Hols You (closer Than The One That You Have
4. Fight
5. Somebody Loving You
6. Moon
7. The One
8. Only A Fool
9. Hog
10. Why Do Lovers Own Each Others?
11. Leather Together
12. Ashamed



             



1999 - 2022 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod