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- Membre : The Who

Pete TOWNSHEND - All The Best Cowboys Have Chinese Eyes (1982)
Par MARCO STIVELL le 22 Mars 2021          Consultée 226 fois

L'album All the Best Cowboys Have Chinese Eyes est une oeuvre-témoin d'un Pete TOWNSHEND lancé un peu trop sur différents fronts en simultané. Pour Empty Glass, en 1980, le moment était idéal, juste avant que la machine WHO ne soit relancée. Avec Daltrey et Entwistle, la période 1981-82 est la plus difficile du groupe : les albums Face Dances et It's Hard sont bien loin d'être les favoris du public et signalent la fin d'un grand nom du rock anglais en termes de créativité.

Pour celle-ci, il n'y a toutefois guère à s'inquiéter concernant Pete TOWNSHEND en solitaire. Bien sûr, il s'offre quelques astuces de leader comme piocher dans le répertoire qui aurait dû servir aux WHO, ne serait-ce qu'avec la suite de la chanson "Face Dances", une inédite de l'album correspondant. Il dit l'avoir écrite après la sortie de celui-ci, mais tout le monde n'est pas d'accord. Chanson très chouette, avec son rythme à contretemps, pop et lumineux, son canon de voix plutôt bien amené. Le clip est assez spécial - comme plusieurs de l'album -, avec des effets de visages surréalistes concoctés par Roger Ruskin Spear, des musiciens dadaïstes BONZO DOG DOO-DAH BAND, mais TOWSHEND profite à l'époque d'avoir le meilleur look de sa carrière.

Ce disque, malgré son titre hors-propos (référence évidente à John Wayne, Clint Eastwood, Lee Van Cleef...) et que le guitariste n'a pas défendu longtemps ("le plus idiot de l'année" !), est inspiré par des expériences plus ou moins malsaines que TOWNSHEND aurait vécues en famille, avec les WHO, ou simplement en se regardant à travers un miroir. Un fond de concept donc, pour celui qui a créé le genre et l'avait laissé tomber depuis Quadrophenia (1973). La suite de sa discographie solo sera d'ailleurs largement influencée par ce choix !

Fourre-tout, cet album l'est comme ses prédécesseurs mais avec une qualité moindre. Comme sur Empty Glass, l'album précédent, Pete TOWNSHEND est accompagné par la section rythmique Tony Butler/Mark Brzezicki (tous les deux pour bientôt au sein du groupe BIG COUNTRY) même si ce dernier est remplacé occasionnellement par l'immense Simon Phillips. Voulant rendre son groupe plus mixte, il emploie la talentueuse Jody Linscott aux percussions. Pour le piano, il fait appel à Virginia Astley (soeur de sa femme Karen), qui mène sa propre carrière elle aussi avec un certain succès, notamment en Extrême-Orient (ce qui l'amène à collaborer avec Ryuichi SAKAMOTO).

Parmi les nouvelles créations remarquables, notons "The Sea Refuses No River" qui commence comme un tango et se poursuit comme une ballade enrichie, "Stop Hurting People" pour sa pop soft et lumineuse. TOWNSHEND y fait un peu de talk-over, idem sur "Communication", l'un des titres les plus bizarres du disque avec son refrain en onomatopées, et pas franchement le meilleur, malgré l'excellent piano boogie de Virginia Astley. En effet de caractère, on peut préférer "Uniforms (Corp d'Esprit)" et sa pop élancée qui dissimule des marches militaires revues d'une façon très personnelle, avec une prestation brillante de Simon Phillips.

"Somebody Saved Me" part un peu dans tous les sens, tandis que le "Prelude" fragile et acoustique séduit à merveille malgré sa courte durée. L'ambiance de "Exquisitely Bored" (un des meilleurs tours de chant pour TOWNSHEND qui sait varier les tons), brumeuse, en plus de proposer l'un des rares riffs mordants de guitare, rappelle un peu "Music Must Change" sur Who Are You. Autre morceau héritier de cette époque, "North Country Girl", féérique avec force synthés, est mon favori de l'album. Le groupe atteint encore un haut niveau grâce à "Slit Skirts" qui a fait parler de lui à l'époque et a été joué en radio, en dépit de sa richesse musicale.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que même si tout n'est pas franchement marquant et même si on retrouve très peu d'éléments rock à l'ancienne, la tête pensante des WHO a beaucoup à dire. En ce qui concerne le curieux, s'aventurer dans un disque comme celui-ci peut constituer un plaisir en soi, pour l'aventure. De nombreux fans ont été conquis.

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   MARCO STIVELL

 
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- Pete Townshend (chant, guitares, claviers, synclavier)
- Virginia Astley (piano)
- Tony Butler (basse)
- Mark Brzezicki, Simon Phillips (batterie)
- Jody Linscott, Polli Palmer (percussions)
- Chris Stainton (claviers additionnels)
- Peter Hope-evans (harmonica)
- John Lewis (programmation fairlight cmi)
- Ann Odell (arrangements des cuivres)


1. Stop Hurting People
2. The Sea Refuses No River
3. Prelude
4. Face Dances Pt. 2
5. Exquisitely Bored
6. Communication
7. Stardom In Action
8. Uniforms (corp D'esprit)
9. North Country Girl
10. Somebody Saved Me
11. Slit Skirts



             



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