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1985 We Care A Lot
1987 Introduce Yourself
1989 The Real Thing
1991 Live At The Brixton Acad...
1992 Angel Dust
1995 King For A Day, Fool ...
1997 Album Of The Year
2015 Sol Invictus
 

- Membre : John Zorn , Nevermen, Peeping Tom, M. Patton / J-c. Vannier, FantÔmas, Mr. Bungle
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FAITH NO MORE - The Real Thing (1989)
Par NESTOR le 7 Juin 2021          Consultée 557 fois

Fichtre ! Quelle puissance !! Lorsqu’à la mi 1989, déboule dans nos oreilles les première notes de From Out Of Nowhere, l’effet est saisissant. L’association de ce mur de guitare, de ces claviers surpuissants, de cette rythmique dynamique et d’un chant agressif est détonnant. On pourrait arguer que l’écoute de leurs deux premiers albums ne nous avait pas préparé à un telle déferlante, mais pour la majorité des auditeurs français, ce The Real Thing était alors le premier album du groupe. Seule une poignée de fans curieux, souvent orientés Punk, avait alors connaissance de la genèse du groupe.

Deux choses ont considérablement changé la donne lors de la sortie de cette météorite. Tout d’abord, le groupe a remercié Chuck Mosley, son chanteur, pour le remplacer par Mike PATTON, alors chanteur au sein de Mr BUNGLE. Le comportement ingérable de Mosley lors de la tournée européenne du groupe en 1988, et ses velléités d’orientation musicales seraient à l’origine de ce changement. Mosley souhaitait privilégier des morceaux accompagnés de guitares acoustiques, ce qui a été la goutte d’eau qui a poussé Billy Gould (basse) à vouloir quitter le groupe. Apprenant cela, Mike Bordin (batterie) et Roddy Bottum (claviers) ont affiché leur souhait de continuer avec leur bassiste et la décision a été prise de remercier Chuck Mosley. La seconde chose qui a permis au groupe d’évoluer est l’explosion de MTV qui a donné à FAITH NO MORE une énorme exposition médiatique, renforcée par le buzz créé par le fait que certains musiciens de METALLICA recommandait le groupe et portaient parfois ses T-shirt.

Mais intrinsèquement, The Real Thing surpasse ses prédécesseurs dans tous les domaines. La folie, la variété et la puissance sont toujours présents, mais bien mieux maîtrisés et surtout, bien mieux mis en son. Le chant de Mike PATTON, même si son aspect un peu nasillard peut irriter sur certains passages ("Falling To Pieces"), supplante les beuglements incontrôlés de son prédécesseur. Et si sa manière de chanter n’est pas ce que l’on fait de plus académique, il est indéniable qu’il occupe le terrain. Son chant est habité, organique, donnant successivement le sentiment qu’il est l’œuvre d’un Crooner, d’un dément, d’un pervers, ou d’un canard asthmatique… Mais le bougre se fond à merveille dans ce chaudron magique dans lequel les autres musiciens s’en donnent à cœur joie.

A commencer par les claviers qui sont bien plus présents que par le passé et surtout, très judicieusement utilisés. Apportant alternativement une touche d’évasion ("Falling to Pieces", "Woodpecker From Mars"), contribuant à accentuer la force de frappe du groupe ("From Out to Nowhere"), ou bien en menant FAITH NO MORE dans une autre dimension ("Edge of the World"). Il en va de même des guitares qui apportent au groupe une puissance que ses deux premiers albums n’avait que laissé entrevoir. La prestation de Jim MARTIN sur "From Out to Nowhere" est à cet égard assez époustouflante. Lourde, puissante, implacable elle incarne bien le style de BLACK SABBATH dont le groupe reprend d’ailleurs le "War Pig". Ce qui est ironique si l’on songe que sept ans plus tard Mike BORDIN deviendra le batteur du chanteur original de ce titre…

Justement, puisque l’on en parle, la section rythmique n’est pas en reste, avec notamment un Bill GOULD qui martyrise en permanence sa Basse, qu’il slappe comme un damné. Si la batterie est un tantinet moins impressionnante que sur Introduce Yourself (1987), elle n’en demeure pas moins très efficace. Et comme la production de Mike WALLACE (qui intervenait pourtant déjà sur leurs deux premiers albums) est nerveuse et dynamique, tout est réunie pour que ce troisième soit une réussite totale. Et c’est bien le cas. De l’étrange "Underwater Love", et sa basse omniprésente, au groovy, "The Morning After", en passant par l’instrumental enflammé "Woodpecker From Mars" ou bien le saccadé et faussement décousu "Surprise You're Dead !", aucun morceau n’est superflus. Tous les morceaux possèdent une identité qui leur est propre mais qui s’imbrique à merveille dans ce patchwork magique.

Comment imaginer des titres plus différents que "The Edge of The World", une balade qui caricature les crooners, et "From Out to Nowhere" un morceau "In your face" ? Et pourtant, aucun des deux ne semble déplacé au sein de cet ensemble si cohérent de morceaux étonnamment si disparates. On retrouve tout ce sens du paradoxe, du contre-pied dans The Edge of the World, un titre tout en douceur et en suavité, qui n’en conte pas moins les pensée d’un pédophile («"ey little girl, would you like somme candy ? […] It’s not the point that I am 40 years older"). Il me semble que c’est là que réside le génie de FAITH NO MORE, cette capacité à varier son propos en permanence, à toujours surprendre l'auditeur, et à laisser planner juste ce qu’il faut de doute et de malaise, que ce soit sur le fond, comme sur la forme. Ce sens de la dérision, de la provocation, de l’exploration qui rappelle un peu l’état d’esprit d’un Franck ZAPPA.

Alors, bien sûr, tout n’est pas génial et cet excellent album possède tout de même quelques petits défauts. Notamment au niveau des paroles qui sont parfois très floues et sommaires. Il faut dire qu’elles sont le fruit d’un Mike PATTON tout juste embauché et qui n’a disposé que de deux semaines pour les écrire (avec l’aide de Jim MARTIN pour "Surprise! You’re Dead!" et de Billy GOULD pour "The Real Thing"). Pour certains textes on peut se demander si ceux-ci jouent avec des allégories difficilement intelligibles ou bien sont tout simplement bâclés faute de temps. C’est notamment le cas de "Epic" et de son refrain "Qu'est-ce-que c'est ? C'est ça. Qu'est-ce-que c'est ? C'est ça…". Mais Mike PATTON a cette chance qu’il bénéficie d’une telle aura artistique, que tout ce qu’il fait, même les choses les plus absconses, est analysé via le prisme du génie…

De manière tout à fait justifiée, The Real Thing fut un énorme succès commercial qui propulsa le groupe dans le grand bain des groupes majeurs de la scène Hard Rock au sens large, en l’affublant au surplus, d’une aura un peu particulière de groupe un peu marginal et décalé. La définition du groupe Culte ?


A noter que l’album a été remastérisé en 2015 et proposé sous un format double CD avec les titres bonus suivants :
Sweet Emotion (Kerrang! Flexi Disc)
Epic (Radio Remix Edit)
Falling to Pieces (Matt Wallace Mix)
Cowboy Song (Face B de From Out of Nowhere)
The Grade (Face B de From Out of Nowhere)
From Out of Nowhere (Extended Mix)
War Pigs (Live in Berlin)
Surprise! You're Dead! (Live in Sheffield)
Chinese Arithmetic (Live in Sheffield)
Underwater Love (Live at Brixton Academy)
As the Worm Turns (Live at Brixton Academy)

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   NESTOR

 
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- Mike Patton (chant)
- Jim Martin (guitare)
- Mike Bordin (batterie, percussions)
- Billy Gould (basse)
- Roddy Bottum (claviers)


1. From Out To Nowhere
2. Epic
3. Falling To Pieces
4. Surprise! You’re Dead!
5. Zombie Eaters
6. The Real Thing
7. Underwater Love
8. The Morning After
9. Woodpecker From Mars
10. War Pigs (black Sabbath)
11. Edge Of The World



             



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