Recherche avancée       Liste groupes



      
POWER POP  |  STUDIO

Commentaires (1)
L' auteur
Acheter Cet Album
 

 

1989 Enuff Z'nuff
1991 Strength
1993 Animals With Human In...
2005 ?
 

- Style : The Beatles , Electric Light Orchestra, Cheap Trick, Jellyfish, John Lennon , Mott The Hoople

ENUFF Z'NUFF - Enuff Z'nuff (1989)
Par JASPER LEE POP le 6 Novembre 2023          Consultée 395 fois

« Imagine » chantait John Lennon. Chiche ! Prenons-le au mot et imaginons que le 8 décembre 1980 au matin, Mark Chapman se soit réveillé avec des crampes d’estomac. Que victime d’une méchante gastro, il ait passé toute la journée sur le trône à relire ses passages préférés de L’Attrape-cœurs et ait laissé tomber son projet de promenade du côté du Dakota Building, armé d’un .38. Imaginons que Lennon, miraculé, en ait eu ras le bol de becter des graines, qu’il ait quitté Yoko et se soit tiré à L.A filer le parfait amour avec une sauveteuse siliconée d’Alerte à Malibu. Que George Harrison ait troqué sa Rickenbacker 360/12 pour une B.C Rich vert fluo équipée d’un Floyd Rose, encore sous le choc du premier VAN HALEN. Et que bien éméché en sortant du Cathouse avec Axl Rose, Macca ait lancé l’idée de reformer les BEATLES. Imaginer la joie de Ringo, c’est plutôt fastoche, pour le reste, c’est plus compliqué mais en 1989, avec un coup de spray fixation forte, les quatre garçons dans le vent auraient pu ressembler à ENUFF Z’NUFF.

ENUFF Z’NUFF, c’est avant tout un duo good cop/bad cop constitué du chanteur Donnie Vie, prolifique songwriter taciturne et de Chip Z’Nuff*, bassiste bonimenteur opportuniste conscient du talent de son camarade. Les deux hommes sont originaires de la banlieue sud de Chicago et partagent les mêmes goûts musicaux parmi lesquels les Fab Four susmentionnés, ELO, CHEAP TRICK forcément et le Glam Rock british à la MOTT THE HOOPLE. Un premier line-up du groupe est bien parvenu à caser une de leurs compos sur la B.O d’Henry : Portrait of a Serial Killer, un film culte glaçant que je ne suis pas sûr d’avoir envie de revoir, mais la Power Pop du combo n’intéresse pas les labels en ces temps où le Hair Metal frimeur trustent les ondes blanches et un plan marketing s’impose. Le duo enrôle alors Derek Frigo, un jeune prodige de la gratte qui officiait dans un groupe de troisième division (LE MANS) ainsi que Vikki Foxx, un batteur flashy, diplômé de l’école du cirque Tommy Lee, recruté sans audition pour sa belle gueule (il sait jouer, ça ne gâche rien).

Ça y est, le groupe coche les cases de l’époque, il signe chez Atco, le légendaire label des 70’s fraîchement réactivé et le producteur Ron Fajerstein termine de transformer le combo, plus ou moins contre son gré, en convoquant styliste et coiffeur. Quand Donnie Vie, déjà grand consommateur de substances pour vaincre sa timidité maladive, se présente sur le plateau du tournage de leur premier clip (« New Thing » qui devrait être accompagné d’une mise en garde à l’attention des épileptiques tellement le look psyché fluo des mecs agresse la rétine), il est accueilli par Paul Star, le maquilleur de Boy George. Les deux teignes animées Beavis and Butt-head s’en donneront à cœur joie devant la télé sur leur canapé en commentant qu’ils se taperaient bien la chanteuse du groupe. Il ne manque plus que les fléchettes de Lars Ulrich sur un poster mais j’anticipe de quelques années ce qui arrivera à WINGER et en 1989, le pacte avec le diable que signe ENUFF Z’NUFF porte encore ses fruits. « New Thing » et « Fly High Michelle » passent régulièrement sur MTV et le combo profite encore de l’engouement du moment.

Mais un pacte avec le diable, ça se paie toujours et EZN ne se démarquera jamais du genre Glam Metal auquel ils sont visuellement associés, un stigmate qui fera très mal deux ans plus tard. C’est bien dommage parce que Donnie Vie a un talent de composition bien supérieur à POISON et leurs émules et une voix atypique, croisement entre Lennon et Elvis Costello, qui le singularisait de la concurrence. Les deux hits cités plus haut (« New Thing » avec sa ligne de chant ininterrompue difficile à reproduire en live et « Fly High Michelle » au sujet pas très vendeur d’un suicide) sont de parfaites pastilles pop avec grand renfort d’harmonies vocales (Le gosier de fumeur de Z’Nuff complétant parfaitement celui de son compère). « For Now » est du même tonneau et « I Could Never Be Without You » poursuit le filon des ballades réussies où la simplicité naïve des textes de Vie associée à quelques images bien trouvées évitent l’écueil de la niaiserie redoutée à la lecture des titres (bref, l’inspiration de Lennon se retrouve jusque dans les textes).

On l’a vu, pour vendre la Power Pop du groupe, il a fallu la déguiser sous les atours du metal radio-compatible du moment et on n’échappe pas à une production clinquante, un clavier daté et surtout une guitare exubérante signée Derek Frigo à base de sifflantes (pinched harmonics), de tapping et d’un usage brillantissime mais immodéré du vibrato faisant passer Brad Gillis pour un petit joueur (Frigo est surnommé le « Whammy Bar Wizard » par la douzaine de personnes qui l’adulent encore). Mick Jagger a failli l’engager pour une tournée solo mais le jeune homme étant déjà lourdement dépendant aux drogues, il lui préféra un Joe Satriani plus fiable. De par sa discographie réduite (il mourra d’overdose en 2004), il est le grand oublié des shredders US. Si ses solos sont extrêmement concis au service de l’écriture pop de Vie (en dehors de celui de « In the Groove », clairement pour lui lâcher la bride), il n’en demeure pas moins que la pyrotechnie du bonhomme date la musique du groupe aussi sûrement que le carbone 14 et que son look.

J’en vois qui lèvent la main au fond de la salle. Vous trouvez que j’ai survendu le produit avec ma comparaison avec les BEATLES et que si leur influence est certes audible, il y a un gouffre entre le talent des deux groupes ? Rome ainsi que les gars de Liverpool ne se sont pas faits en un jour, attendez l’album suivant.

* De son vrai nom Gregory Rybarski, un cousin de Mike Portnoy.

A lire aussi en HARD ROCK par JASPER LEE POP :


Gary MOORE
One Night In Dublin (2006)
Hommage à Phil Lynott.




GOODBYE JUNE
See Where The Night Goes (2022)
La guerre des clones


Marquez et partagez





 
   JASPER LEE POP

 
  N/A



- Donnie Vie (chant, guitare, claviers)
- Chip Z'nuff (basse, guitare, chœurs)
- Derek Frigo (guitare, vibrato)
- Vikki Foxx (batterie)


1. New Thing
2. She Wants More
3. Fly High Michelle
4. Hot Little Summer Girl
5. In The Groove
6. Little Indian Angel
7. For Now
8. Kiss The Clown
9. I Could Never Be Without You
10. Finger On The Trigger



             



1999 - 2024 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod