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Amon TOBIN - Foley Room (2007)
Par SASKATCHEWAN le 13 Septembre 2008          Consultée 2832 fois

Qu’est-ce qu’une Foley Room ? L’antre d’un collectionneur maniaque qui a dédié sa vie au Flic de Beverly Hills ? Que nenni, en fait, c’est une salle qui sert à enregistrer les bruitages, que ce soit pour le cinéma ou pour les jeux-vidéo. Il était donc presque inévitable qu’Amon TOBIN, monsieur « Je fais de la zique de film sans films avec », finissent par atterrir dans un tel endroit, en l’occurrence la foley room d’Ubisoft, éditeur de jeux-vidéo bien connu qui s’était offert les services de l’Anglo-brésilien en 2005 pour la B.O. de Splinter Cell : Chaos Theory (inspirez, expirez, on reprend de suite). Cette fois, l’intention de l’artiste est de mettre de côté l’art du sampling pour s’essayer au bruitage, à l’enregistrement de sons quotidiens. Foley Room (comme on se retrouve !), son septième album, est issu de ces nouvelles expérimentations, pour un résultat détonnant.

Quelque part dans l’Univers, un fan conservateur s’est écrié : « Aaaah ! Il va tout changer, il va tout casser, le chaos musical va nous submerger ! »

Allons, allons, comme vous y allez ! Pensez à la B.O. de Chaos Theory qui malgré l’absence du moindre sample, restait toute à fait fidèle à l’univers musical d’Amon TOBIN. Et bien, Foley Room, c’est la même chose. Les bruits d’évier, les ronronnements de machines, les grattements de cordes remplacent efficacement les samples de Jazz et de musique latine, au point que les sections « instrumentales » et les sections « bruitistes » sont parfaitement confondues. Car en plus de ses différents enregistrements, Amon TOBIN s’est adjoint la présence de plusieurs musiciens, parmi lesquels Vid COUSINS, Leon KINGSTONE ou encore le KRONOS QUARTET de San Francisco, présent sur l’excellent titre d’ouverture « Bloodstone ».

Foley Room, en plus de l’album lui-même, contient un DVD, support d’un court reportage (20 minutes) sur sa création. Si ce genre de gadgets s’avère souvent inutile, dans le cas présent, le visionnage du DVD nous en apprend pas mal sur la réalisation de l’album. On voit ainsi Amon TOBIN et sa fine équipe se balader dans Montréal à l’affut du moindre bruit intéressant, tel que celui produit par la rotation d’un radar géant, ou encore celui des animaux du Zoo de la ville. De retour au studio, les enregistrements sont mixés avec des instruments « normaux », parfois détournés de leur usage, comme une grosse caisse recouverte de graines pour produire un son inédit.

Le résultat final n’a rien à envier aux productions précédentes d’Amon TOBIN. Foley Room donne l’impression d’un album vivant qui se transforme au fil des écoutes, révélant ainsi des détails insoupçonnés à chaque nouvelle approche. Comme sur Out From Out Where, c’est la fin de l’album qui capte le plus l’attention. Le titre éponyme renoue avec les déchaînements rythmiques propres au Drum n’Bass, servis par une incroyable variété de sons percussifs. Le quatuor de fin, « Ever Falling », « Always », « Straight Pysche » et « At The End Of The Day » constitue LE moment fort du disque avec une musique tour à tour orchestrale, tribale, efficace et aérienne. « Always » fait figure de ritournelle étonnement simple dans un environnement aussi expérimental, avec des bruits de foule judicieusement placés pour emporter l’adhésion de l’auditeur.

Autant dire que j’en ai cherché des raisons de chipoter. Dans un premier temps, Foley Room peut paraître inconstant, bordélique : mais je l’ai déjà souligné plus haut : l’album se révèle un peu plus à chaque écoute et il ne subsiste guère qu’un titre que l’on peut qualifier de bancal : « Horsefish » et son aspect onirique un peu surfait. Restent que des titres comme « Esther’s », « The Killer’s Vanilla » et « Big Furry Head », même s’ils ne sont pas immédiats, deviennent incontournables au fil du temps. « Esther’s » est une symphonie mécanique étonnante portée par le grondement du moteur d’une vieille moto, sans pour autant tomber dans les clichés « bagnole/pépé/beauf » qui ont tendance à surgir dès qu’on tourne la clé de contact. « Big Furry Head » n’aurait pas volé sa place sur la B.O de Taxidermia, avec son ambiance technico-monstrueuse, distillée par le souffle rauque d’un animal inidentifiable, peut-être le buffle qui vient faire un bisou au micro dans le reportage ? « The Killer’s Vanilla » paraît être un titre assez commun, jusqu’à ce que le break et le déchaînement rythmique qui suit viennent vous retourner l’encéphale.

Adieu, modération : Foley Room est certainement l’un des tous meilleurs albums de 2007, avec Rushup Edge de THE TUSS et le Volume 2 de CEEPHAX. Certains voient en Amon TOBIN un artiste déclinant, une référence obsolète ; si produire un album de la trempe de Foley Room, c’est décliner, alors j’attends avec impatience qu’il touche le fond !

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   SASKATCHEWAN

 
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- Amon Tobin (arrangements)
- Pietro Amato
- Simon Angell
- Vid Cousins
- Evan Cranley
- Worsola Johnson
- Paolo Kapunan
- Leon Kingstone
- Sarah Pagé
- Sage Reynolds
- Kevin Sawka
- Stefan Schneider
- Ryhna Thompson
- John Usher
- Patrick Walson
- Marianne Allard (réalisatrice reportage)
- Julien Elie (réalisateur reportage)


1. Bloodstone
2. Esther's
3. Keep Your Distance
4. The Killer's Vanilla
5. Kitchen Sink
6. Horsefish
7. Foley Room
8. Big Furry Head
9. Ever Falling
10. Always
11. Straight Psyche
12. At The End Of The Day

1. Dvd : Foley Room Found Footage



             



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