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Amon TOBIN - Supermodified (2000)
Par SASKATCHEWAN le 8 Août 2009          Consultée 2359 fois

Supermodified, ou l’album du compromis. Un petit regard ému sur les années 90, avant d’inventer la décennie suivante. Un exercice d’équilibre périlleux, un grand écart entre les tornades rythmiques de Permutation et l’orientation « mélodique » d’Out From Out Where. Et tout ça les mains dans les poches, une brindille au coin de la bouche, le petit doigt sur le bord du vinyle. Bon, vous l’aurez compris, ceux qui attendaient une analyse objective du troisième album d’Amon TOBIN peuvent aller relire la Critique de la faculté de juger ; aujourd’hui, c’est exaltation, gospel, confettis et concours de brosse à reluire. J’ai même prévu de d’achever cette sympathique revue sur un évanouissement et une scène d’hystérie collective.

Alors oui, Supermodified est grand. Aussi grand que Permutation d’abord, ce qui n’est déjà pas une mince affaire ; il faut dire que ce rythmique prédécesseur culmine tant que s’en est décourageant. Mais M. TOBIN y arrive, tant bien que mal, en reprenant en grand partie les éléments qui avaient fait le succès du précédent opus : une section rythmique d’enfer et des samples de jazz en veux-tu en voilà ! Cependant, l’aspect le plus remarquable de Permutation, son travail sur le rythme, bien que repris sur Supermodified, semble avoir été mis volontairement en retrait pour faire la part belle aux mélodies. La fin de l’album illustre particulièrement cette évolution. En effet, à part sur « Rhino Jockey », les derniers morceaux du disque se caractérisent par la prépondérance des samples de synthé et par « l’étouffement » des samples de batteries/percussions. Ainsi, sur « Natureland » et sur « Keepin’It Steel (The Anvil Track », Amon TOBIN développe une certaine grâce orchestrale assortie de mélodies rêveuses, tandis que sur « Chocolate Lovely », une mélodie tranquille au synthé est accompagnée dans un premier temps par un léger sample de piano, puis par des samples de percussions boisées.

Supermodified marque donc un « virage » dans la carrière de l’artiste : les rythmiques frénétiques sont délaissées pour laisser place à une recherche sonore toujours plus développée. Dans ce cadre, quelques « lubies » tobinesques font leur première apparition. Ainsi, sur « Golfer vrs Boxer », l’artiste s’intéresse aux sonorités des moteurs de moto, qu’il explorera par la suite sur Foley Room. Cette attirance pour la mécanique se rencontre également sur « Marine Machines », avec des cliquetis métalliques qui tranchent avec les samples de batteries utilisés précédemment. Si le caractère sombre de la musique de l’Anglo-brésilien se manifestait jusque-là dans le parallèle que l’on pouvait établir entre sa musique et l’atmosphère des vieux films noirs, avec Supermodified, la nature inquiétante de la technologie et de ses sonorités prend de plus en plus de place.
Toutefois, bien avant Foley Room, c’est Out From Out Where qui est annoncé sur cet album-synthèse. En effet, bien que Supermodified ne présente que peu de sonorités orientales, le lien avec le paysage sonore de l’album suivant est particulièrement prégnant. Cette impression est avant tout véhiculée par la teinte orchestrale qui marque plusieurs morceaux de l’album, comme « Slowly » ou « Keepin’It Steel (The Anvil Track) ». Plus encore, des titres comme « Get Your Snack On » et « Four Ton Mantis », de par leur mélodie aisément mémorisable, se rapprochent beaucoup de morceaux bien connus d’Out From Out Where, comme « Searchers » ou « Science ».

En définitive, Supermodified, suite logique de Permutation, se caractérise, comme son aîné, par une qualité constante et par un équilibre ingénieux entre les différentes orientations en germe sur cet album. Chaque titre semble développer un univers sonore qui lui est propre, tout en se rattachant à un tout, un bloc de samples qui ne laisse aucun répit à son auditeur. Je considère, de manière bien partiale, cet album comme le sommet de la carrière d’Amon TOBIN, un disque essentiel qui regroupe les qualités des deux « périodes » de l’artiste. Sur ce, chose promise, chose due :

« Roulements de tambours, un homme s’évanouit au premier rang ; cris, frémissements : ses plus proches voisins, craignant un cas de grippe porcine, passent par-dessus leur siège pour fuir la salle, déclenchant un vaste mouvement d’hystérie collective. »

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   SASKATCHEWAN

 
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- Amon Tobin (arrangements électroniques)
- Quadraceptor (boîte à rythme)


1. Get Your Snack On
2. Four Ton Mantis
3. Slowly
4. Marine Machines
5. Golfer Vrs Boxer
6. Deo
7. Precursor (featuring Quadraceptor)
8. Saboteur
9. Chocolate Lovely
10. Rhino Jockey
11. Keepin'it Steel (the Anvil Track)
12. Natureland



             



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