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Amon TOBIN - Isam (2011)
Par SASKATCHEWAN le 29 Juillet 2011          Consultée 1590 fois

Ce qui se joue en ce moment mes amis, ce n’est rien de moins que l’avenir de l’électro. Le Général de Gaulle retient son souffle, Jules Michelet affute sa plume, Napoléon froisse son bicorne et Coco Michel, joueur emblématique de l’En Avant Guingamp, est prêt à rechausser ses crampons. Tout ça pour ISAM, le dernier album d’Amon TOBIN, que l’on a pris l’habitude de suivre comme le Messi, alors qu’il est plutôt brésilien.

Résumé des épisodes précédents. En 2007 sort Foley Room, album en partie réalisé à l’aide des bruits du dehors, méthode d’enregistrement que l’on appelle parfois pompeusement « field recording », un terme qui a un léger goût d’Indiana Jones et de balade dans une jungle infesté de nazis, magnétophone en bandoulière, à l’affût du son ultime. Le son ultime, le « pur son du ghetto » me souffle un man de SNIPER, Amon Tobin semble l’avoir trouvé sur Foley Room, puisque ISAM conserve peu ou prou la même identité sonore. Les bruits sont peut-être moins identifiables, plus synthétisés : impossible de reconnaître le souffle humide d’un animal ou le grondement d’un moteur cette fois-ci.

Malgré cette continuité entre les deux albums, ISAM a vite été qualifié de plus « expérimental », voire « déstructuré », et c’est là que les noms d’oiseaux ont commencé à voler : « Glitch », « Dubstep », « Autechre », « musique concrète », « acousmatique »… Au bout du bout, pour ou contre ISAM est devenu un micro débat à la sauce Firefox contre Internet Explorer, Apple contre Microsoft, Real Madrid contre Barcelone, bref, le genre de causeries où se taire est encore la meilleure chose à faire.

Oui, mais voilà, comme disait Léon Tolstoï : « Je ne peux plus me taire ! » (ça, c’est pour ceux qui croyaient encore que Roman Polanski avait trouvé ça tout seul). ISAM, au-delà de la querelle sur son côté expérimental, est un album très intéressant pour comprendre l’électro telle qu’elle est aujourd’hui, et telle qu’elle sera demain, quand des salariés heureux contempleront main dans la main d’interminables champs de tournesols. Renversant son schéma habituel, Amon TOBIN a fait passer le travail sur les sonorités avant la recherche rythmique. Et ça change tout ! Ceux qui chérissent les dédales rythmiques des premiers albums en sont ici pour leur frais. ISAM est avant tout un travail de producteur. Un producteur, aussi talentueux soit-il, est-il encore un musicien ? Vaste problème, épineuse question, à laquelle je réponds oui un jour, et non le lendemain.

En écoutant ISAM, comme Cosmogramma de FLYING LOTUS l’année dernière, on est plutôt tenté de répondre : « peut-être pas ». Ces deux albums sont des merveilles d’orfèvrerie sonore, mais ne sont « que » ça. Les percussions se limitent bien souvent à des battements massifs sur un faux rythme ternaire, en particulier au début de l’album. Les mélodies enfantines auraient pu donner une véritable cohérence à ce travail virtuose, un peu à la manière du Richard D. James Album, malheureusement elles ont été cantonnées à la seconde partie de l’album (la meilleure), entre « Kitty Cat » et « Bedtimes Stories ». Reste l’inimitable « marque TOBIN », cette ambiance à la fois onirique et classe, que l’on retrouve toujours avec plaisir depuis la fin des années 90.

L’avenir de l’électro, donc. Des albums d’une qualité technique époustouflante, mais où le rythme ne tient plus de place prépondérante. Le XXIe siècle débarrassé du XXe siècle en quelque sorte. Le son, et non plus la note ; la production, plutôt que la composition. Béla BARTÓK risque de bouder un peu là-haut, mais à mon humble avis il vaut mieux voir ses découvertes mis de côté par de jeunes audacieux, que d’être repris et massacré par EMERSON, LAKE & PALMER. D’ailleurs c’est peut-être ça le problème, Amon TOBIN a déjà trop d’histoire derrière lui pour se comporter comme un jeune audacieux, comprendre celui qui arrivera à convaincre tout le monde que la production n’est pas qu’une technique. C’est pas gagné.

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