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SQUAREPUSHER - Ultravisitor (2004)
Par SASKATCHEWAN le 24 Février 2010          Consultée 1611 fois

Contraste. Alors que Richard D. JAMES affichait un sourire grimaçant sur la pochette de son album éponyme, Tom JENKINSON, lui, trône en intello mal réveillé sur fond vert-de-gris. Il faut dire que les ambitions ne sont pas les mêmes. Là où APHEX TWIN signait son apothéose de manière mélodieuse et ludique, SQUAREPUSHER donne un virage brusque à sa carrière, avec un style plus expérimental. Tous les moyens extramusicaux sont bons pour donner à Ultravisitor son cachet de chef-d’œuvre, d’accomplissement mature d’une discographie bien fournie. Les interviews données à l’époque sont tellement prétentieuses que ça en devient drôle, Tom JENKINSON se grime en vénérable du sommet, et, comme beaucoup de Britanniques (et d’Américains), cite Sartre avec l’air de l’explorateur qui ramène un animal inconnu dans une caisse en bois pour épater ses confrères. Mais on ne lui en veut pas, parce que derrière, Ultravisitor assure.

Les morceaux drill’n’bass ne sont pas les moins réussis. SQUAREPUSHER y développe des rythmiques alambiquées avec maestria, dans un style beaucoup moins mélodieux que sur les albums précédents. L’ombre du canadien VENETIAN SNARES plane sur un morceau comme « Steinbolt », vaste composition corrosive, tout en vagues de pulsations menaçantes et frénétiques. Un break aérien sonne l’entracte, avant que le morceau reparte de plus belle. Mais « Steinbolt » n’est encore rien comparé à « Menelec ». Après une intro aquatique modérément oppressante, Tom JENKINSON enclenche la sulfateuse synthétique pour ne l’arrêter qu’une fois l’auditeur exsangue. Il faut alors le remettre sur pied…

C’est le rôle dévolu aux petits intermèdes qui jalonnent cet album mastodonte (environ quatre-vingts minutes). Tom JENKINSON y met à profit son talent de bassiste et signe quelques soli bien alléchants. « I Fulcrum » et « C-Town Smash » nous montrent un SQUAREPUSHER appliqué et véloce, prétentieux mais virtuose, qui finit par être aussi déroutant dans ses petites transitions à la basse que dans ses morceaux-massues à la boîte à rythme. Cependant, quelques uns de ces intermèdes sont plus anodins : « Andrei » et « Telluric Piece » font office d’agréments, sans plus.

Ultravisitor, toutefois, se signale dans la discographie du bassiste britannique par des morceaux plus inattendus, pas vraiment drill n’bass, pas vraiment jazz, mais carrément barrés (pour le meilleur et pour le pire). Certains sont emprunts de lourdeur : le flow éraillé de « 50 Cycles » finit par être éprouvant, tandis que les stridences finales de « District Line II » gâchent complètement un morceau déjà peu enjoué, malgré un bon break drill’n’bass astucieusement assorti à la basse. Mais d’autres morceaux excellents rattrapent largement ces quelques errements. « Ultravisitor » ouvre l’album avec classe, entre mélodie rêveuse et rythmiques complexes, emporte l’adhésion sur une accélération judicieusement placée (j’aurais dû être commentateur de F1), et s’offre quelques notes de basse en guise de coda. « Tetra-Sync », sans doute le meilleur titre de l’album, s’ouvre sur un « Hello ! » braillard de Tom JENKINSON et alterne passages émouvants et expérimentaux, soutenus par un bon solo de basse.

Cerise sur le gâteau, SQUAREPUSHER créé un jeu d’écho au sein d’Ultravisitor en ouvrant et en concluant l’alternance titres expérimentaux/intermèdes par des compositions mélodieuses finement ciselées. « Iambic 9 Poetry » et « Tommib Help Buss » proposent de petites mélodies de boîte à musiques, enfantines et émouvantes, bien loin du caractère mécanique et oppressant des morceaux les plus élaborés du disque.

Ultravisitor est un chef d’œuvre boursouflé : les moments exceptionnels y côtoient quelques lourdeurs handicapantes. Reste que SQUAREPUSHER, en dépit de son statut confortable de grand manitou warpien, propose avec Ultravisitor un disque ambitieux et original, prétentieux certes, bancal par moment, mais toujours au-dessus de la concurrence.

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- Tom 'squarepusher' Jenkinson (tout)


1. Ultravisitor
2. I Fulcrum
3. Iambic 9 Poetry
4. Andrei
5. 50 Cycles
6. Menelec
7. C-town Smash
8. Steinbolt
9. An Arched Pathway
10. Telluric Piece
11. District Line Ii
12. Circlewave
13. Tetra-sync
14. Tommib Help Buss
15. Every Day I Love



             



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